« Ça fend le cœur » : les chefs réagissent au bébé trouvé dans un campement

Les chefs de trois des principaux partis se sont émus, jeudi, qu'un enfant d'un peu plus d'an ait été retrouvé par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dans une tente du campement installé par des personnes en situation d'itinérance, le long de la rue Notre-Dame.
Ça fend le cœur
, a d'abord commenté la première ministre sortante et cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, ce midi, lorsque questionnée sur le sujet en point de presse. Je suis une maman, d'abord et avant tout. Je ne peux pas croire
, a-t-elle poursuivi, visiblement émue.
L'enfant, dont la santé et la sécurité n'étaient pas compromises, a été confié à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). La mère a quant à elle été prise en charge par les services sociaux.
Il faut éviter que ça se reproduise à tout prix
, a soutenu Mme Fréchette, plaidant pour que ce dossier
soit traité par l'ensemble des partenaires
, dont les municipalités, le gouvernement du Québec, le fédéral, le secteur privé et les organismes communautaires.

La cheffe de la Coalition Avenir Québec, Christine Fréchette, répond aux questions des journalistes.
Photo : Radio-Canada / Dany Pilote
On a tous un rôle à jouer. On travaille à l'élaboration d'un plan national de lutte contre l'itinérance
, a rappelé Mme Fréchette, qui a aussi plaidé en faveur d'un dénombrement des personnes en situation d'itinérance chaque année plutôt qu'aux trois ou quatre ans. La première ministre assure aussi avoir communiqué avec la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada.
Or, cette dernière dénonce l'inaction de Québec concernant le campement Notre-Dame, la friche appartenant au ministère des Transports et de la Mobilité durable. Elle assure être en train d'explorer tous les moyens possibles, même légaux, pour se donner les moyens d'agir. Moi, je ne peux plus attendre.
Mme Ferrada Martinez a aussi déploré que ni Mme Fréchette ni M. St-Pierre Plamondon ne soient venus la rencontrer, elle qui porte presque 50 % de l'enjeu de l'itinérance au Québec sur ses épaules
.
C'est gênant
, lâche PSPP
Indigné par la situation, le chef du Parti québécois (PQ) – qui a dit, pendant le premier débat, faire de l'itinérance une affaire personnelle – a tout de même tenté de se faire porteur d'espoir.
C'est gênant pour notre société. On est une société riche. À nouveau, on ne devrait pas accepter ça
, a dénoncé Paul St-Pierre Plamondon, avant d'ajouter, du même souffle : Des solutions, il y en a.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a promis lors des débats qu'il serait personnellement responsable de ce dossier dans un éventuel gouvernement du PQ.
Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin
Nous, on veut réduire l'itinérance de 50 % et ça ne se fait pas par magie, ça se fait par le concept de l'habitation en premier
, a expliqué le chef, déplorant qu'une situation aussi triste sur le plan humain
puisse se produire au Québec.
Il y a des exemples de sociétés qui sont parties exactement de la situation qu'on vit en ce moment et qui ont vraiment changé la direction en quelques années
, a-t-il aussi affirmé, citant la Finlande et la ville de Houston, aux États-Unis.
Le concept, c'est qu'une fois qu'il y a un espace, on peut avoir des accompagnateurs et des spécialistes pour encadrer, aider. C'est pour ça que, mon premier réflexe, c'est le filet social. Est-ce qu'on peut renforcer le filet social d'intervention?
Tous les élus ont une responsabilité
, dit Milliard
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard a pour sa part soutenu que les élus de tous les paliers de gouvernement avaient leur part de responsabilité dans la crise de l'itinérance.
Je pense que tous les élus qui ont un pouvoir devraient intervenir dans cette situation
, a-t-il soutenu en point de presse à Lac-Mégantic, déplorant des manquements graves
et des vies humaines qui sont perdues
.
M. Milliard a refusé de se prononcer ou non en faveur des démantèlements, affirmant qu'il faut plutôt agir sur les causes à l'origine de la crise. Il a ainsi vanté son plan sur l'itinérance comme étant le plus ambitieux
.
Ça prend davantage d'intervenants pivots, davantage de logements sociaux et abordables, multiplier les investissements dans des programmes comme PRISM.
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