Les prix du riz brisé au plus haut portés la demande en Chine et aux Philippines

Les prix du riz sont au plus haut depuis février 2025, portés par l'augmentation des coûts de l'énergie, notamment celui du transport. Cela s'explique aussi par l'influence de l'Inde, le premier exportateur mondial, qui devrait voir sa production baisser.
La récolte du géant indien devrait atteindre son plus bas niveau depuis 20 ans. Ce ne sont que des projections, mais ce recul est estimé à 10 millions de tonnes par le président de l'association indienne des exportateurs, soit 6 % de moins.
Pour retrouver une baisse aussi forte, il faut remonter à 2009-2010, une saison marquée par une sécheresse hors norme, liée au phénomène El Niño. Et en 2026 la perturbation climatique est montrée du doigt une nouvelle fois : depuis le début de la mousson, en juin, l'Inde a enregistré une diminution de 15 % des précipitations en moyenne. Dans certaines régions rizicoles, le déficit hydrique atteint plus de 40 %. Or moins d'eau pendant la période de maturation des plants, cela veut dire des rendements qui baissent.
Ces aléas météo s'ajoutent à des surfaces en diminution de 4 % pour le riz semé juste avant l'été, selon les données gouvernementales.
D'immenses stocks indiens
L'Inde devrait tout de même produire plus de 144 millions de tonnes de riz, selon les projections. Ce qui compte et ce qui rassure aussi, c'est que le pays a des stocks considérables qui dépassent largement les objectifs fixés par l'État.
Les réserves indiennes sont donc suffisantes pour que les exportations se maintiennent. Le Pakistan, le Vietnam et la Thaïlande ont eux aussi de quoi approvisionner le marché. Il n'y a donc pas de risque de pénurie à court terme.
Plus de concurrence pour le riz brisé
S'il n'y a pas de tension sur l'offre, les besoins restent importants en Asie, donc si risque il y a, il concerne les prix qui sont effectivement en train de grimper. Parmi les pays qui sont en demande, il y a les Philippines qui pourraient importer cette année 50 % de plus que l'année dernière, et notamment du riz brisé, une qualité moins chère que celle composée de grains entiers.
La Chine est également très présente sur le marché des brisures, qu'elle utilise pour l'alimentation animale, et « il n'y a pas de raison que le pays ralentisse ses achats », explique un négociant. Cela pourrait donc devenir un peu plus compliqué pour le Sénégal, premier pays consommateur de riz brisé en Afrique.
Si le Sénégal trouve moins de riz en Chine ou au Pakistan, il pourra se fournir chez d'autres producteurs d'Amérique latine tels que le Brésil, l'Argentine ou encore l'Uruguay. Les prix détermineront le choix de l'origine, le riz brisé est la variété qui connaît actuellement la plus forte hausse.
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