The Daily Newsstand · Free, Always
Wednesday, October 21, 2026

Carney rejette les accusations d’ingérence électorale lancées par l’administration Trump

Translate

(Ottawa) Nouveau rebondissement dans les relations tumultueuses entre Ottawa et Washington : l’administration Trump, par le biais de son ambassade à Ottawa, accuse des ministres du gouvernement Carney de s’ingérer dans les élections de mi-mandat du 3 novembre aux États-Unis pour favoriser les candidats démocrates. Une accusation que rejette du revers de la main le premier ministre Mark Carney.

Publié à

L’ambassade américaine, qui est située à un jet de pierre de la colline du Parlement dans la capitale fédérale, a diffusé mercredi une fiche d’information, sur le coup de 13 h – une heure avant la tenue d’une conférence de presse du premier ministre – accusant les élus canadiens de chercher à influencer depuis des semaines la campagne électorale qui bat son plein au sud de la frontière.

Le titre de cette fiche d’information ne laissait aucun doute quant à la teneur des informations qu’elle contenait. « Surveillance des activités canadiennes dans la vie politique américaine », pouvait-on y lire.

PHOTO KEITO NEWMAN, LA PRESSE CANADIENNE

L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra

On y reprend d’ailleurs certaines des accusations lancées récemment par l’ambassadeur des États-Unis en poste à Ottawa, Pete Hoekstra.

« Le gouvernement canadien balaie les préoccupations concernant une éventuelle ingérence dans les élections américaines, même si ses ministres et les premiers ministres provinciaux décrivent ouvertement, dans des documents officiels et lors d’apparitions publiques, des stratégies visant à influencer la politique américaine », affirme-t-on dans cette fiche.

Dans le document, on rappelle « des faits », notamment les récentes rencontres de la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, avec des représentants démocrates à Boston et à Chicago en septembre. « Interrogée sur ce à quoi elle s’attendait en matière de droits de douane si les démocrates venaient à remporter les élections de mi-mandat, elle a répondu : ‘C’est précisément pour cette raison que je rencontre autant de gouverneurs et de candidats potentiels à l’élection présidentielle. », peut-on lire dans la fiche.

PHOTO JUSTIN TANG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La ministre fédérale de l’Industrioe, Mélanie Joly

On souligne également que la ministre Joly avait déclaré, en août, que la réplique canadienne aux droits de douane imposés par l’administration Trump visait des produits dans des États clés aux États-Unis.

L’ambassade américaine revient aussi sur la fameuse campagne publicitaire qu’avait lancée l’automne dernier le gouvernement de l’Ontario aux États-Unis-un campagne qui dénonçait les effets délétères des politiques protectionnistes en utilisant la voix de l’ancien président américain Ronald Reagan. Cette publicité avait piqué la colère de Donald Trump au point où il avait mis fin aux négociations entre Ottawa et Washington visant à conclure un nouvel accord commercial en octobre 2025.

« FAIT : Le 13 octobre 2026, à peine trois semaines avant les élections de mi-mandat aux États-Unis, la consule générale du Canada, Bernadette Jordan, a participé à une table ronde dans le Vermont — consacrée aux tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada ainsi qu’à l’incidence des droits de douane — aux côtés de membres du Congrès issus d’un seul parti : les représentants démocrates Becca Balint (Vermont) et Jim McGovern (Massachusetts) », accuse-t-on aussi dans le document distribué aux médias à Ottawa.

L’ambassade américaine a tenu à souligner dans le document que le Canada affiche le deuxième grand nombre de poursuites pour vote frauduleux ou illégal, tous pays confondus. « En 2026, au moins 11 Canadiens avaient été inculpés ou condamnés pour vote illégal lors d’élections générales et de scrutins primaires tenus entre 2012 et 2024 », affirme-t-on en citant le département de la Justice des États-Unis et en publiant la liste des individus en question.

PHOTO DAVE CHAN, AGENCE FRANCE-PRESSE

Le premier ministre de l’Ontario Doug Ford et Mark Carney

Interrogé au sujet de ces accusations, alors qu’il faisait une annonce pour soutenir le secteur manufacturier en Ontario en compagnie du premier ministre Doug Ford, Mark Carney s’est défendu de s’immiscer dans la campagne électorale en cours au sud de la frontière.

« Les États-Unis ont imposé des droits de douane — toute une série de mesures. Nous y avons répondu afin de protéger les emplois et les entreprises au Canada, et de développer notre économie. Soyons parfaitement clairs : quelle en a été la conséquence ? Le résultat, c’est que nous créons des emplois deux fois plus vite qu’aux États-Unis. Notre croissance est plus rapide que la leur. Nous attirons des investissements directs étrangers à un rythme deux fois supérieur à celui des États-Unis », a déclaré M. Carney.

« Toutes nos actions visent l’intérêt des travailleurs canadiens, des familles canadiennes et de l’avenir de notre économie. C’est là, du début à la fin, le fondement de notre démarche et la manière dont nous la présentons », a-t-il ajouté.

Doug Ford a pour sa part affirmé n’avoir aucune intention de se mêler des élections américaines.

Ce que veulent les Américains, c’est de la certitude et de la stabilité. Pour notre part, nous allons nous concentrer sur ce que nous pouvons faire, ici en Ontario et au Canada, pour protéger notre économie, nos concitoyens et nos communautés. C’est là-dessus que nous allons porter nos efforts. Quant aux Américains, ils feront leurs propres choix lors des élections de mi-mandat.

Doug Ford, premier ministre de l’Ontario

La semaine dernière, l’ambassadeur Pete Hoekstra a averti que les responsables américains « surveillent de près » les politiciens canadiens à la recherche de signes d’ingérence électorale à l’approche des élections cruciales de mi-mandat le mois prochain. Dans une entrevue accordée au balado The Really Big Show M. Hoekstra a déclaré que les publicités politiques diffusées par la province de l’Ontario l’année dernière pourraient être interprétées comme une ingérence politique.

En lançant ces accusations, le diplomate américain passe sous silence la visite du vice-président américain J.D. Vance en Hongrie, au printemps, une semaine avant les élections afin de donner son appui au premier ministre hongrois Viktor Orbán, proche de l’administration Trump. Il passe également sous silence la récente déclaration de Donald Trump sur les médias sociaux qui a offert son « soutien plein et entier » au premier ministre Benyamin Nétanyahou en vue des élections législatives qui se tiendront le 27 octobre en Israël.

View the original on La Presse →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.