Test de Control Resonant, le nouveau chef-d’œuvre de Remedy
Avec Control Resonant, Remedy Entertainment propose une nouvelle masterclass. Un plongeon enivrant dans un univers singulier, enrobant une expérience qu’on ne verra nulle part ailleurs. Si Control était l’ébauche d’un univers, cette suite en est la pure consécration. Notre test.
« Je ne mérite pas qu’on me sauve. » Dylan Faden n’est pas un héros comme les autres. Aux yeux de certains, il n’est même pas un héros, plutôt un paria, fruit d’expérimentations obscures ratées au sein du BFC (Bureau Fédéral de Contrôle). Il est pourtant l’unique espoir de Manhattan, en proie au Hiss, une force résonante paranaturelle qui est parvenue à s’échapper de l’Ancienne Maison. Il a aussi une quête très personnelle à mener, après avoir passé tant d’années enfermé. Il doit retrouver sa sœur Jesse, devenue directrice du Bureau.
Control Resonant, toujours développé par Remedy Entertainment, se déroule très exactement sept ans après les événements de Control. Jesse Faden cède sa place à son frère, Dylan, croisé subrepticement pendant ses pérégrinations au sein de l’Ancienne Maison. Ce n’est pas un changement anodin puisque les deux membres d’une même famille n’ont pas les mêmes pouvoirs. On navigue par ailleurs dans une autre unité de lieu, les rues désormais malfamées de Manhattan, car contaminées par le Hiss, à la place des décors alambiqués de l’Ancienne Maison. Une vraie suite, en somme.

10/10
Points forts
- Encore une claque artistique
- Gameplay jouissif
- Narration plus touchante
Points faibles
- Oui, c’est toujours un peu perché
- Accumulation de documents à lire
- Il faut avoir joué à Control
Control Resonant décuple le concept de Control
Musique maestro
Comme on a déjà pu le remarquer dans Alan Wake 2, Remedy Entertainment adore surprendre avec la bande son. Dès lors, certains morceaux étonnent quand la lecture s’enclenche dans Control Resonant. Mais on adore !
Control Resonant s’appuie sans surprise sur les bases de Control pour s’émanciper et prendre ensuite son envol, à l’image de Dylan, capable de se déplacer en lévitation. Remedy Entertainment s’épanouit dans l’exploration de son univers, certes compliqué à comprendre et jamais avare en pièces de narration (des dizaines et des dizaines de documents à lire et à ramasser, jusqu’à l’indigestion). On rappelle que tous les jeux du studio sont liés, des éléments de Control étant rappelés dans Alan Wake 2.
Control Resonant est un modèle du genre et incarne l’étrange à la perfection
Si cette suite doit composer avec tout un bagage assez complexe à appréhender (il y a un résumé de Control intégré), elle bénéficie d’une écriture plus intime. Tout ce qui entoure Dylan reste alambiqué et perché, mais l’histoire prend le temps de nous offrir des moments suspendus liés à sa personnalité bien plus fragile que celle de Jesse, avec la mise en avant de leur passé traumatisant. Rarement la sensation d’incarner un personnage craint de tous n’a été aussi forte. Dylan est un « monstre » qui essaie de se racheter, et Control Resonant alimente cet arc de la meilleure manière. Il lui arrive même d’être touchant, quand Control saisissait par sa froideur assumée.

On retrouve aussi cette formidable direction artistique, qui joue du phénomène de distorsion et mélange les réalités pour livrer des séquences graphiquement vertigineuses. Certes, les différents quartiers de Manhattan ne sont guère accueillants. Mais c’est l’univers qui veut ça pour matérialiser une ville à la dérive et à la merci d’une entité puissante. La grisaille ambiante se voit alors parsemée d’échos rougeâtres saturés qui envahissent l’écran, agissant comme une contamination. Remedy Entertainment multiplie les effets visuels qui altèrent le réel, maximisant le potentiel de la géométrie dynamique, des incrustations vidéo, de la surimpression, de l’aberration chromatique, des déformations, de la volumétrie, du FMV… Control Resonant est un modèle du genre et incarne l’étrange à la perfection, voire l’effrayant. Le rendu, oppressant, part dans tous les sens, mais tout est à sa place.
Control Resonant bouleverse les codes
Disponibilité
Control Resonant est disponible à compter du 24 septembre 2026 sur PS5, Xbox Series S, Xbox Series X et PC.
