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Friday, November 6, 2026

Après les midterms, les "tech bros" prêts à retourner leur veste ?

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Après deux ans de proximité affichée avec Donald Trump, les patrons de la Silicon Valley vont affronter un Congrès démocrate dont plusieurs élus leur réclament déjà des comptes sur les bouleversements provoqués par le boom de l'intelligence artificielle (IA). "Les patrons des entreprises d'IA devraient être convoqués pour témoigner sous serment", a réclamé dès mardi Greg Casar, chef de file de l'aile gauche démocrate à la Chambre.

Donald Trump a jusqu'en janvier 2029 un droit de véto sur les lois adoptées par le Congrès

Au Sénat, Ed Markey a prévenu ces dirigeants qu'ils allaient devoir "planter de nouvelles forêts pour toutes les assignations que nous allons imprimer". Majoritaires dans les deux chambres à partir du 3 janvier, les démocrates contrôleront les commissions qui peuvent obliger un patron à témoigner ou à livrer ses documents internes, sous peine de poursuites.

En 2020, ceux d'Amazon, Apple, Facebook et Google avaient dû s'expliquer sur leur position dominante. Elon Musk, Sam Altman (OpenAI) ou encore Jensen Huang (Nvidia) pourraient à leur tour affronter cette épreuve du feu. Un changement d'ambiance pour des patrons qui étaient nombreux à s'asseoir aux premiers rangs de l'investiture de Donald Trump en janvier 2025, à dîner en grande pompe à la Maison Blanche, jusqu'à signer devant lui fin septembre un code de conduite volontaire sur l'IA.

Ces élus démocrates minoritaires devront toutefois rallier un parti divisé et surmonter, pour légiférer, le veto de Donald Trump qui peut bloquer les lois adoptées par le Congrès jusqu'à la fin de son mandat, en janvier 2029. Élu sénateur du Michigan malgré plus de cinq millions de dollars dépensés contre lui par America PAC, le comité financé par Elon Musk, le démocrate Abdul El-Sayed réclame même une "pause complète" du développement des IA les plus puissantes et un traité avec la Chine pour "interdire la superintelligence", une IA qui surpasserait l'humain.

Aucun grand patron ne s'est exprimé sur le scrutin, hormis Elon Musk, laconique : "les centres de données dans l'espace, ça paraît bien tentant en ce moment", a ironisé mardi le patron de Tesla et SpaceX. La prise de distance avec les républicains a débuté avant le scrutin. Le principal fonds politique pro-IA, financé par le président d'OpenAI Greg Brockman et le fonds d'investissement Andreessen Horowitz - dont un cofondateur s'était rallié à Trump en 2024 - n'a reçu aucun don d'avril à fin septembre, au moment où la défiance des citoyens était de plus en plus palpable.

Sans attendre, Meta a recruté ces derniers mois d'anciens collaborateurs démocrates pour porter sa voix au Congrès, selon le site Axios.

On s'achemine sans doute vers un "nouveau mea culpa" de Mark Zuckerberg...

La critique vient aussi du camp républicain. "Les électeurs sont prêts à récompenser le parti, quel qu'il soit, qui parviendra à demander des comptes aux géants de la tech", a déclaré à l'AFP Daniel Cochrane, chercheur à l'Institute for Family Studies, un groupe de réflexion conservateur qui réclame notamment l'interdiction des compagnons virtuels.

Selon lui, les inquiétudes suscitées par l'IA, des centres de données aux impacts de la technologie sur l'emploi et les enfants, "ont fait basculer des voix". Le sujet a été un facteur "crucial" ou "majeur" pour 56% des électeurs, selon un sondage de la chaîne NBC. "Ne confondons pas une vague anti-Trump avec un mandat anti-tech", a relativisé Adam Kovacevich, patron de Chamber of Progress, influente coalition centriste financée par des sociétés de la tech.

 La santé de l'économie américaine est désormais liée à l'IA, a rappelé Chamath Palihapitiya dans son podcast All-In, animé avec d'autres investisseurs majeurs de la Silicon Valley. Or "le meilleur moyen de faire sombrer l'IA, c'est de faire sombrer les centres de données". Même l'analyste des marchés Dan Ives, célèbre pour son optimisme sur la croissance de la tech, estime désormais que 10% des 800 à 1.000 nouveaux centres de données prévus aux États-Unis "ne se feront pas".

Les "tech bros", surnom ironique donné aux hommes puissants de la Silicon Valley, "sont des caméléons", estime Daniel Cochrane, qui pronostique un "nouveau mea culpa" insincère de Mark Zuckerberg, le patron de Meta, face à un Congrès démocrate "agressif". "Au bout du compte, les tech bros ne roulent que pour les tech bros", tranche-t-il.

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