Règlement contre les insultes à Montréal | « Si vous avez envie de faire un doigt d’honneur à un policier, faites-le », dit la mairesse

Le nouveau règlement interdisant d’insulter ou d’offenser un représentant de la Ville de Montréal (dont les policiers) a été adopté lundi au conseil municipal. Il sera appliqué de façon judicieuse, a assuré la mairesse de Montréal, et réservé aux cas les plus sérieux.
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Soraya Martinez Ferrada a expliqué lundi que les simples manifestations de frustration – comme un doigt d’honneur – ne seraient pas concernées par l’application de ce nouveau règlement.
« Ce règlement ne vise à retirer à personne le droit de critiquer la police, de contester une intervention ou d’être en désaccord avec la Ville. Ces droits demeurent pleinement protégés », a dit la mairesse, juste avant le vote du conseil municipal. « Si vous avez envie de faire un doigt d’honneur à un policier, bien faite-le. Ce n’est pas ça que je vais vous demander de faire, mais ce que je veux dire, c’est qu’on n’est pas en train d’enlever à personne le droit d’être en désaccord. »
PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE
La mairesse Soraya Martinez Ferrada
Le texte voté interdit « d’intimider, de harceler, de menacer, d’injurier ou d’insulter » ou d’adopter « un comportement offensant, humiliant, abusif, violent ou agressif » envers un employé en fonction. Les contrevenants s’exposent à une amende de 350 $ à 1000 $ pour une première infraction et jusqu’à 2000 $ pour les suivantes.
Mme Martinez Ferrada a fait valoir que les employés de la Ville – particulièrement les femmes – étaient de plus en plus visés par des insultes et de l’intimidation. Entre 2019 et 2025, le nombre d’évènements déclarés impliquant de tels comportements a augmenté de 263 %, selon la Ville. « Ne rien faire – comme employeur – ce n’est pas être responsable », a fait valoir la mairesse.
« Un règlement flou »
L’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal a voté contre l’adoption de ce nouveau règlement municipal, s’inquiétant de la portée trop large du texte et du risque de dérive qu’il poserait.
Il s’agit « d’un règlement flou, qu’on veut adopter à la vitesse de l’éclair et sans consultations », a fait valoir la conseillère municipale d’opposition Carla Beauvais. Elle a notamment critiqué le fait que le règlement interdise tout « comportement offensant ». « Une menace, ça se prouve. Un mot offensant, ça se ressent. Et un ressenti peut varier d’une personne à une autre », a dénoncé l’élue.
Elle a plaidé que les policiers se retrouveront juges et parties dans l’application de ce règlement. « On donne un pouvoir de plus à ceux dont on devrait encadrer les pouvoirs », a-t-elle dit, citant des causes d’autres municipalités où des citoyens avaient été mis à l’amende pour avoir traité un policier de « douchebag » ou de « gros fendant ».
La conseillère municipale Marie Plourde a d’ailleurs souligné qu’un « doigt d’honneur » comme celui évoqué par la mairesse de Montréal avait déjà donné lieu à une condamnation judiciaire en vertu d’un règlement municipal semblable à celui qui vient d’être voté.
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