À la Une: le Brésil, à deux jours du deuxième tour de l’élection présidentielle

Au premier tour, le sénateur d’extrême droite Flavio Bolsonaro (fils de l’ancien président Jair Bolsonaro) a créé la surprise en devançant, assez largement, Luiz Inacio Lula da Silva, le président sortant. Mais si l’on en croit les derniers sondages, le deuxième tour pourrait être plus serré que prévu.
Selon le journal Folha de São Paulo, Flavio et Lula « sont à égalité à 50 % » des intentions de vote. Commentaire du quotidien brésilien : « Après ces nouveaux sondages, l’équipe de campagne du candidat du Parti des travailleurs tente de modérer son enthousiasme, alors que celle du candidat du Parti libéral vise à "ne pas commettre d’erreurs" ».
Un autre sondage est publié par l’institut Datafolha et O Globo s’en fait l’écho : ce sondage est aussi favorable au président sortant. « Pour la première fois depuis le début de la campagne, explique le journal brésilien, le taux d’approbation du gouvernement de Lula dépasse le taux de désapprobation. Le taux de désapprobation a baissé de deux points pour s’établir à 48 %, alors que le taux d’approbation a progressé d’un point pour atteindre 49 %. » C’est une première depuis « le début de la campagne électorale à la mi-août, mais compte tenu de la marge d’erreur, les deux pourcentages restent techniquement à égalité », ajoute O Globo.
La France vue par ses voisins
La situation en France continue d'intéresser la presse internationale, et particulièrement la presse européenne. « Des manifestations violentes comme celles qui ont eu lieu en France sont-elles envisageables en Allemagne ? » interroge die Welt.
Le quotidien allemand a posé la question au politologue français Fabien Jobard, alors que « des manifestations étudiantes, inspirées de celles qui ont lieu en France, sont prévues le 31 octobre ». Mais pour Fabien Jobard, « il y a trop de différences entre l’Allemagne et la France » pour parler de similitude, notamment parce qu’en Allemagne, « l’éducation relève de la compétence des Länder », soit les régions. Le politologue considère « peu probable que des manifestations s’étendent à tout le pays ».
Deuxième question posée par Die Welt : « Les relations avec la police en France sont-elles similaires à celles qui ont cours en Allemagne ? » Réponse de Fabien Jobard : « Non, la police française est plus militarisée, moins accessible et fait davantage usage de la force. »
En Suisse, le journal Le Temps est lui allé à la rencontre « des commerçants et des restaurateurs parisiens qui envisagent de sombrer dans l’autodéfense lors des prochaines manifestations », dont la suivante a lieu ce samedi. « La défaillance des forces de l’ordre lors des émeutes du 17 octobre pousse certains restaurateurs à envisager l’usage d’armes », explique le quotidien helvétique. L'un de ces restaurateurs assure ainsi « qu’il n’a pas l’intention de fermer son établissement ». Il prévient : « J’aurai, dit-il, un couteau et un marteau à portée de main. (…) il est normal de protéger son bien ».
Guerre civile ?
La situation en France, qui suscite des réactions jusqu’au Liban. « De quoi la France est-elle malade ? », se demande l’Orient-le Jour. « Il faut éviter certains écueils, estime le quotidien libanais, notamment celui de comparer la situation (du Liban et de la France) et d’en conclure que les Français sont des enfants gâtés qui ne comprennent pas la chance qu’ils ont d’avoir un État-providence, malgré ses dysfonctionnements, et de vivre en paix ».
« Un écueil d’autant plus difficile à combattre, poursuit le quotidien libanais, que l’irruption d’une nouvelle grammaire pour décrire la situation française, tant du côté du pouvoir que des oppositions, a de quoi laisser pantois toute personne ayant déjà vécu de l’autre côté de la Méditerranée. Lorsqu’on parle de "guerre civile" ou "d’État policier" ou que l’on va jusqu’à remettre en question le fait de vivre dans une démocratie, quelles que soient les anomalies de celle-ci, c’est qu’on a basculé dans une zone grise ».
« Vue de loin, la France ressemble à bien des égards à une énigme », juge l’Orient-le Jour.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.