La Russie poursuit ses frappes contre les installations énergétiques ukrainiennes

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré lundi que la Russie continuait de frapper les installations énergétiques de son pays. Dimanche, le président américain Donald Trump avait annoncé que les deux pays en guerre s’étaient mis d’accord sur un cessez-le-feu énergétique dans ce conflit qui dure depuis quatre ans et demi.
S'exprimant lors du Forum de Varsovie sur la sécurité, en Pologne, M. Zelensky a affirmé que l'Ukraine avait appris par les médias que Donald Trump avait conclu avec la Russie un accord de cessez-le-feu énergétique prévoyant une suspension mutuelle des frappes sur les sites énergétiques. Le président Zelensky a ajouté qu'il serait disposé à respecter un tel accord, si Moscou en faisait de même.
Nous y sommes favorables, mais je n’ai pas entendu la partie russe approuver cette proposition
, a rapporté M. Zelensky.
Le bref message publié dimanche par Donald Trump sur les réseaux sociaux, dans lequel il affirmait l’existence de cet accord présumé, ne fournissait que peu de détails. Il y indiquait toutefois que le cessez-le-feu énergétique prenait effet immédiatement, ajoutant : Ne le rompez pas!
Lundi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, n’a pas précisé si la Russie avait accepté un tel cessez-le-feu, se contentant de déclarer que les contacts se poursuivent
.

Des pompiers interviennent dans un immeuble résidentiel endommagé lors d'une frappe de drone russe à Kharkiv, le 12 octobre 2026.
Photo : Getty Images / SERGEY BOBOK
M. Zelensky a affirmé que l’Ukraine avait été terriblement surprise
lorsque, à la suite de l’annonce de M. Trump, la Russie a frappé de nombreuses installations énergétiques, notamment une centrale électrique dans la ville de Kharkiv, au nord-est du pays, ainsi qu’une installation de production de gaz et une station-service civile.
Il était clair que [le président russe Vladimir] Poutine ne lit pas Truth Social
, a dit M. Zelensky, en référence à la plateforme de réseaux sociaux de M. Trump.
Le président Trump avait déjà annoncé un accord similaire sur la cessation des frappes contre les infrastructures énergétiques, qui n’avait toutefois pas abouti. Dans un message publié sur les réseaux sociaux le 14 septembre, il avait déclaré que les deux pays avaient convenu de ne pas frapper
leurs infrastructures énergétiques respectives, sans toutefois fournir de détails sur cette proposition.
Préoccupations à l'approche de l'hiver
La Russie a recouru à des attaques contre des installations énergétiques afin de priver les civils ukrainiens d’électricité, de chauffage et d’eau courante pendant la guerre, dans l’espoir d’affaiblir la résistance de la population face à l’invasion à grande échelle menée par Moscou.
Les responsables ukrainiens qualifient cette stratégie de transformation de l’hiver en arme
et craignent que la Russie n’intensifie ces attaques à l’approche du froid.
L’Ukraine, quant à elle, a lancé des frappes contre des sites énergétiques russes, tels que des raffineries de pétrole, parfois situés loin à l’intérieur du territoire russe.
Cela a poussé Donald Trump à imputer à Volodymyr Zelensky la responsabilité des prix record du diesel aux États-Unis – plutôt qu’à la guerre menée par les États-Unis en Iran – et à conclure vendredi un accord avec Vladimir Poutine pour importer du diesel de Russie, dans le but de faire baisser les prix du carburant avant les élections de mi-mandat américaines.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / BRENDAN SMIALOWSKI / AFP
Lundi, M. Zelensky a dit que Kiev était prête à se conformer aux demandes de M. Trump de cesser de frapper les raffineries russes si Moscou mettait fin à ses attaques contre le réseau énergétique ukrainien, et a demandé à M. Trump de faire pression sur le Kremlin pour qu’il accepte. Il a ajouté que si Moscou n’acceptait pas un cessez-le-feu énergétique cet hiver, nous réagirons
.
Nous attendons les détails de la conversation entre les Américains et les Russes, et nous attendons de voir quelles mesures concrètes les Américains sont prêts à prendre.
Ce cessez-le-feu énergétique peut fonctionner, et il peut constituer une avancée majeure vers la fin de la guerre
, a-t-il ajouté.
La cheffe de la diplomatie européenne sceptique

La responsable de la politique étrangère de l'Union européenne, Kaja Kallas (Photo d'archives)
Photo : Associated Press / Bilal Hussein
La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères a salué lundi la perspective d’une trêve énergétique en Ukraine, mais a déclaré ne voir aucun signe indiquant que la Russie serait disposée à la respecter.
Nous n’avons pas encore vu que la Russie s’y tiendrait également
, a affirmé la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Luxembourg.
Personnellement, je souhaiterais également que ce cessez-le-feu inclue l’arrêt des pertes humaines, et pas seulement dans le domaine énergétique.
L’accord conclu entre Donald Trump et Vladimir Poutine pour l’achat de diesel russe a consterné les responsables aux États-Unis, en Ukraine et dans toute l’Europe. Un groupe bipartite de six sénateurs, dont quatre républicains, a appelé dimanche l’administration Trump à faire immédiatement marche arrière
sur cet accord, affirmant que les États-Unis ne devaient pas offrir à Poutine une bouée de sauvetage financière
alors que la Russie tue des civils ukrainiens.
Mme Kallas a également réfuté les propos tenus samedi par le président Trump, selon lesquels il était temps que l’Ukraine se dote d’un nouveau président et que M. Zelensky n’avait pas fait assez pour mettre fin à la guerre. Elle a soutenu que ce n’était pas le moment d’organiser des élections en Ukraine, du moins pas sans un cessez-le-feu.
Un cessez-le-feu de 60 jours pour organiser des élections
Lundi, M. Zelensky a dit qu’il était impossible d’organiser des élections en Ukraine en temps de guerre, en particulier compte tenu des nouvelles tactiques russes consistant à mener des attaques de jour comme de nuit. Il a toutefois ajouté qu’il serait prêt à œuvrer en ce sens si l’Ukraine obtenait un cessez-le-feu total d’une durée d’au moins 60 jours.
En réponse, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré dans un communiqué qu’en cas d’élections en Ukraine, Vladimir Poutine serait prêt à suspendre les frappes sur l’Ukraine spécifiquement le jour du scrutin
, et que Kiev ne souhaitait un cessez-le-feu de 60 jours que pour rassembler ses forces, panser ses blessures et poursuivre la guerre
.
Par ailleurs, deux personnes ont été blessées lundi lors de frappes russes menées en journée sur Kiev, selon l’administration militaire de la ville, tandis que des débris tombés à la suite des attaques russes ont provoqué un incendie dans un immeuble résidentiel privé du quartier de Darnitsa, dans la capitale.
Des débris sont également tombés dans un espace ouvert à proximité d’immeubles résidentiels privés du quartier de Solomyanka, ainsi que sur un entrepôt du quartier de Darnitsa.
Une attaque russe par drone contre le village de Pisochyn, dans le district de Kharkiv, dimanche soir, a aussi fait trois morts et neuf blessés, dont des enfants, selon le bureau du procureur régional de Kharkiv.
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