The Daily Newsstand · Free, Always
Thursday, October 1, 2026

Blocus, manifestations, violences, interpellations… : ce mouvement de contestation lycéen qui secoue la France et gagne la Belgique !

Translate

Le phénomène prend de l’ampleur. Depuis environ une semaine, des lycéens français se mobilisent pour dénoncer leurs conditions d’apprentissage et réclamer davantage de moyens dans les établissements. Ce jeudi, des facultés rejoignent à leur tour la contestation : selon l’Union étudiante, une trentaine de campus sont bloqués à travers la France.

Le mouvement gagne également la Belgique. Plusieurs écoles de Liège et de sa région sont bloquées ce jeudi matin par des centaines d’élèves.

En France, la mobilisation avait débuté dans plusieurs lycées de la banlieue parisienne. Elle concernait 356 établissements mercredi, selon le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez, contre 338 la veille. Ce jeudi matin, des lycées étaient encore bloqués notamment à Paris, Marseille, Strasbourg et Rennes. Dans le Rhône, 27 établissements, dont cinq collèges, étaient concernés par des mobilisations vers 8h30, selon la préfecture.

Pourquoi ?

Derrière les blocages, les revendications portent principalement sur les conditions d’enseignement. Les lycéens français demandent notamment le remplacement des professeurs absents, davantage de moyens, la rénovation des établissements et des conditions d’apprentissage qu’ils jugent « décentes ».

Les témoignages recueillis sur place illustrent également cette contestation. Une lycéenne explique notamment que les journées de 8h à 18h sont « lourdes à porter » et dénonce le fait que certains professeurs ne soient pas remplacés. Un autre lycéen de 17 ans dit espérer que « l’Etat puisse nous écouter et nous comprendre ».

Désormais, les étudiants rejoignent également la mobilisation. Selon l’Union étudiante, une trentaine de campus sont bloqués ce jeudi matin, notamment à Paris, Strasbourg, Marseille, Lyon 2, Reims, Poitiers et Nanterre. Les accès sont empêchés, mais les universités peuvent organiser les cours à distance, selon le syndicat étudiant.

Le mouvement s’est rapidement structuré. L’Union syndicale lycéenne avait appelé à un « acte deux » ce jeudi, tandis que plusieurs organisations étudiantes, dont la Fage, l’Union étudiante et l’Unef, soutiennent la mobilisation et appellent à des manifestations et des blocages. Une nouvelle journée d’action est notamment annoncée le 6 octobre.

Tensions

Si les revendications concernent l’enseignement, la mobilisation française a aussi été marquée par des débordements. Des feux de poubelles, tirs de mortiers, barricades et dégradations ont été signalés dans plusieurs villes.

Ce jeudi matin encore, la situation était tendue devant certains établissements. À Strasbourg, des centaines de lycéens ont notamment bloqué la circulation des voitures et du tramway devant leur établissement. De grosses bennes à ordures ont également été placées sur la chaussée et incendiées.

À Nantes, le hall du lycée Nelson Mandela a également été détruit par un incendie jeudi matin lors du blocage de l’établissement. Selon la proviseure adjointe, il s’agissait d’un « incendie volontaire » dont l’origine n’a pas été précisée.

La question des interventions policières est également au cœur des tensions. Trois enquêtes ont été confiées à l’IGPN après des blessures de lycéens lors de blocages à Sevran, Saint-Ouen-L’Aumône et Tours. À Tours, un jeune homme blessé à la tête a été hospitalisé, ses lésions étant jugées « compatibles » avec un tir de LBD selon la procureure de la République.

Pour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes ont été blessés. Depuis le début des blocus, 119 élèves et membres du personnel ont également été blessés.

Face à cette situation, le ministre français de l’Education nationale Edouard Geffray a annoncé l’ouverture d’une « plateforme de concertation » à laquelle « tous les lycéens pourront contribuer ». Ils pourront y déposer leurs revendications et leurs inquiétudes. Une « restitution nationale » doit ensuite permettre d’apporter des « réponses structurées ».

Aussi en Belgique

Ce jeudi matin, plusieurs établissements de Liège et de sa région sont à leur tour concernés par des blocages. Des centaines d’élèves participent à la mobilisation et empêchent l’accès à certaines écoles.

À Liège, l’Athénée de Fragnée, l’école Saint-Laurent, Saint-Sépulcre et l’Institut Marie-Thérèse, situé en Hors-Château, sont notamment concernés. La police de Liège est présente sur place.

La situation s’est tendue à certains endroits. La zone de police de Liège signale des jets de projectiles, notamment des pétards, des œufs, des pommes et des barrières, ainsi que des dégradations. Le secteur de Hors-Château a notamment dû être fermé à la circulation.

La mobilisation ne se limite pas à Liège. Des rassemblements sont également signalés à Visé, tandis que des appels avaient été lancés à Seraing, notamment à l’Air Pur et à Lucie Dejardin à Ougrée, ainsi qu’à l’athénée d’Esneux.

Réseaux sociaux

Comme en France, la mobilisation liégeoise s’est organisée rapidement via les réseaux sociaux. Plusieurs visuels appelaient les élèves à se rassembler dès ce jeudi matin et à bloquer leurs établissements.

Les revendications affichées concernent notamment la taille des classes, le manque de professeurs, l’écoute des élèves et des parents ainsi que l’accessibilité de l’enseignement. Les auteurs des appels dénoncent plus largement certaines décisions prises par le ministre de l’Éducation, estimant qu’elles pourraient mettre en danger « la qualité de notre enseignement, notre avenir et nos conditions d’études ».

Un des appels diffusés pour Liège résume le mode d’action choisi par les élèves : « On ne rentre pas dans l’établissement ».

Le mouvement observé en Belgique présente donc, ce jeudi, plusieurs points communs avec celui qui agite la France : des élèves se mobilisent autour de leurs conditions d’enseignement et utilisent le blocage de leurs établissements comme moyen de protestation. En France, la contestation s’étend désormais également à plusieurs campus universitaires. À Liège, plusieurs centaines de jeunes sont mobilisés et la police est présente sur le terrain.

Bouchez dénonce

La mobilisation liégeoise a également fait réagir Georges-Louis Bouchez. Le président du MR a dénoncé, sur les réseaux sociaux, ce qu’il considère comme une extension en Belgique de la contestation observée dans les lycées français.

« L’extrême gauche est en train de créer un chaos dans le pays et plus généralement en Europe », écrit-il, estimant que « le bordel dans les lycées français inspire manifestement ».

À l’Institut Marie-Thérèse à Liège.
À l’Institut Marie-Thérèse à Liège. - NB

Georges-Louis Bouchez affirme par ailleurs qu’il n’y aurait « aucune revendication réelle derrière tout cela », mais « une volonté de casse et une instrumentalisation de la jeunesse ». Il estime également que ces comportements « ne représentent pas l’immense majorité des élèves et des enseignants ».

Le président du MR appelle enfin les responsables politiques à « ne pas entrer dans cette logique » et à dénoncer, selon lui, « cette destruction progressive des fondements de notre société ».

View the original on Sudinfo →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.