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Friday, October 23, 2026

Infrastructures | Des projets routiers « vont devoir attendre un peu », admet St-Pierre Plamondon

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Un comité d’experts exhorte Québec à abandonner l’idée de construire un troisième lien et deux projets routiers majeurs promis par le Parti québécois dans l’est du Québec pour se concentrer sur l’entretien du réseau. Paul St-Pierre Plamondon reconnaît que des projets « légitimes » devront « attendre un peu ».

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« Aucune nouvelle infrastructure routière ne devrait être construite dans les prochaines années et la priorité absolue devrait être accordée au maintien des actifs existants », écrit le comité d’experts indépendants du ministère des Transports et de la Mobilité durable dans un nouveau rapport.

Le document rendu public dans les derniers jours conclut à une « insuffisance chronique du nombre de kilomètres de chaussées réparés annuellement ». En clair, Québec peine à entretenir ses routes. Le réseau se détériore. Et les ressources de l’État doivent aller à l’entretien.

Le comité cite trois projets majeurs dont l’État n’a présentement pas les moyens. Il identifie le troisième lien à Québec. Mais aussi deux projets que le Parti québécois s’est engagé à réaliser dans la dernière campagne : un pont sur la rivière Saguenay à Tadoussac et le prolongement de l’autoroute 20 dans le Bas-Saint-Laurent.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Le traversier entre Baie-Sainte-Catherine et Tadoussac

En conférence de presse à Montréal, sa première depuis son assermentation, le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon a déploré vendredi que ce rapport ait été gardé secret « jusqu’au surlendemain de l’élection » pour camoufler « l’épouvantable bilan » de la CAQ en matière d’infrastructures.

Qu’adviendra-t-il des projets routiers promis sur la Côte-Nord et dans le Bas-Saint-Laurent ?

Oui, il y a des projets qui sont légitimes qui vont devoir attendre un peu, à part pour un certain nombre de projets clés, par exemple l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon

Comme promis en campagne cet automne, le chef du PQ assure que « la proportion de réparation des infrastructures va augmenter par rapport à la partie qui est vouée aux nouveaux projets ». « Cela dit, ça ne veut pas dire qu’on va abandonner le développement non plus », a-t-il pris soin d’ajouter.

Des craintes dans l’est du Québec

La publication de ce rapport a fait grand bruit dans l’est du Québec, où le Parti québécois a raflé tous les sièges le 5 octobre dernier.

La députée de Duplessis, Meggie Richard, s’est montrée rassurante vendredi matin lors d’une entrevue à l’émission matinale de Radio-Canada sur la Côte-Nord. « Notre engagement ne change pas. Pour nous, c’était clair que le pont sur le Saguenay était un projet prioritaire », a assuré la nouvelle ministre des Régions et de l’Occupation du territoire, quelques heures avant la sortie de son chef.

Le maire de Sept-Îles rappelle que M. St-Pierre Plamondon s’est engagé lors de la campagne à commencer la construction du pont sur le Saguenay d’ici 2030. Pour Benoit Méthot, ce pont est plus qu’un pont : c’est une manière de désenclaver la Côte-Nord et son économie.

Je suis un peu choqué dans le sens où je trouve ça un peu de courte vue que la solution des experts au problème d’entretien des infrastructures, qui est réel, soit de dire qu’il faut abandonner les projets dans les régions.

Benoit Méthot, maire de Sept-Îles

De l’autre côté du fleuve, le projet de prolongement de l’autoroute 20 entre Rimouski et Notre-Dame-des-Neiges fait débat depuis des décennies. Le PQ s’était aussi engagé à le réaliser.

IMAGE FOURNIE PAR LE MINISTÈRE DES TRANSPORTS DU QUÉBEC

Projet de prolongement de l’autoroute 20 dans le Bas-Saint-Laurent.

Le maire de Rimouski note que la route 132 est saturée, surtout en été. « Le débit journalier moyen sur une base annuelle dépasse celui de certaines autoroutes », explique Guy Caron.

Il faut selon lui lancer les études au plus vite pour décider soit de parachever l’autoroute 20, soit de réaménager la 132. Ne rien faire va engendrer une situation intenable et dangereuse, selon lui.

PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, LA PRESSE

Le maire de Rimouski, Guy Caron

« Rimouski devient de plus en plus attractif, dit-il. On a Costco maintenant qui attire des gens de toute la région. On a un Centre des congrès qui va agrandir de 50 %. On a le Salon de jeux qui devrait ouvrir d’ici l’an prochain, qui va aussi amener du tourisme. »

« Si on ne commence pas les travaux maintenant, on risque d’avoir des débits de circulation qui sont totalement inadaptés pour la réalité d’une route nationale comme la 132 », ajoute le maire Caron.

Un expert en accord avec le rapport

Pour l’expert en planification des transports à l’Université de Montréal Pierre Barrieau, il faut prendre un temps d’arrêt. « En ce moment, le déficit de maintien d’actifs empire à chaque seconde, littéralement. Avoir une ambition expansionniste, ça ne peut pas fonctionner », soutient-il.

Selon lui, les décisions doivent maintenant « être prises sur des questions de sécurité routière d’abord, en considérant aussi l’impact économique lié à la congestion ». « L’autoroute 20, par exemple, présente des enjeux de sécurité routière comme la 50, donc c’est à privilégier, mais le projet de pont vers la Côte-Nord me semble moins urgent. »

M. Barrieau soutient qu’un rééquilibrage de la situation « ne se comptera pas en années, mais en décennies ». « Ça va prendre jusqu’à 15, voire 20 ans, avant de reprendre le dessus », lance-t-il.

Il appelle le gouvernement péquiste à planifier en fonction de la science, et non au gré de ses intérêts politiques en vue d’une potentielle réélection. « La gestion en catastrophe, elle va juste nous coûter plus cher. Il faut planifier les problèmes, les voir venir. Sinon on s’en va dans un mur. »

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