La série Orgueil et Préjugés de Netflix déclenche la colère des fans de Jane Austen
À peine dévoilée en détails, la nouvelle adaptation d’Orgueil et Préjugés en série par Netflix suscite déjà une vive levée de boucliers de la part de certains fans de Jane Austen.
La plateforme de streaming a profité, ce mardi 15 septembre 2026, du cadre champêtre du festival Jane Austen à Bath pour annoncer la sortie de sa mini-série Orgueil et Préjugés le 3 décembre prochain sur Netflix. Mais les premières images du casting dévoilées ce 16 septembre ont déclenché une tempête d’avis contrastés sur les réseaux sociaux.
Scénarisée par Dolly Alderton, cette version en six épisodes promettait de célébrer l’héritage de l’autrice britannique en s’offrant une distribution prestigieuse : Emma Corrin dans le rôle d’Elizabeth Bennet, Jack Lowden (futur James Bond ?) en Mr. Darcy, ainsi qu’Olivia Colman et Rufus Sewell pour camper le couple Bennet. Mais derrière le vernis doré des productions de l’époque Régence, la colère des puristes gronde déjà.
Derrière la caméra, on retrouve Euros Lyn, le réalisateur de la série Heartstopper pour Netflix. La production est assurée par Lookout Point, le studio à l’origine de Happy Valley et Gentleman Jack.
Un culte intouchable et le spectre de la version de 2005 pour Orgueil et Préjugés
Pour une partie considérable de la communauté, s’attaquer au chef-d’œuvre de Jane Austen relève de la prise de risque inutile, tant les précédentes adaptations restent des références absolues pour les fans. Sur les réseaux sociaux, beaucoup rappellent que la version cinématographique de 2005 portée par Keira Knightley et Matthew Macfadyen (sans oublier la mythique série BBC de 1995 avec Colin Firth) avait fixé la barre à un niveau quasi inatteignable.
« On n’a pas besoin d’un autre Orgueil et Préjugés… Keira Knightley et Matthew Macfadyen étaient les meilleurs ! », s’insurge ainsi une internaute. Pour d’autres puristes, la méfiance envers le géant du streaming est encore plus radicale : « Personne ne va regarder ça ni le reste de vos adaptations ratées. Vous modifiez tellement de choses qu’on dirait que vous crachez sur sa tombe. Le film avait de la chimie, une super cinématographie et une bande-son brillante. Ça n’aura rien de tout ça. »
La méfiance envers Netflix ne sort pas de nulle part. En 2022, la plateforme avait déjà adapté un roman de Jane Austen avec Persuasion, porté par Dakota Johnson. Cette relecture très modernisée, où l’héroïne s’adressait face caméra au spectateur, avait été largement étrillée par les fans de l’autrice, qui lui reprochaient de s’éloigner du texte d’origine.

Casting, écarts d’âge et choix de production : les fans tordent le nez
Au-delà de la simple lassitude face aux remakes, ce sont certains choix d’acteurs précis qui font grincer des dents. Si l’esthétique générale et la distribution de rôles secondaires comme celui de Louis Partridge en George Wickham séduisent une partie du public, des incohérences narratives apparentes agacent déjà les connaisseurs du roman.
Plusieurs observateurs ont notamment pointé du doigt les écarts d’âge au sein de la distribution. « Je reste perplexe face au choix de caster un acteur de 23 ans face à un acteur de 36 ans jouant Darcy, alors qu’on est censé croire qu’ils ont grandi ensemble et été à l’université à la même époque », souligne un internaute circonspect sur X. Pour d’autres spectateurs agacés par la surabondance de drames d’époque similaires, Netflix aurait mieux fait d’investir ses budgets colossaux dans des récits historiques inédits plutôt que de revisiter un classique déjà tant de fois adapté.

Une lueur d’espoir pour les amateurs d’esthétique Régence
Malgré la vague d’invectives, la production conserve de fervents défenseurs. De nombreux internautes saluent la beauté léchée des premiers clichés signés Justin Downing, mettant en avant le soin apporté aux costumes, aux décors et à la lumière tamisée des salons de Longbourn.
Certains soulignent également la pertinence du clin d’œil marketing de la plateforme : le roman ayant été initialement intitulé First Impressions par Jane Austen en 1796 avant d’être refusé par un éditeur, l’accroche de Netflix (« Certaines premières impressions valent la peine d’attendre ») a été saluée par les fans les plus érudits. Entre rejet catégorique et curiosité esthétique, le public semble bien décidé à attendre le 3 décembre pour juger si cette nouvelle mouture saura terrasser les préjugés.
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