Gestion de l’itinérance à Gatineau : un modèle à reproduire, selon la mairesse

Le Village Transitiôn est un modèle que d’autres villes peuvent reprendre pour lutter contre l’itinérance, estime la mairesse de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette, qui souhaite que les programmes d’aide soient mieux adaptés à ce type d’hébergement.
Interviewée à l'occasion de l’émission Les coulisses du pouvoir, la mairesse fait état d'une évolution positive et notable dans le quotidien des personnes logées dans le Village mis sur pied en 2024, qui compte une centaine de logements dans des conteneurs maritimes.
Quand ils arrivent ici, leurs traits s’éclaircissent, ils dorment la nuit, ils mangent à leur faim, ils se sentent en sécurité
, décrit-elle.
Ils peuvent s'imaginer sortir de la rue de manière plus permanente, puis ils peuvent s'imaginer un futur.
Des programmes à adapter
La mairesse rappelle que la Ville possède le terrain et qu'elle a été le premier palier de gouvernement
à financer le projet. Le provincial, le fédéral ont aidé par la suite
, précise-t-elle, qualifiant d’audacieux
le choix du conseil municipal d’investir en itinérance en 2024.
Même si elle estime que le dossier de l’itinérance dépasse les compétences municipales, Mme Marquis-Bissonnette note une implication par défaut
de la Ville, notamment des policiers et des pompiers.
La réalité, c’est qu’il faut s’en occuper. Elle est sur notre territoire cette itinérance-là, on n’a pas d’autres solutions
, dit-elle.

Le Village Transitiôn à Gatineau est un modèle pour lutter contre l'itinérance.
Photo : Radio-Canada / David Richard
Côté soutien financier, l’aide du gouvernement du Québec a pris la forme de suppléments au loyer attribués à chaque logement, explique la mairesse, qui déplore toutefois que les programmes existants n’aient pas permis de financer la construction de ce type d’hébergement.
Cela n’a pas été possible parce que les programmes n’existaient pas, donc ils doivent évoluer.
Quand il y a du logement social comme ici, il y a de l'aide à la pierre
, donc pour des projets de construction, fait-elle savoir. Là, c'est des conteneurs maritimes.
La mairesse invoque aussi les coûts pour défendre ce modèle unique en son genre : Une personne au Québec dans la rue, selon une étude de l'Union des municipalités du Québec, ça coûte au trésor québécois 95 000 $ par année. Ici, à Transitiôn Québec, une personne, ça coûte 22 000 $ par année.
Le coût de l'inaction en matière d'itinérance est beaucoup plus grand que le coût de l'action
, assure-t-elle.
L’épisode de l’émission Les coulisses du pouvoir présentant l’entrevue avec la mairesse de Gatineau est diffusé dimanche à 11 h HNE sur ICI TÉLÉ et sur ICI RDI (en rediffusion à 21 h 30 à ICI RDI). Il sera offert en rattrapage sur le site Internet de l’émission ainsi que sur ICI TOU.TV. (nouvelle fenêtre)
Travailler ensemble
Mme Marquis-Bissonnette appuie l’objectif du nouveau gouvernement québécois de réduire l'itinérance de 50 % sur quatre ans. C’est audacieux, mais je pense qu’on peut y arriver
, soutient-elle. Elle attend à cet effet du sommet sur l’itinérance à venir un plan de match commun
.

La mairesse de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette, de passage à l'émission les « Coulisses du pouvoir ».
Photo : Radio-Canada / David Richard
Faut tous avoir les mêmes objectifs, se dire comment est-ce qu'on travaille ensemble, quels outils on a besoin, quelle cible on doit viser, comment est-ce qu'on mesure aussi l'atteinte de nos résultats. On veut pas faire ça à l'aveuglette, c'est beaucoup d'argent public évidemment
, explique-t-elle.
Il n’y a pas assez d’argent, mais c’est pas juste une question d’argent. Faut aussi voir comment est-ce qu’on travaille ensemble.
Quant au gouvernement fédéral, son nouveau budget 2026 prévoit une enveloppe de 11,2 milliards de dollars pour lutter contre l’itinérance.
Il faut saluer l'ambition du gouvernement de M. Carney de mettre fin à l'itinérance d'ici 10 ans
, s’est félicitée la mairesse vendredi dernier.
Elle a ajouté qu'il va falloir voir comment est-ce que cet argent-là va atterrir dans les prochaines années ici à Gatineau, dans la région
.
Un toit et un soutien
Pour préparer la sortie du Village des personnes ayant trouvé un emploi et prêtes à partir, Transitiôn Québec travaille à des minimilieux
, c’est-à-dire des maisons avec des chambres et des intervenants communautaires
, détaille-t-elle.
Donc, on a un projet d'une dizaine de minimilieux comme ça à travers le territoire qui va nous aider
, ajoute-t-elle.
Les résidents capables de libérer leur logement pourraient alors poursuivre leur parcours et libérer des places au Village.
Ils doivent avoir un logement abordable avec du soutien communautaire en fonction de leurs besoins pour imaginer la suite
, insiste la mairesse.
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