Doigts d’honneur à la police | « C’est vraiment mal sorti », regrette la mairesse

La mairesse de Montréal a affirmé vendredi qu’elle regrettait ses propos banalisant les « doigts d’honneur » à la police, prononcés lundi au conseil municipal.
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Soraya Martinez Ferrada défendait alors son nouveau règlement interdisant les insultes et les injures envers les représentants de la Ville. Attaquée par l’opposition sur le caractère démesurément large de cette interdiction, elle a voulu souligner que seules les injures les plus sérieuses mériteraient un constat d’infraction.
« Si vous avez envie de faire un doigt d’honneur à un policier, bien faites-le. Ce n’est pas ça que je vais vous demander de faire, mais ce que je veux dire, c’est qu’on n’est pas en train d’enlever à personne le droit d’être en désaccord », a dit la mairesse, juste avant le vote du conseil municipal. « Ce règlement ne vise à retirer à personne le droit de critiquer la police, de contester une intervention ou d’être en désaccord avec la Ville. Ces droits demeurent pleinement protégés. »
Vendredi, Mme Martinez Ferrada a affirmé dans une publication sur les réseaux sociaux qu’elle trouvait « important de revenir » sur ses propos parce que « c’est vraiment mal sorti ».
La mairesse a fait valoir que la Ville était capable de trouver un bon équilibre entre la protection de son personnel-autant les policiers que les agents du 311 et les inspecteurs-sans enfreindre les droits fondamentaux des citoyens.
« On va préparer un guide et un protocole d’intervention, et outiller les équipes pour qu’il soit appliqué avec jugement et dans le respect des droits de chacun », a-t-elle déclaré par écrit. « Les Montréalaises et Montréalais doivent pouvoir contester une décision de la Ville. Et les gens qui travaillent pour eux doivent pouvoir faire leur travail en sécurité et dans le respect. On est capables de faire les deux. »
« Un règlement flou »
Lundi, l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal avait voté contre l’adoption de ce nouveau règlement municipal, s’inquiétant de la portée trop large du texte et du risque de dérive qu’il poserait.
Il s’agit « d’un règlement flou, qu’on veut adopter à la vitesse de l’éclair et sans consultations », a fait valoir la conseillère municipale d’opposition Carla Beauvais. Elle a notamment critiqué le fait que le règlement interdise tout « comportement offensant ». « Une menace, ça se prouve. Un mot offensant, ça se ressent. Et un ressenti peut varier d’une personne à une autre », a dénoncé l’élue.
La mairesse avait répliqué que les employés de la Ville – particulièrement les femmes – étaient de plus en plus visés par des insultes et de l’intimidation. Entre 2019 et 2025, le nombre d’évènements déclarés impliquant de tels comportements a augmenté de 263 %, selon la Ville. « Ne rien faire – comme employeur – ce n’est pas être responsable », avait fait valoir la mairesse.
Le texte voté interdit « d’intimider, de harceler, de menacer, d’injurier ou d’insulter » ou d’adopter « un comportement offensant, humiliant, abusif, violent ou agressif » envers un employé en fonction. Les contrevenants s’exposent à une amende de 350 $ à 1000 $ pour une première infraction et jusqu’à 2000 $ pour les suivantes.
Il a été approuvé jeudi par le conseil d’agglomération, sans le moindre débat.
La conseillère municipale Marie Plourde avait souligné qu’un « doigt d’honneur » à un policier (comme celui évoqué par la mairesse) avait déjà donné lieu à une condamnation judiciaire en vertu d’un règlement municipal semblable à celui qui vient d’être voté.
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