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Saturday, September 26, 2026

Possible ingérence : tirs groupés contre le leadership de Christine Fréchette

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« Pétard mouillé », « mauvais théâtre », « manque de transparence », « pas du tout en contrôle » : la cheffe de la CAQ, Christine Fréchette, s’est retrouvée sous le feu des critiques de ses adversaires samedi, au lendemain d’allégations d’ingérence américaine dans la campagne électorale.

Les quatre autres chefs de parti ont éreinté l'un à la suite de l'autre, au fil de la journée, le leadership de Christine Fréchette et la confusion de son message dans cette affaire.

Vendredi, la cheffe caquiste se disait très préoccupée par des révélations concernant un groupe de réflexion américain nommé Defense Analysis and Research Corporation (DARC).

Dans un texte sur son site Internet daté de février 2026, cet organisme appelle le gouvernement américain à soutenir financièrement le Parti québécois (PQ) et à favoriser le mouvement souverainiste, afin d’affaiblir le Canada.

Plus tard dans la journée de vendredi, Mme Fréchette a minimisé les menaces, en affirmant qu’aucun élément ne permettait de conclure, pour l’instant, à une menace pour l’intégrité de la campagne.

La cheffe de la CAQ a réaffirmé cette position samedi matin, en rappelant que le ministère de la Sécurité intérieure et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) étaient en train d’analyser la situation.

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Malgré cela, la cheffe caquiste a avancé samedi matin qu'il semblait y avoir des tentatives du côté d'intérêts américains pour déstabiliser le Canada et le Québec.

Je pense qu'il faut être conscient de ça. Et s'il n'y a pas encore d'ingérence avérée, [...] n'en demeure pas moins qu'il est important de rappeler que le Parti québécois veut un référendum dès le premier mandat. Et si ça ça se mettait en place, je pense que ça pourrait [...] servir les intérêts américains qui cherchent quelque part des failles pour essayer de nous fragiliser, a-t-elle soutenu.

La cheffe de la CAQ a aussi mentionné durant son point de presse avoir été mise au courant de l'existence du texte du DARC « il y a quelques jours ».

Du mauvais théâtre, selon PSPP

En point de presse samedi, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a fustigé Christine Fréchette pour sa gestion du dossier.

Ça fait quand même quelques années que je suis la politique québécoise, et je n’ai jamais vu du mauvais théâtre à ce niveau-là.

C'est typique des fins de campagne d'un parti qui devient désespéré.

Comme vendredi, PSPP a émis à nouveau l'hypothèse que la CAQ aurait elle-même coulé les allégations d'ingérence aux journalistes afin de nuire au PQ, à deux jours du début du vote par anticipation.

Le chef péquiste en point de presse.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Pour sa part, le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, n’a pas non plus mâché ses mots samedi envers la cheffe de la CAQ, qu’il a trouvée pas du tout en contrôle et déstabilisée.

En trois points de presse de Mme Fréchette, vendredi, on n'est toujours pas plus avancé sur quelle est la situation exacte, a jugé samedi Charles Milliard.

Le chef libéral s'est également demandé pourquoi la cheffe caquiste n'a pas informé les autres partis d'une possible ingérence lors de deux rencontres virtuelles entre chefs depuis le début de la campagne.

Un pétard mouillé, selon Duhaime

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) s’est montré lui aussi très critique envers Christine Fréchette dans ce dossier, qu’il décrit comme un pétard mouillé.

[Vendredi] matin, ça avait l'air bien grave. Et [vendredi soir] soir, ça avait l'air que ce n'était pas bien grave, a résumé Éric Duhaime. Ça ressemble à la campagne de la CAQ : on se demande ce qui se passe.

Selon le chef conservateur, il s’agit d’un nouvel exemple de la campagne de peur que mène le parti de Christine Fréchette.

Ils ont commencé avec Trump, ça n'a pas marché. Ils ont essayé avec nous autres, avec la tronçonneuse, ça n’a pas marché. Là, ils essaient avec l'ingérence, et j'ai l'impression qu'ils vont connaître autant de succès que leurs deux autres campagnes de peur.

Le monde commence à avoir peur de voter pour Mme Fréchette à la voir aller.

Un manque de transparence, selon Ghazal

Selon la co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, cette situation est un autre exemple où la cheffe de la CAQ poursuit la tradition de son parti de ne pas toujours faire preuve de transparence sur beaucoup d’enjeux.

C’est important que tous les chefs de parti parlent d’une seule voix pour rappeler que ce ne sont pas tous les États-Unis ou tout autre pays étranger qui vont décider de l’issue de la campagne électorale, le 5 octobre, et que le Canada est un allié là-dessus, a-t-elle indiqué.

Les Québécoises et les Québécois ont besoin d'être rassurés, a ajouté Mme Ghazal.

Est-ce de l’ingérence?

Pour Michelle Tessier, professionnelle en résidence à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales et ancienne sous-directrice des opérations au SCRS, difficile de dire si cet épisode constitue une ingérence étrangère en tant que telle.

Pour qu’un effort soit considéré comme tel par le SCRS, il doit impliquer un État étranger, être clandestin, inclure des menaces et nuire à l’intérêt du Canada.

Si ce n’est pas clandestin, ce n’est pas nécessairement vu comme de l’ingérence étrangère par le SCRS. Ceci dit, ça peut créer tout de même des préoccupations pour la diplomatie.

Lors des élections, le SCRS veille à ce que l'intégrité du processus reste stable, assure-t-elle.

Des États étrangers qui tentent de s’ingérer dans des élections utilisent parfois ce qu’on appelle des agents d’influence pour demeurer clandestins. Est-ce que c'est le cas ici? Je ne pourrais pas le dire.

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