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Wednesday, October 21, 2026

Les banques alimentaires du Québec sont débordées

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L’insécurité alimentaire continue de s’aggraver au Québec, où les demandes d’aide ont encore atteint des sommets cette année. Débordés, les organismes peinent à répondre aux besoins grandissants, particulièrement à Montréal, qui concentre près de la moitié des personnes ayant recours à l’aide alimentaire dans la province.

Chaque mois, plus de 3,27 millions de demandes d’aide alimentaire sont traitées au Québec, selon le Bilan-Faim 2026 dévoilé mercredi par le réseau des Banques alimentaires du Québec (BAQ). Il s’agit d’une hausse de 4,8 % par rapport à l’an dernier. En cinq ans, le nombre d’aides a bondi de 44 %.

« Ce qui frappe, c’est l’accumulation, l’augmentation année après année. C’est beaucoup de demandes d’aides, c’est trop », s’inquiète Alexandre Lebel, directeur général de BAQ.

Au total, près de 600 000 personnes différentes bénéficient chaque mois des services du réseau. Plusieurs doivent toutefois y recourir à répétition pour subvenir à leurs besoins.

Contrairement à il y a quelques années, les bénéficiaires ne sont plus uniquement des personnes sans emploi ou en situation d’extrême précarité, constate BAQ. Le nombre de travailleurs frappant aux portes des banques alimentaires est en constante augmentation depuis la pandémie ; ils représentent désormais 23,4 % des bénéficiaires, contre 20,6 % l’an dernier. « C’est triste de voir qu’en 2026, avoir un emploi, ça ne veut pas dire que ça te protège de la faim et que tu seras capable de faire ton épicerie », déplore M. Lebel.

Montréal plus durement touchée

La situation est particulièrement préoccupante dans la métropole. Alors qu’elle abrite environ 24 % de la population québécoise, Montréal concentre 45 % des personnes ayant recours à l’aide alimentaire, selon Moisson Montréal. Les organismes partenaires répondent en moyenne à 1,26 million de demandes par mois, soit une hausse de 14 % en un an.

À Montréal, les personnes vivant seules sont les plus touchées et représentent désormais plus du tiers (38 %) des ménages ayant recours au dépannage alimentaire.

« C’est vraiment le coût de la vie qui fait que les gens n’arrivent plus à répondre aux dépenses du quotidien », explique Chantal Vézina, directrice générale de Moisson Montréal. Entre l’augmentation du coût du logement, du transport et des autres dépenses essentielles, les Montréalais sont plus nombreux à avoir du mal à joindre les deux bouts.

Mme Vézina s’inquiète surtout de voir cette dépendance à l’aide alimentaire se prolonger dans le temps. « On n’a pas été créés pour nourrir des gens dans la durée. À part pour une grappe de la population très vulnérable, notre aide est conçue pour des besoins ponctuels », rappelle-t-elle.

Des organismes à bout de souffle

Cette demande grandissante met les organismes communautaires sous pression. À Montréal, un organisme sur deux doit réduire la taille de ses paniers alimentaires pour servir davantage de ménages, tandis qu’un sur quatre est contraint de refuser des personnes dans le besoin.

La moitié des organismes doivent également puiser dans leur budget pour acheter des denrées. Et ce, malgré une augmentation de 47 % des quantités de nourriture distribuées par Moisson Montréal en quatre ans.

Pour sortir de cette crise, Mme Vézina estime qu’il faut d’abord s’attaquer à l’une des principales sources de précarité : le logement. « Ça prend des loyers plus abordables, plus accessibles. Tant qu’on n’aura pas réglé cet enjeu-là, on ne s’en sortira pas », croit-elle.

« On l’a entendu, la précarité alimentaire est une priorité pour le nouveau gouvernement. On va le laisser s’installer, mais on espère que des actions seront prises rapidement pour s’attaquer aux causes profondes du problème », renchérit Alexandre Lebel.

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