Inde: la justice ordonne la libération des chefs des «cafards», la jeunesse reste combative

La capitale indienne se réveille dans une atmosphère d'état de siège. Le bras de fer entre la société civile et les autorités se poursuit sur le front de la contestation contre la suppression de 130 millions d'électeurs. Le chef de la commission électorale, Gyanesh Kumar, est accusé de favoriser le BJP de Narendra Modi au pouvoir. Malgré la répression policière et les milliers d'arrestations, les jeunes promettent de revenir à la charge. Dimanche 11 octobre, un tribunal de New Delhi a ordonné la remise en liberté des trois chefs du mouvement des « cafards ».
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Ce dimanche 11 octobre, un tribunal de New Delhi a ordonné la remise en liberté des trois chefs du mouvement indien des « cafards », et notamment son fondateur Abhijeet Dipke, tous arrêtés la veille, a annoncé leur avocate, Ratna Singh. « Le tribunal a libéré Abhijeet, Saurav (Das) et Ashutosh (Ranka) », a-t-elle déclaré sur les réseaux sociaux, rapporte l'AFP. Les trois hommes avaient été interpellés à l'aéroport de la capitale indienne avant une manifestation organisée avec l'opposition pour exiger la démission du président de la commission électorale, Gyanesh Kumar, accusé de favoriser le BJP de Narendra Modi au pouvoir.
« C'est ça notre pays »
« Les cafards ne meurent jamais ! », s'est aussitôt réjoui le Cockroach Janta Party (CJP, « parti du peuple des cafards »), sur son compte X. Dans les rues de la capitale, la police indienne a procédé, samedi 10 octobre, à des milliers d'arrestations, selon la presse locale, pour empêcher la tenue du rassemblement, non autorisé. Le CJP et le chef de l'opposition Rahul Gandhi ont, malgré tout, promis de poursuivre la mobilisation.
« Regardez ! C’est ça notre pays ! », clame ce sympathisant qui exprime sa fierté face à cette jeunesse qui brave le verrouillage draconien de la capitale, rapporte notre correspondant à New Delhi, Abdoolah Earally. Étouffer ses voix s'avère impossible. La relève maintient pourtant l'appel à la résistance : « Peu importent vos pressions ou le nombre d’arrestations. Tant que Gyanesh Kumar ne démissionnera pas, nous ne rentrerons pas chez nous », dit Ajinkya Shinde, 35 ans, un des leaders du CJP.
Même détermination chez Neha Bora. La figure du mouvement étudiant (AISA), arrêtée pour une nouvelle fois, revient aussitôt à la charge : « Nous arrivons pour exiger le rétablissement du système. Et nous continuerons à demander des comptes au gouvernement. »
« Ils ne peuvent pas nous arrêter »
Depuis la fenêtre du véhicule policier qui l’emmène en détention, la militante Aishe Ghosh lance un ultime défi : « Ils ne peuvent pas nous arrêter. Qu'ils nous enferment ! Des millions d'autres descendront dans la rue ». New Delhi entame une nouvelle journée sous haute tension, alors que l'opposition politique se prépare a défier massivement l'interdiction de manifester, le lundi 12 octobre.
Les critiques ont redoublé depuis septembre et l'enquête du quotidien Indian Express, qui a affirmé que le président de la commission électorale était passé outre les objections des deux autres membres de sa commission pour adopter certaines mesures controversées. Longtemps présentée comme la garante de « la plus grande démocratie du monde », écrit l'AFP, l'institution a rejeté toute irrégularité, répété que toutes ses décisions avaient été prises à l'unanimité et qu'elles étaient juridiquement valides.
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