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Wednesday, September 16, 2026

La Banque du Canada craint que le conflit commercial ne pèse sur la confiance

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Les craintes qu’une recrudescence du conflit commercial avec les États-Unis ne vienne entamer la confiance des entreprises et des consommateurs ont pesé lourdement sur la décision de la Banque du Canada concernant les taux d’intérêt, prise au début du mois.

La banque centrale publie mercredi un résumé des délibérations qui l’ont conduite à maintenir son taux directeur inchangé à 2,25 % le 2 septembre. Ce statu quo – le septième d’affilée – était largement anticipé par les économistes.

Les réunions du Conseil de direction de la Banque du Canada ont débuté le 25 août, quelques jours seulement après que les États-Unis eurent imposé, le 22 août, des droits de douane de 50 % sur environ 28 milliards de dollars de produits canadiens.

Cette imposition a déclenché une série de mesures de rétorsion dans les semaines qui ont suivi la décision de la banque centrale sur les taux, notamment des contre-droits de douane de la part du Canada et des projets d’interdiction d’importation de la part des États-Unis.

Les responsables de la politique monétaire estimaient à l’époque que les droits de douane du 22 août frapperaient durement les secteurs visés, mais que leur impact sur l’économie dans son ensemble serait probablement modeste.

Un camion roule sur une autoroute où flottent les drapeaux américains et canadiens.

Les États-Unis ont répondu à la riposte tarifaire canadienne avec des interdictions d'importation sur certains produits et de nouveaux tarifs. (Photo d'archives)

Photo : (Patrick Morrell/CBC)

L’économie et le marché du travail montraient des signes de vigueur à l’approche de cette nouvelle vague de droits de douane. Le marché immobilier semblait se redresser après un ralentissement prolongé, les exportations et les dépenses des entreprises reprenaient, le secteur privé créait des emplois et les consommateurs semblaient en bonne posture, ont observé les responsables de la politique monétaire.

Mais les délibérations indiquent que le Conseil de direction craignait qu’une nouvelle escalade du conflit commercial ne freine les dépenses des ménages, les investissements des entreprises et les embauches.

Même si on s’attendait à ce que les mesures budgétaires du gouvernement et les efforts continus des entreprises pour s’adapter aux droits de douane et à l’incertitude commerciale aident à atténuer une partie des effets, les membres ont convenu que l’évolution récente de la situation rendait plus incertaine la durabilité de la reprise, peut-on lire dans le résumé.

La banque centrale n’a pas considéré les contre-droits de douane du Canada comme un risque inflationniste significatif. Étant donné que les droits de rétorsion visaient des intrants intermédiaires, tels que l’acier et des biens pour lesquels il existait des substituts canadiens, l’incidence sur l’inflation serait probablement modérée et étalée dans le temps, indique le résumé.

L’enjeu énergétique

La Banque du Canada surveille toutefois de près les prix élevés de l’énergie liés à la guerre en Iran.

Les responsables de la politique monétaire ont discuté de la nécessité éventuelle d’ajuster le taux directeur lors de prochaines réunions si les pressions sur les coûts commençaient à s’étendre au-delà des pompes à essence.

Des navires dans le détroit d'Ormuz au large de la ville portuaire de Bandar Abbas, dans le sud de l'Iran, le 7 septembre 2026.

Les perturbations continues du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz ont contribué à la hausse récente des cours du pétrole. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / AFP / ATTA KENARE

Même s’il y avait jusque-là peu de signes que les prix élevés de l’essence se répercutaient sur d’autres biens et services, les membres étaient d’accord pour dire que plus ces prix resteraient élevés longtemps, plus le risque de transmission serait grand. Cela avait accru les risques à la hausse pour l’inflation, peut-on lire.

Les responsables de la politique monétaire ont également noté que si le conflit tarifaire venait à freiner la croissance, cela pourrait compenser une partie des pressions inflationnistes découlant du choc des prix de l’énergie.

Le Conseil de direction a conclu sa réunion en convenant de souligner que ses futures décisions en matière de taux seraient guidées par ses perspectives d’inflation et par son engagement à maintenir la stabilité des prix pour les Canadiens.

La Banque du Canada actualisera ses prévisions économiques et ses prévisions d’inflation lors de sa prochaine décision sur les taux d’intérêt, le 28 octobre.

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