L’affaire Gabriel Pallotta « rend les gens cyniques », selon Christine Labrie

La députée sortante de Québec solidaire (QS) Christine Labrie juge « malheureux » l’incident entourant le candidat péquiste dans Sherbrooke, Gabriel Pallotta. Cet événement renforce, selon elle, le préjugé selon lequel « les politiciens sont malhonnêtes ».
Dans un débat local, le 22 septembre dernier, Gabriel Pallotta a critiqué le discours de son propre parti sur l’immigration, affirmant ne pas être le seul candidat à avoir cette opinion. Plus d'une trentaine de candidats péquistes partageraient son point de vue, selon ce qu'il a avancé durant le débat.
Dès le lendemain, il s’est excusé d’avoir « inventé » cette histoire, invoquant son inexpérience politique. Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, l'a défendu.
Il y a juste lui, en son âme et conscience, qui sait à quel moment il a menti cette semaine, mais, en tout cas, c'est arrivé au moins une fois.
La volte-face du candidat péquiste met en lumière la perception selon laquelle un député travaille davantage pour son parti que pour ses citoyens, croit Mme Labrie.
Ça vient un peu valider ça, soutient-elle. Les gens déplorent souvent que beaucoup d’élus deviennent des porte-paroles de leur parti dans leur région plutôt que des porte-paroles de leur région à l’intérieur de leur parti à l'Assemblée nationale.
Une lutte serrée
Christine Labrie cède sa place au sein de QS à la candidate Stéphanie Vachon, représentante des centres de la petite enfance auprès de la Fédération de la santé et des services sociaux. La députée sortante décrit la candidate comme une femme à l’écoute, dynamique et énergique
. C’est le genre de personne que je veux voir en politique
, conclut-elle.

La députée sortante Christine Labrie et la candidate de Québec solidaire dans Sherbrooke, Stéphanie Vachon
Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau
La lutte sera relevée dans la circonscription de Sherbrooke, où le PQ et QS sont au coude-à-coude, selon l’agrégateur de sondages Qc125.
Au marché public de la ville, des citoyens curieux ont observé l’autocar orange de Québec solidaire se stationner tout près. Assis sur un banc, Jean-Pierre mise déjà sur la formation solidaire. Ce qu’il qualifie de bourde de la part du candidat péquiste ne fait que le renforcer dans son choix. Ça manque de sérieux
, croit l’homme qui considère que Gabriel Pallotta a dit des conneries
.
Julie, une citoyenne aux cheveux blonds, abonde dans le même sens que Christine Labrie. Le revirement de M. Pallotta renforce-t-il le cynisme? Complètement
, dit-elle. Les électeurs veulent que leurs candidats, lorsqu'ils prennent la parole, ne répètent pas une cassette
, mais disent ce qu'ils pensent vraiment, insiste-t-elle.
Plus loin, deux hommes discutent sur un banc au soleil. Tous deux sont encore indécis quant à leur choix de candidat.
L’un d’eux, Claude, rappelle que la période d’inscription des candidatures est terminée. Le PQ n’a pas d’autre choix que de garder M. Pallotta, dit-il. En face de lui, Mario fait preuve de plus d’empathie envers le candidat péquiste, qui en est à sa première campagne électorale : C'est une personne humaine comme tout le monde et il s'est rétracté, tout simplement.

Deux électeurs de Sherbrooke, Claude et Mario
Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau
Peu d'incidence sur le vote
Selon les études sur les campagnes électorales locales, il y a peu de risques que cet incident influence le vote des électeurs, indique la professeure adjointe à l'École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke Joanie Bouchard.
Les électeurs accordent peu d’importance au candidat local
, explique la professeure.
Elle reconnaît néanmoins qu’il n'est pas très fréquent
de voir des candidats déroger à la ligne de parti en pleine campagne électorale.
Toutefois, bien que cet évènement ait eu une portée nationale, Joanie Bouchard croit qu'il laissera peu de traces une fois les électeurs dans l'isoloir, le jour du scrutin. Cela s'explique par la rapidité du cycle médiatique, en plus du désintérêt envers les campagnes locales, précise-t-elle.
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