Control Resonant s’appuie paradoxalement sur un gameplay à la fois plus aérien et au sol que Control. Il s’exprime de manière aérienne dans les aptitudes de voltigeur de Dylan. Il peut rester en l’air très longtemps, couvrir de longues distances à vitesse grand V, marcher sur les murs, se propulser… Quand il a les pieds bien ancrés, c’est pour se défendre avec une arme au corps-à-corps, baptisée Aberration et pouvant prendre différentes formes (comme le pistolet de sa sœur). Le ressenti des combats est jouissif et instinctif, à partir du moment où l’on maîtrise l’esquive, qui se révèle un peu flou de prime abord.
Une fois la grammaire en tête, on ressent une vraie montée en puissance. D’autant qu’à la manière d’un RPG, Control Resonant offre la possibilité de personnaliser son arsenal, qui s’étoffe à mesure que l’on se débarrasse des Résonants (des boss). Il y a même matière à trouver des synergies particulièrement efficaces (exemple : mousse + feu = explosion), pour qui prendra le temps d’étudier les différentes options à disposition de Dylan, nichées dans une seule et même arme polymorphe. Pour évoluer, le héros doit passer par un hub accessible… n’importe quand, d’une simple pression sur une touche. Pratique.
Dans Control Resonant, la progression passe par des points d’expérience récoltés en accomplissant des tâches dans les différentes zones de la carte, zones qui gagnent elles-mêmes des niveaux. Oui, Control Resonant épouse une structure ouverte. On pourra d’ailleurs déplorer certains objectifs génériques, comme la nécessité d’activer des tours pour révéler les environs. On préfère ne pas en tenir rigueur à un jeu qui est d’une singularité édifiante. C’est simple, vous vivrez des moments que vous ne verrez jamais ailleurs, avec parfois cette dose d’absurdité qui fait tout le charme des productions de Remedy Entertainment. Control Resonant sait comment devenir inoubliable.
Cette originalité, qui crève les yeux, nourrit une exploration gratifiante, bien aidée par les quelques énigmes bien pensées, les choses qu’elle raconte et, surtout, la manière dont se déplace Dylan. On a même droit à des portions sens dessus dessous, plaisantes à jouer et jamais pénalisées par des problèmes de caméra ou de fluidité. Remedy Entertainment dispose d’un savoir-faire certain pour bousculer les codes et fuir une expérience bateau. Les décors de Control Resonant ne sont pas immenses (tant mieux), mais brillent par leur densité et leur verticalité. À la manière d’un Metroidvania, certains passages sont bloqués sans la capacité adéquate.
Il y a donc matière à être charmé, une fois encore, par cette proposition de Remedy Entertainment, qui livre une nouvelle masterclass après Alan Wake 2, en termes de storytelling et de worldbuilding. Tout juste pestera-t-on sur quelques problèmes de lisibilité, autant imputables aux nombreux effets qui s’accumulent qu’à la vitesse à laquelle l’action se déroule. Face à certains ennemis à la taille immense, on peut perdre le fil. Ce menu défaut est compensé par le système de soin, les ennemis lâchant des orbes pour récupérer de la santé quand ils meurent. Il aide à rendre les affrontements encore plus dynamiques. Attention quand même, les premières heures de Control Resonant peuvent être particulièrement difficiles. Il y a un temps d’adaptation pour se (re)plonger dans l’univers, mais aussi pour bien comprendre comment se battre.
Le verdict
On a aimé
- Encore une claque artistique
- Gameplay jouissif
- Narration plus touchante
On a moins aimé
- Oui, c’est toujours un peu perché
- Accumulation de documents à lire
- Il faut avoir joué à Control
En 2019, Control posait les bases solides d’un univers à la direction artistique marquante, porté par une narration intelligente. En 2026, Control Resonant continue de bouleverser les codes, en s’offrant le luxe de changer à la fois de lieu et de héros. La charismatique Jesse cède sa place à son frère tourmenté, prénommé Dylan. Remedy Entertainment prouve une fois encore qu’il maîtrise l’art de donner naissance à des expériences singulières. Dans le sillage d’Alan Wake 2, plus axé sur l’horreur et l’absurde, Control Resonant s’affirme comme une nouvelle masterclass. On prend un plaisir constant à incarner le virevoltant Dylan dans un Manhattan en proie à des distorsions et à des fragmentations. On ne peut qu’applaudir.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.