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Thursday, September 10, 2026

Île-de-France: un rapport dénonce des conditions «indignes» et des «dysfonctionnements graves» aux urgences psychiatriques

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En France, un rapport publié jeudi 10 septembre au Journal officiel épingle les conditions d’accueil dans les urgences psychiatriques des hôpitaux publics de Paris et de la petite couronne. La contrôleure générale des lieux de privation de liberté y dénonce des « dysfonctionnements graves », entre délais d’attente en forte hausse, locaux inadaptés, manque de personnel et pratiques ne respectant pas le cadre légal.

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Un patient orienté vers une hospitalisation psychiatrique à temps complet peut désormais attendre près de 40 heures aux urgences, contre environ 30 heures début 2025. Au deuxième trimestre 2026, la durée moyenne dépassait 39 heures. Sur l’ensemble du premier semestre, 3 957 patients à orientation psychiatrique ont subi une attente « prolongée » en Île-de-France, soit une hausse de 31,8% par rapport à 2025.

Dans certains services, une dizaine de patients peuvent attendre en même temps, avec un maximum rapporté de 27. Certains restent jusqu’à une dizaine de jours. Aux urgences psychiatriques de Sainte-Anne, 60% des patients attendent « plus de 13 heures » et 20% « plus de 48 heures ».

Ces personnes patientent parfois sur des chaises inconfortables, des brancards dans les couloirs ou à même le sol. La contrôleure générale dénonce des « conditions indignes » qui ne garantissent ni leur « dignité » ni leur « intimité », avec notamment du bruit, un éclairage intense la nuit et un accès « limité » à l’hygiène.

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Renoncements aux soins et mesures coercitives

Les mineurs de 16 à 18 ans sont eux aussi trop souvent confrontés à ces conditions, faute de places et de professionnels en pédopsychiatrie. De nombreux mineurs sont ainsi hospitalisés avec des adultes. La contrôleure réclame pour eux « un statut légal » ainsi qu’un « plan de réhabilitation de la pédopsychiatrie ».

Conséquence de ces difficultés : certains patients renoncent à une prise en charge malgré une prescription, tandis que d’autres sont orientés vers des soins ambulatoires, pour lesquels les délais de rendez-vous restent très longs. Le rapport fait également état de « ruptures de prises en charge ».

La contrôleure souligne par ailleurs un recours excessif aux mesures d’isolement et de contention, ainsi qu’à l’administration de sédatifs. Certains patients devant être hospitalisés sans leur consentement sont également retenus « arbitrairement », faute de respect des procédures légales, tandis que des mesures d’isolement ou de contention sont parfois appliquées « sans cadre légal ». Elle appelle notamment à développer les alternatives aux mesures coercitives, à proscrire celles qui ne sont pas encadrées et à former les personnels.

Un manque de lits et de personnel

Le rapport pointe plusieurs causes à cette situation : un nombre de lits d’hospitalisation en psychiatrie insuffisant face aux besoins, le manque de moyens de transport vers des établissements moins saturés, des postes médicaux et infirmiers vacants ou encore un déficit de personnel la nuit. Une situation qui tend également à décourager les professionnels et à compliquer les recrutements. La contrôleure générale appelle à trouver « très rapidement » des solutions « organisationnelles, bâtimentaires, capacitaires et de ressources humaines ».

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