L'humoriste turc Deniz Göktas devant ses juges pour avoir qualifié le président Erdogan de "dictateur"

Il est notamment reproché au trentenaire d'avoir utilisé le terme de "dictateur". Mais "il n'y a aucun élément criminel dans cette blague sur les dictateurs", s'est-il défendu. "Dictateur n'est pas une insulte, c'est une qualification politique".
"L'inculpation repose sur l'idée de protéger nos fondements moraux et nos valeurs. Mais l'humour aussi est une composante séculaire de la culture de cette région", a déclaré le comédien à ses juges. "Il ne devrait y avoir aucune place pour la censure, les interdictions ou la détention pour des artistes qui montent sur scène".
Souriant, combatif, tribun, il a arraché des éclats de rire à la salle en présentant sa défense. Tout en maintenant mordicus son positionnement. "Les lois protégeant la liberté d'expression n'ont pas changé (...). Mais aujourd'hui, un humoriste est assis dans une cellule", a-t-il relevé. "Ce qui a changé, c'est un pouvoir de plus en plus fragile, qui ne supporte plus la plaisanterie".
L'acte d'accusation ne précise pas la peine encourue, mais les médias turcs estiment qu'il risque dix ans de prison, voire davantage.
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