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Saturday, October 24, 2026

Ce qu’il faut savoir sur le deuxième tour de la présidentielle au Brésil

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C’est une élection qui a des airs de déjà-vu pour les Brésiliens, appelés aux urnes dimanche pour élire leur prochain président. Le chef d’État sortant, Luiz Inácio Lula da Silva (Parti des travailleurs), et le sénateur d'extrême droite Flávio Bolsonaro (Parti libéral), fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, s'affrontent dans un second tour qui s’annonce serré.

Un électorat scindé en deux camps

Bolsonaro Jr avait défié les sondages lors du premier tour, le 4 octobre dernier, en devançant Lula avec 47 % des voix contre 45 %. Une avance insuffisante pour l’emporter, puisque la loi brésilienne exige une majorité absolue, soit 50 % des suffrages exprimés, pour être élu dès le premier tour.

À la veille du scrutin, l’issue du vote est toujours aussi incertaine. Le plus récent sondage de l’institut Datafolha place les deux candidats au coude à coude, avec 50 % des intentions de vote chacun, signe d'un Brésil profondément divisé.

Le noyau électoral de la famille Bolsonaro reste constitué de conservateurs, de certains groupes évangéliques et de militants d’extrême droite, mais Flávio Bolsonaro attire aussi des électeurs qui veulent surtout sanctionner le gouvernement [de Lula] , explique Wladimir Gramacho, professeur à la Faculté de communication de l’Université de Brasilia contacté par Radio-Canada.

Âgé de 80 ans, Lula se présente aux élections pour la septième fois depuis 1989, dans l’espoir de briguer un quatrième mandat. Il a été président de 2003 à 2011, et est revenu au pouvoir en 2023 après avoir défait Bolsonaro père.

En 2022, c’était le gouvernement de Jair Bolsonaro qui était usé. Lula se présentait comme un ancien président capable de remettre de l’ordre dans le pays.

Aujourd’hui, pour une partie de l’électorat, c’est plutôt Lula qui subit l’usure du pouvoir, note le professeur et chercheur en communication politique.

Portrait de Luiz Inacio Lula da Silva.

Luiz Inacio Lula da Silva se présente aux élections pour la septième fois depuis 1989. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / EVARISTO SA

Le pilier de la gauche brésilienne avait remporté en 2022 le second tour de l’élection présidentielle avec environ 51 % des voix, devançant Jair Bolsonaro par près de deux millions de voix (1,5 point de pourcentage). Ce dernier avait toutefois refusé de reconnaître la victoire de son adversaire, et une semaine après l’investiture de Lula, le 8 janvier 2023, ses partisans ont pris d'assaut le palais présidentiel, le Congrès et la Cour suprême.

Jair Bolsonaro a par la suite été condamné à 27 ans de prison pour une tentative de coup d’État. L’ancien président purge actuellement sa peine à domicile en raison de problèmes de santé. C’est dans ce contexte que Flávio Bolsonaro, 45 ans, a été désigné candidat par son père, interdit de se présenter à une élection.

Flavio Bolsonaro, souriant, se tient derrière Jair Bolsonaro.

Flavio Bolsonaro (à gauche) est l'aîné de trois frères, qui font tous carrière en politique aux côtés de leur père Jair Bolsonaro (à droite). (Photo d'archives)

Photo : Reuters / Ueslei Marcelino

Une polarisation qui accentue la division

Les réseaux sociaux sont devenus l’arène principale de cette campagne électorale, marquée par la désinformation en ligne et les attaques personnelles.

Les deux partis ont même fait appel à la justice pour tenter de se disqualifier mutuellement de la présidentielle. Lula accuse Meta de favoriser son adversaire par le biais de ses algorithmes, alors que Flávio Bolsonaro reproche au président sortant un abus de pouvoir lié à la diffusion massive de messages de campagne sur WhatsApp.

3:35

Les explications de Jean-Michel Leprince

À l’image de la campagne, les débats télévisés ont eux aussi laissé une plus grande place aux injures qu’aux propositions concrètes.

D’importantes fractures traversent la société brésilienne et se sont creusées au cours de la campagne, souligne M. Gramacho. Les individus ne sont pas seulement divisés par leurs opinions politiques, ils éprouvent aussi de l’hostilité envers ceux du camp opposé.

Programmes opposés et défi d'abstention

Flávio Bolsonaro a fait de la sécurité l’un des piliers de son programme et prône une collaboration avec les États-Unis pour lutter contre les gangs criminels. S’il est élu, le sénateur entend également obtenir une amnistie pour son père.

Face au clan Bolsonaro, Lula a quant à lui misé sur la continuité de ses programmes sociaux et s’est posé en rempart de la démocratie. Le candidat de gauche a aussi axé sa campagne électorale sur la défense de la souveraineté du Brésil contre les droits de douane américains et les pressions exercées par Donald Trump.

Le choix des électeurs s’annonce décisif pour l’avenir du pays, qui est l’un des derniers bastions de la gauche en Amérique du Sud après le virage à droite de l’Argentine, de l’Équateur, de la Bolivie, du Chili et de la Colombie.

L’issue du vote dépend désormais en grande partie de la mobilisation de l’électorat. Le premier tour des élections avait été marqué par un taux d’absentéisme record de 21 %, soit 33 millions d'électeurs inscrits qui ne se sont pas présentés aux urnes.

Pour M. Gramacho, Lula est le candidat qui aurait le plus à perdre d’un faible taux de participation au second tour.

Même si le vote est obligatoire pour une grande partie de la population, environ un électeur sur cinq ne se rend pas aux urnes. Les obstacles sont souvent plus importants pour les personnes à faible revenu et celles qui vivent loin de leur bureau de vote, explique le professeur.

Ces difficultés touchent une part importante de l’électorat du président sortant, estime le professeur.

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