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Wednesday, October 21, 2026

Nouveau rapport | Encore plus de canicules, de sécheresses et d’incendies, prévient l’ONU

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Le monde doit se préparer à plus de canicules, de sécheresses et d’incendies, après avoir échoué à limiter le réchauffement climatique à une hausse de 1,5 ºC, préviennent les Nations unies dans un nouveau rapport, publié mercredi. Nouvel objectif : plafonner le dépassement entre 1,7 et 1,8 ºC et se préparer aux conséquences. Aperçu.

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Quelques dixièmes qui changent tout

Limiter le réchauffement climatique à 1,5 ºC sans ou avec un faible dépassement temporaire n’est plus possible, « après des années d’action climatique insuffisante », reconnaît le rapport sur l’écart entre les objectifs et les projections en matière d’émissions de gaz à effet de serre (GES) du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Le mieux que le monde peut maintenant espérer est de limiter le dépassement entre 1,7 et 1,8 ºC, avant de revenir à une hausse de 1,5 ºC d’ici la fin du siècle. Ce dépassement de 0,2 à 0,3 ºC n’est pas anodin, a prévenu la directrice générale du PNUE, Inger Andersen. « Chaque fraction de degré compte et chaque année supplémentaire avec un réchauffement supérieur à 1,5 ºC augmentera les conséquences climatiques, comme les inondations mortelles, les canicules et les incendies de forêt qui ont ravagé de nombreux pays, cette année », a-t-elle déclaré lors d’une séance d’information à l’intention des médias.

Lisez notre dossier « Changements climatiques : bienvenue dans le futur »

Un plateau ? Un plafond ?

Les émissions mondiales de GES ont atteint 58,4 gigatonnes (Gt) en 2025, selon les estimations préliminaires, ce qui serait une baisse de 0,1 Gt par rapport à 2024. Mais le diable est dans les détails : ce résultat est surtout attribuable à la baisse des incendies de forêt, tandis que les émissions provenant de la combustion des énergies fossiles, elles, ont continué d’augmenter. Il est donc beaucoup trop tôt pour parler d’un plafond des émissions, et même d’un plateau, prévient le rapport. D’autant plus que 124 pays ont augmenté leurs émissions en 2025, ajoutant 7,2 Gt de GES dans l’air, soit environ les émissions totales des États-Unis cette année-là, alors que 63 pays ont réduit les leurs, retirant 1,8 Gt de GES de l’atmosphère.

Le poids des États-Unis

Les États-Unis ont augmenté leurs émissions de GES 132,5 mégatonnes (Mt) en 2025, significativement plus que tout autre pays dans le monde. La Chine, par exemple, a augmenté les siennes de 17,2 Mt. Washington a d’ailleurs abandonné tous ses engagements climatiques en se retirant de l’Accord de Paris sur le climat, ce qui se traduira par une augmentation de la température mondiale de 0,1 ºC d’ici la fin du siècle. Ainsi, si les politiques actuelles se poursuivent sans être bonifiées, le réchauffement climatique sera de 2,6 °C d’ici 2100, plutôt que de 2,5 °C, comme estimé l’an dernier. Mais les conséquences du changement climatique n’épargneront aucun pays et continueront de se faire sentir aux États-Unis aussi, a rappelé Inger Andersen, encourageant tous les États du monde à investir dans l’adaptation climatique. « Les économies résilientes offriront une meilleure sécurité à leur population », a-t-elle déclaré.

Baisses majeures nécessaires

Limiter le dépassement entre 1,7 et 1,8 °C nécessite de réduire les émissions mondiales de GES de 18 % d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 2025 et de 45 % d’ici 2035, calcule le PNUE. Or, les engagements actuels des pays se traduiront, s’ils se concrétisent, par une baisse largement insuffisante de 5 à 8 % d’ici 2030 et de 11 à 15 % d’ici 2035. « Les nations doivent comprendre que le point de retour commence maintenant, pas plus tard, a déclaré Mme Andersen. Cela signifie des réductions rapides, majeures et durables des émissions de GES. » Les pays du monde devront profiter de la 31e conférence des Nations unies sur le climat, qui se tiendra en novembre en Turquie, pour augmenter la cadence, a-t-elle exhorté, appelant à un plus grand leadership des pays du Groupe des 20 (G20), dont fait partie le Canada.

Bonne nouvelle : c’est possible

Si le défi est de taille, la bonne nouvelle est que les moyens de le relever existent, soulignent les Nations unies. Des progrès importants ont été réalisés depuis la conclusion de l’Accord de Paris, en 2015 : le déploiement de centrales électriques solaires a été sept fois plus important que prévu, celui de l’éolien deux fois et demie plus grand que prévu et la part du solaire et de l’éolien dans la production d’électricité a augmenté quatre fois plus que prévu. Poursuivre dans cette voie, en triplant la production d’énergies renouvelables d’ici 2030, permettrait de garder le dépassement climatique dans la fourchette de 1,7 à 1,8 °C, estime le PNUE. Il suffit d’y mettre la volonté politique nécessaire, plaide Inger Andersen. En revanche, l’utilisation des énergies fossiles continue de progresser, mais cette progression est plus lente qu’anticipé en 2015.

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