La société palestinienne entre indignation et désillusion après le nouveau report des législatives

Nouveau rendez-vous manqué pour la démocratie palestinienne. Mahmoud Abbas a décrété samedi 10 octobre le report de près d’un an des législatives prévues fin novembre, fixant désormais le scrutin au 11 septembre 2027, conjointement avec la présidentielle. Le président de l'Autorité palestinienne invoque les entraves israéliennes, mais dans les territoires comme en ligne, ce énième report alimente une vive désillusion.
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« On sait que les choses sont difficiles à cause de la guerre et de toutes les destructions, mais combien de temps encore les élections continueront d'être reportées ? », s'est indigné Abou Amin, un Palestinien déplacé à Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza. Pour les Palestiniens, c’est un amer sentiment de déjà-vu. Dix-huit ans après le dernier vote et après l'annulation de 2021, les urnes s'éloignent à nouveau.
Officiellement, Ramallah pointe les restrictions sécuritaires imposées par Israël, à Jérusalem-Est comme à Gaza, explique notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Mais sur les réseaux sociaux palestiniens, les réactions oscillent entre résignation et sarcasme : beaucoup dénoncent un prétexte pour maintenir un statu quo usé. À 90 ans passés, Mahmoud Abbas, dont le mandat a expiré en 2009, continue de diriger par décret un Fatah très contesté.
« Crime contre la démocratie »
Même si le Hamas et le Jihad islamique ont validé ce report lors de pourparlers au Caire, l’onde de choc est réelle. Ce renvoi affaiblit encore la légitimité d’un leadership incapable de renouveler ses institutions, et complique la tâche des partenaires internationaux, France en tête, qui conditionnaient leur appui diplomatique à un retour rapide aux urnes.
Mohammed Dahlan, responsable d'une formation dissidente issue du Fatah, a qualifié ce report de « crime contre la démocratie ». Mahmoud « Abbas et le cercle de bénéficiaires intéressés qui l'entourent ont transformé les institutions de l'Autorité palestinienne en fief privé », a accusé dans un communiqué ce natif de Gaza, qui réside aux Émirats arabes unis.
« La seule chose qui pourrait expliquer ce report, c'est votre peur des élections. Vous avez peur d'organiser des élections. Vous ne voulez pas que le peuple ait son mot à dire », a déclaré Esmat Mansour, journaliste et ancien responsable du Front démocratique de la libération de la Palestine (FDLP), une formation marxiste, dans une vidéo adressée aux autres factions palestiniennes et publiée sur Facebook.
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