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Monday, September 21, 2026

En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz sous pression après un « désastre » électoral

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Le chancelier Friedrich Merz est sous pression ce lundi, après d'humiliantes défaites électorales régionales face à la gauche radicale et à l'extrême droite, cette dernière prédisant même son départ avant la fin de l'année.

Dans le nord-est du pays, au Mecklembourg–Poméranie-Occidentale, son parti conservateur, la CDU, est éliminé de l'assemblée, faute d'atteindre le score éliminatoire de 5 %, une première pour un état régional dans l'histoire du pays depuis 1945.

Le parti antimigrants et prorusse Alternative pour l'Allemagne (AfD) y est arrivé en tête, mais c'est une alliance de la gauche qui semble en meilleure position pour former l'exécutif régional.

À Berlin, la gauche radicale Die Linke (25 %) devance la CDU (20 %) et est en position de lui ravir la mairie. L'AfD est aussi en forte progression (environ 15 %).

Ces deux défaites s'ajoutent à celle du 6 septembre face à l'AfD dans une autre région de l'Est, la Saxe-Anhalt, qui avait déjà déclenché une vague de rumeurs sur un départ prématuré du chancelier.

Devant la presse à Berlin, le patron de l'AfD en Mecklembourg–Poméranie-Occidentale, Leif-Erik Holm, a prédit en conséquence que M. Merz ne tiendra certainement pas jusqu'à la fin de l'année. Le crépuscule du chancelier a commencé, a-t-il assuré.

Alice Weidel, co-dirigeante de l'AfD, a jugé que son parti avait déjà remplacé la CDU en tant que grand parti populaire, sa formation caracolant aussi en tête des sondages nationaux, presque à 30 %, une dizaine de points devant la CDU.

Les pancartes électorales de deux candidats.

À Berlin, la liste conduite par la candidate de Die Linke (gauche radicale), Elif Eralp, arrive en tête (25 % environ).

Photo : Reuters / Fabrizio Bensch

Une impopularité record

M. Merz, 70 ans, n'est au pouvoir que depuis 16 mois, mais son impopularité flirte avec les 90 %, un record.

Sa promesse de relancer une économie moribonde et de reprendre des voix à l'AfD avec une politique migratoire n'a pas rencontré le succès escompté.

Quelques minutes après la fermeture des bureaux de vote dimanche, il a voulu juguler le débat sur son avenir politique en soulignant devant les caméras qu'il restait président de la CDU et chancelier.

Tout en reconnaissant un désastre électoral, M. Merz a juré de maintenir le cap de ses réformes pour relancer une économie en pleine stagnation, en raison d'un manque d'innovation, de la concurrence chinoise, de dépenses sociales croissantes et de la hausse des prix de l'énergie à cause des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient.

Illustration de ces difficultés : l'industrie de l'automobile, qui supprime les postes par dizaines de milliers. Le syndicat IG Metall mène lundi une journée d'action nationale pour défendre les emplois et les sites de production.

M. Merz est aussi au défi de trouver des accords avec son partenaire social-démocrate, sans qui il ne peut gouverner. Or, ses dirigeants ont appelé à revoir la copie du gouvernement à la lumière des débâcles électorales du mois de septembre.

« Il faut des changements »

Nous restons engagés dans cette coalition, mais on ne peut pas continuer comme ces derniers mois. Il faut des changements. Avec cette ligne claire, nous entamons maintenant aussi les discussions, a jugé Lars Klingbeil, dirigeant du SPD et ministre des Finances de M. Merz.

Leif-Erik Holm et Enrico Schult applaudissent.

Leif-Erik Holm et Enrico Schult, les candidats du parti d'extrême droite Alternative pour l’Allemagne, arrivé en tête des votes lors des élections régionales au Mecklembourg–Poméranie-Occidentale. (Photo d'archives)

Photo : Reuters / Lisi Niesner

Foncer tête baissée contre le mur en expliquant qu'il suffit d'être encore plus rigoureux dans ce que nous avons fait jusqu'ici et que les gens finiront bien par comprendre, cela ne fonctionnera pas, a-t-il lâché.

Pour Marc Debus, politiste de l'Université de Mannheim, M. Merz aura du mal à se maintenir à son poste, car les mauvais résultats électoraux de la CDU sont étroitement liés au travail [...] du gouvernement fédéral et du chancelier.

Et il va maintenant devoir composer avec les opinions divergentes de sa base conservatrice et des sociaux-démocrates. Il sera donc encore plus difficile pour le chancelier Merz de faire adopter au sein de la coalition gouvernementale les réformes qu'il a de nouveau annoncées hier soir, conclut l'expert.

Le chef du gouvernement allemand a lui jugé dimanche soir que ses réformes sont l'antidote contre le poison de l'autoritarisme, référence à l'AfD, accusé de collusion avec les milieux néonazis.

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