« Le prix pourrait grimper à 9 euros le sac » : après les carburants, c’est au tour du pellet de flamber !


Journaliste à la rédaction Générale
Suivre Sudinfo sur GoogleLe pellet va-t-il connaître une nouvelle flambée des prix ? Les professionnels du secteur tirent en tout cas la sonnette d’alarme. Sur les réseaux sociaux, Ogbay Group évoque un manque de matière première et des stocks limités dans certaines usines. Un constat que partage Akim Marocchi, le fondateur de Brûle & Co, spécialisée dans la vente de combustibles dans le Hainaut. « Tous les témoins sont au rouge. Il n’y a pas un seul témoin positif », affirme-t-il.
Le professionnel assure que les augmentations seront « fulgurantes » cette année. Plusieurs facteurs se conjuguent, selon lui, pour fragiliser l’approvisionnement et faire grimper les coûts.
Des usines à l’arrêt et des incendies de forêts
Akim Marocchi cite d’abord la faillite d’une importante usine en Allemagne, qui approvisionnait une partie du marché européen. Une partie de la demande française et allemande se reporte désormais sur les producteurs belges. Problème : ces derniers doivent déjà répondre à une demande nationale en hausse, portée par le succès grandissant des poêles à pellets.
Les acheteurs sont donc plus nombreux à se disputer les mêmes volumes. « Le nombre de foyers équipés continue de progresser. On estime que près de 15.000 poêles à pellets supplémentaires sont installés chaque année, soit environ 35.000 tonnes de demande additionnelle », indique-t-il.
Autre difficulté : l’incendie d’une usine de pellets en Flandre, qui a entraîné l’arrêt de sa production pendant plusieurs mois. Le professionnel évoque également les incendies dans les Landes, qui ont détruit des forêts destinées à l’industrie du bois. Or, les pellets sont fabriqués à partir de sous-produits du bois, notamment de sciures. Lorsque cette matière première se raréfie, la production devient plus difficile et les prix augmentent.
Attention aux délais
À cela s’ajoute la hausse des coûts du carburant et du gaz, qui renchérit la fabrication et le transport. Les distributeurs doivent en effet payer pour faire venir les pellets dans leurs entrepôts, puis pour les livrer chez les clients.
« Tous les témoins sont au rouge. Il n’y a pas un seul témoin positif »
Les délais de livraison s’allongent également : il faut désormais compter six à huit semaines chez certains distributeurs pour recevoir sa commande. Et encore faut-il s’assurer que le prix est bien fixé au moment de la commande, et non au moment de la livraison.
Le record de 2022 ne sera pas battu
Pour comprendre l’évolution des prix, il faut revenir à la crise énergétique de 2022. Le sac de 15 kilos était passé de 4,20 € au début de 2022 à un record de 14,80 € en octobre, soit une hausse de 252 %. En février 2023, le prix moyen était déjà redescendu sous les 10 €, avec des sacs à 7,50 € qui n’étaient plus exceptionnels. La baisse s’est poursuivie en 2023 et au début de 2024, avec des prix qui variaient de 5 à 7 € selon la période de l’année et la demande.
Depuis, le marché s’est stabilisé. En août, le prix de la tonne (environ 67 sacs de 15 kilos) tournait autour de 400 €. Il s’élève à environ 450 € aujourd’hui. Pour Akim Marocchi, il pourrait toutefois frôler les 600 € en fin d’année. Cela correspondrait, par simple conversion, à un passage de 6,75 € à 9 € pour un sac de 15 kilos.
Acheter maintenant ?
Pour Akim Marocchi, les consommateurs doivent avant tout sécuriser leur approvisionnement. « Aujourd’hui, on ne négocie pas le prix, on négocie l’approvisionnement. Le consommateur doit faire pareil pour ne pas se retrouver sans pellets ou devoir patienter pour être livré », conseille-t-il.

Son conseil : ne pas attendre le dernier moment pour commander. Face à une éventuelle hausse, les consommateurs ont également intérêt à comparer les prix, les disponibilités et les délais de livraison avant de se décider.
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