Jeux de hasard en ligne | De plus en plus populaires chez les jeunes hommes

Bien que la popularité des jeux de hasard et d’argent soit en forte baisse depuis 20 ans, le nombre d’adeptes du jeu en ligne est, lui, fortement en hausse, particulièrement chez les jeunes hommes. Près d’un jeune Montréalais sur cinq a joué en ligne en 2025, montre une étude d’envergure. C’est devenu « un réel enjeu de santé publique », estiment les chercheurs.
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En général, l’attrait du jeu est en baisse…
Dans la population en général, l’attrait des jeux de hasard et d’argent a fortement diminué, montre cette étude, réalisée par voie de questionnaire auprès de 8500 Montréalais. En 2002, une étude semblable montrait que 74 % d’entre eux s’adonnaient à au moins une forme de jeu de hasard (billets de loterie, casinos ou appareils de loterie vidéo). En 2018, cette proportion avait diminué à 55 %. La dernière mouture de l’étude, réalisée en 2025, fruit d’une collaboration entre la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSPM) et la Chaire de recherche sur l’étude du jeu de l’Université Concordia, montre que 39 % des Montréalais se sont adonnés au jeu au moins une fois en 2025.
… mais le jeu en ligne est en forte hausse
Cependant, l’arrivée massive des sites de jeu en ligne – propulsée par des campagnes publicitaires d’envergure – a fait tripler le nombre de Montréalais qui y jouent : la proportion d’adeptes est passée de 4,4 % à 13 %. « Il y a un mouvement vers des pratiques en ligne, qui sont plus dangereuses, plus risquées, parce que ça va plus vite, c’est plus accessible, on peut miser plus d’argent plus rapidement, sans compter tous les algorithmes qui peuvent renforcer les excès », explique l’un des auteurs de l’étude, Jean-François Biron, de la DRSPM. Le jeu en ligne est ainsi devenu un « réel enjeu de santé publique », croient les chercheurs. Loto-Québec offre une plateforme de jeu en ligne, fréquentée par 45 % de ces joueurs, alors que 38 % des joueurs en ligne vont plutôt sur des sites non régulés et que 16 % jouent sur les deux types de plateformes.
Les jeunes hommes particulièrement à risque
L’étude montre que les jeunes hommes sont particulièrement attirés par ces pratiques de jeu : près de 20 % des jeunes Montréalais de 18 à 24 ans disent avoir joué en ligne au moins une fois en 2025. « Il y a tout un écosystème de paris sportifs, par exemple, où ça devient très normalisé de parier en jouant. Pour eux, c’est une activité tout à fait banale », souligne M. Biron. Or, jouer en ligne est tout sauf banal : cela tend à provoquer davantage de dépendance que d’autres formes de jeux de hasard. Le taux de joueurs à risque important de dépendance atteint 11,3 % chez les amateurs de jeu en ligne, si on exclut ceux qui achètent simplement des billets de loterie. À titre de comparaison, les appareils de loterie vidéo, souvent considérés comme la forme de jeu la plus dangereuse, comptent 13,6 % d’adeptes à risque de dépendance.
Haro sur la publicité
La publicité incitant au jeu en ligne est désormais omniprésente. Les Montréalais « expriment de fortes réserves » à l’endroit de ces messages publicitaires souvent matraqués à heure de grande écoute. Trois sur quatre seraient favorables à une interdiction de la publicité pour le jeu en ligne et sept sur dix jugent que l’accessibilité aux jeux en ligne est trop élevée, ont établi les chercheurs. Est-ce là le tremplin pour une possible action gouvernementale ? « Ils ont interdit la publicité en Espagne, en Belgique. De notre côté, en santé publique, on estime que l’interdiction de la publicité est un moyen d’action. On trouve qu’il y a une pression, actuellement, pour amener davantage de gens à jouer en ligne, et on voit que c’est une pratique à risque, dit M. Biron. Ce qu’on souhaite, c’est que notre étude amène une réflexion collective. »
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