Mobilisation lycéenne en France: comment la désinformation alimente les tensions

En France, la mobilisation lycéenne ne faiblit pas. Des dizaines de milliers d’élèves sont dans les rues ce mardi 6 octobre pour une nouvelle journée de mobilisation. Sur les réseaux sociaux, ce climat de tension est particulièrement propice à la désinformation. À six mois de l’élection présidentielle, des comptes influents multiplient les infox afin de diviser et manipuler l’opinion publique.
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Depuis la montée en puissance du mouvement de colère des lycéens, les images sorties de leur contexte censées documenter une flambée des violences se multiplient sur les réseaux sociaux. C’est le cas de cette vidéo filmée quelque part à Paris. En marge d’un cortège, on y voit des voitures en feu et des manifestants en train de détruire des abribus. « La France s'embrase ! C’est en train de devenir une guerre civile », commente un internaute.
Vérification faite, ce clip vu plus de 9 millions de fois n’a rien à voir avec la mobilisation lycéenne en cours. Une recherche par image inversée [voir ici comment faire] indique que ce clip remonte à décembre 2022. Il a été publié par le journaliste français Rémy Buisine dans le cadre des manifestations survenues le 24 décembre 2022, au lendemain de la fusillade mortelle contre des militants kurdes dans le Xe arrondissement de la capitale.
Tweet en date du 24 décembre 2022.
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Dénigrer les revendications lycéennes
Autre exemple avec cette vidéo de vingt secondes montrant plusieurs jeunes dégradant une voiture. « La France insoumise affirme que les lycéens et collégiens réclament plus de professeurs… Ils nous prennent pour des cons ! », indique la publication.
Dans les faits, cette vidéo n’a pas été filmée en France. Nous avons retrouvé plusieurs photos prises au même endroit, au même moment, par un journaliste de l’Agence France-Presse. On y apprend que cette scène documente « des émeutes qui ont éclaté le 4 août 2023 à Union Square, à New York, suite à l'annonce d'une distribution de cadeaux par le streamer Twitch Kai Cenat. Ce dernier avait provoqué un rassemblement surprise d'environ 2 000 jeunes à Manhattan qui a dégénéré en violences de rue, faisant plusieurs blessés et des arrestations, selon la police ».
Alimenter les discours xénophobes
Au-delà d’exagérer les violences des manifestants et de nier la réalité de leurs revendications, certains cherchent également à alimenter les discours xénophobes. Plusieurs comptes européens d'extrême droite ont ainsi diffusé une vidéo montrant plusieurs hommes en train de danser sur un véhicule en feu, non loin de la tour Eiffel. « La France est tombée », écrit l’un d'entre eux, dans un post cumulant près de 6 millions de vues.
Une nouvelle fois, ces images sont anciennes. Elles ont été filmées le 30 mai 2026 lors des célébrations après la victoire du Paris Saint-Germain en finale de la Ligue des champions. Plus de 700 personnes avaient été interpellées à travers la France, dont plus de 200 rien qu'à Paris.
La désinformation comme outil de polarisation
Ce type de vidéos sorties de leur contexte se comptent par dizaines sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Ces infox se propagent principalement sur X, Facebook, Instagram ou encore TikTok.
Derrière ce flot de désinformation, on retrouve plusieurs comptes influents basés à l’étranger. Nous avons notamment identifié des comptes israéliens, britanniques, russes et américains habitués à cibler la France et ses intérêts. Ces différents écosystèmes instrumentalisent cette mobilisation étudiante pour alimenter les tensions et diviser l’opinion publique.
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