L'écorce des arbres recèle peut-être les pesticides bio de demain

Des dizaines de pots alignés sous la serre expérimentale de Gembloux Agro Bio Tec contiennent des "mauvaises herbes", du trèfle notamment. Les chercheurs testent sur ces plantes dite "adventices" une solution extraite de deux arbres communs de nos forêts, le chêne et le douglas.
"Les plantes vont brunir, puis mourir", prévoit Maxime Grégoire, technicien du projet. On a déjà obtenu ce résultat sur des petits échantillons. Dans cette serre, nous voulons mesurer les effets à une plus grande échelle, avant si possible de tester ces extraits dans un champ expérimental."
Imiter la nature
La démarche s'apparente à du biomimétisme : imiter la nature. "L'écorce de l'arbre est une armure qui lui permet de se défendre contre les nuisibles, explique Zoé Nys, bio-économiste chez Valbiom. Cette recherche vise à identifier les molécules capables de lutter contre les insectes, les champignons ou les microbes, pour développer des pesticides plus respectueux de l'environnement."
Dans ces écorces nous tenons peut-être le pesticide de demain
"Il faut remplacer les produits de synthèse, comme le glyphosate, ajoute Leonel Taguimjeu, chercheur au laboratoire de chimie des molécules naturelles de Gembloux Agro Bio tec, qui sont nocives pour l'environnement et pour la santé humaine. Dans ces écorces, nous tenons peut-être le biopesticide de demain."
Un matériau abondant
Cette recherche Interreg, financée par l'Union européenne, cible une dizaine d'essences communes de nos régions : épicéa, douglas, chêne, hêtre, pin sylvestre, robinier, etc. Les écorces sont déjà valorisées de deux manières : soit énergétiquement, en étant brûlé dans les scieries ou transformées en pellets; soit pour fabriquer des panneaux de bois ou du paillage.
"Il ne s'agit pas de supprimer ces filières, explique Zoé Nys, mais d'ajouter un cycle de valorisation pour ce matériaux."
À l'échelle de la Grande Région (Wallonie, Lorraine, Sarre et Rhénanie Palatinat), le gisement théorique est considérable : plus de 660 000 m³ d’écorces d’épicéa, 275 000 m³ pour le pin sylvestre ou encore 120 000 m³ pour le douglas, pour ne citer que 3 essences.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.