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Saturday, October 3, 2026

Biélorussie: quatre journalistes libérés, 17 autres toujours détenus

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Quatre journalistes biélorusses ont retrouvé la liberté le 16 septembre dernier, à la faveur d’une amnistie obtenue grâce à l’intervention de la diplomatie américaine. Mais leur libération a immédiatement été suivie d’une expulsion et d’un exil forcé. Si Reporters sans frontières (RSF) salue ces libérations, l’organisation dénonce le maintien en détention de 17 autres journalistes et professionnels des médias, toujours incarcérés en Biélorussie.

Le 16 septembre dernier a marqué la fin de plusieurs années de calvaire pour quatre journalistes biélorusses. Mais, dès leur libération, ils ont été contraints de prendre le chemin de l’exil, sans savoir quand ils pourront regagner leur pays.

Les libérations de Lioudmila Tchekina, Dzmitry Navajylau, Andreï Aliaksandrau et Kyril Pazniak ont été obtenues grâce à l’intervention des États-Unis, qui proposent au régime d’Alexandre Loukachenko un assouplissement de certaines sanctions en échange de la libération de prisonniers politiques.

Parmi les quatre journalistes libérés figure Lioudmila Tchekina, l’ancienne directrice de l’un des principaux sites d’information du pays, fermé en 2021. Son ancienne rédactrice en chef, Maryna Zolatava, a elle-même passé plusieurs années en prison avant d’être libérée. Elle vit aujourd’hui en Pologne et témoigne pour RFI du traitement infligé à son ancienne collègue durant leur détention.

« Nous avons été arrêtées en mai 2021 et condamnées à 12 ans de prison. J’ai eu la possibilité de voir Lioudmila à plusieurs reprises lorsque nous étions incarcérées. Elle était toujours d’un grand soutien, souriait tout le temps et gardait le moral. Je pense qu’elle a été soumise à un “traitement spécial” dans la colonie pénitentiaire, parce qu’elle avait toujours le courage de dire ce qu’elle pensait lorsque quelque chose ne lui plaisait pas. En début d’année, avant d’être libérée, elle a passé cinq jours en cellule d’isolement. Je peux vous dire que c’est une forme de punition très dure. »

« Un carrousel répressif »

Reporters sans frontières a salué l’annonce de ces libérations tout en rappelant que d’autres journalistes restent arrêtés et incarcérés par le régime d’Alexandre Loukachenko. Au pouvoir depuis 32 ans, le président biélorusse se sert des personnes détenues comme d’une monnaie d’échange pour obtenir un assouplissement des sanctions américaines.

Jeanne Cavelier, responsable du bureau Europe de l’Est de Reporters sans frontières, dénonce le « carrousel répressif » qui se cache derrière ces libérations au compte-gouttes. « Le régime libère certains journalistes tout en continuant à arrêter, poursuivre et condamner d’autres journalistes. On donne l’impression d’une ouverture. Mais, en réalité, la machine répressive continue de fonctionner. Et aujourd’hui encore, 17 journalistes et professionnels des médias sont derrière les barreaux au Bélarus. »

Aujourd’hui, la majeure partie des journalistes indépendants biélorusses vivent en exil. Certains ont été contraints de renoncer à leur métier, tandis que d’autres tentent de continuer à l’exercer dans des conditions particulièrement difficiles.

Sur place, les sources d’information se raréfient, notamment en raison de la répression exercée par les autorités. « Les journalistes en exil ne peuvent pas interviewer des personnes qui vivent en Biélorussie, pointe Maryna Zolatava, car ces personnes pourraient ensuite être poursuivies et punies. Quand j’étais en prison, j’ai rencontré trois femmes qui ont été condamnées à plusieurs années de prison simplement pour avoir donné des interviews ou coopéré avec des médias indépendants. »

Selon Reporters sans frontières, près de 400 journalistes ont été victimes d’arrestations injustifiées depuis 2020, tandis qu’au moins 600 ont été contraints de fuir leur pays.

Cet exil ne les met toutefois pas totalement à l’abri d’éventuelles représailles. Les autorités biélorusses n’hésitent pas à saisir leurs biens sur place, à cibler leurs proches ou encore à lancer des mandats d’arrêt internationaux afin de compliquer leurs déplacements et leurs démarches administratives à l’étranger.

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