À l’ULB, des étudiants sanctionnés pour avoir utilisé l’intelligence artificielle pendant un examen

Les IA, ils l’utilisent tous les jours, ces étudiants croisés à la sortie d’un auditoire de l’ULB. "Je lui demande de faire des résumés, des trucs du style, pour m’aider à étudier durant le blocus", explique Jessica, une étudiante en droit. "Il me réexplique la matière, comme ça, j’apprends d’une autre manière", se justifie un autre étudiant en économie.
Quand l’IA devient un outil de triche
Même si ces étudiants interrogés sont "réglo", une infime partie d’entre eux utilisent l’IA pour tricher pendant les examens. "Lunettes connectées, dispositifs électroniques cachés ou, plus simplement, téléphone dissimulé", détaille Valérie Piette, vice-rectrice à l’ULB. Les autorités académiques ne sont pas autorisées à fouiller les étudiants.
Selon Sudinfo, dans le cas de la poignée d’étudiants accusés de triche à Solvay, le corps professoral a estimé, pendant la correction, que certaines réponses étaient difficiles à expliquer sans l’aide d’un outil extérieur. Face à un énoncé complexe nécessitant plusieurs étapes de calcul, les étudiants étaient directement parvenus au résultat, sans inscrire les étapes du raisonnement sur leur copie.
Pour les enseignants, il était difficilement imaginable qu’ils aient pu retenir suffisamment d’informations de tête pour parvenir directement à ces résultats.
Ils ont donc été sanctionnés. Parce qu’ils avaient récidivé, deux d’entre eux ont eu leur session entière annulée.
À l’ULB, le règlement évolue
"Notre règlement général des études a déjà été revu deux fois pour la question des mémoires et des travaux de fin d’études et va être revu normalement très prochainement encore pour permettre quelquefois à l’enseignant, s’il y a une vraie suspicion, de pouvoir revoir l’étudiant, non pas pour refaire un autre examen, ça, c’est interdit, mais pour pouvoir questionner sur une réponse spécifique", explique Valérie Piette, la vice-rectrice, elle est chargée d’encadrer l’IA à l’ULB.
Les étudiants mettent en garde contre les soupçons
Du côté des représentants des étudiants, on ne veut pas qu’une suspicion de triche s’installe de façon systématique quand une bonne réponse est formulée.
"On a déjà fait les tests de notre côté. Avoir un texte totalement écrit par Copilot ou par une autre IA, le mettre dans un vérificateur d’IA et le texte a été détecté comme 100% humain. Comment on peut vraiment certifier à 100% qu’un étudiant n’a pas fait ça de lui-même et que c’est l’IA qui l’a fait à sa place ?", argumente Lenaïk Dumont, la présidente de la Fédération des étudiants francophones (FEF).
Copion traditionnel ou intelligence artificielle, en cas de triche, les sanctions à l’université vont du "zéro" à l’examen, en passant par l’annulation d’une session entière, jusqu’au renvoi pour plusieurs années en cas de récidive.
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