The Jerusalem PostHolocaust survivor Eva Geller dies from wounds sustained in Bondi Beach mass shootingInquirerEasterlies to bring rains to most parts of PH on FridayCNN TürkHava Durumu (06-11-2026)PunchSMEDAN unveils N100m fund for 100 entrepreneursBollywood HungamaVijay Sethupathi to become FIRST Indian actor to present at 54th International Emmy Awards in New York: ReportSky TG24Bonus mobili e voucher elettrodomestici, novità nel 2027: requisiti e cosa cambia한겨레검사들 ‘조작기소 특검팀’ 파견에 난색…인력 확보 ‘빨간불’ZDF heuteAktuelle Pressemitteilungen des ZDFObservador DesportoBloco Central? Simpatizantes do PS e PSD dizem simDaily MailMoment knifeman stands over victim and stabs him repeatedly - after he was freed from jail early following previous fatal knifing just 10 minutes awayMintRubio to leave Trump administration after midterm elections wipeout? Here's what we knowSözcüDağın tepesine bıraktıkları 113 lama dengeleri altüst etti
The Daily Newsstand · Free, Always
Friday, November 6, 2026

Sommes-nous vraiment «maîtres chez nous» avec ce budget fédéral?

Translate

Le budget fédéral de 2026, intitulé Maîtres chez nous, reprend le slogan des libéraux de Jean Lesage, mais donne dans les faits les clés de la maison aux entreprises.

Présenté jeudi par le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, ce deuxième budget du gouvernement Carney se prête à un jeu de balancier précaire entre réformes fiscales aux entreprises, effort de redressement budgétaire et mesures visant à contrer les effets de la hausse du coût de la vie. Dans ce budget présenté comme un renforcement de la souveraineté économique du pays, les contribuables restent toutefois les grands négligés, au profit des grandes entreprises.

Déposé dans un contexte économique marqué par l’incertitude et la guerre tarifaire avec nos voisins du Sud, ce budget poursuit la stratégie de libéralisation du régime fiscal des entreprises entrepris par le gouvernement Carney depuis le début de son mandat. Il ajoute donc à la « superdéduction » de 2025 une mesure de « mégadéduction à la productivité » des entreprises. Cette mesure annoncée par le premier ministre en septembre dernier lors de son Sommet sur l’investissement au Canada permettra aux entreprises de déduire de leurs impôts le coût intégral de la plupart de leurs investissements, privant ainsi le gouvernement de 7 milliards de dollars de revenus par année.

Selon les estimations effectuées par le Centre canadien de politiques alternatives, 30 % de ces revenus se retrouveront plutôt dans les poches de l’industrie pétrolière et gazière, et 11 % dans celles de l’industrie minière.

Notons ici que l’industrie fossile canadienne est déjà en voie de réaliser 60 milliards en profits supplémentaires après impôt pour l’année en cours en raison du prix élevé du baril de pétrole. Pendant ce temps, les contribuables ressentent fortement cette hausse dans leur portefeuille.

Ce cadeau fiscal à l’industrie fossile et minière s’inscrit aussi dans l’abandon des politiques environnementales qui a caractérisé le gouvernement Carney jusqu’à présent. En effet, le budget de 2026 ne contient aucun chapitre consacré à l’environnement, et ce, malgré la publication il y a quelques semaines par Environnement et Changement climatique Canada d’un rapport qui rappelait que le Canada se réchauffe à un rythme deux fois plus élevé que la moyenne mondiale.

Malgré les importantes sommes dont le gouvernement se prive en raison de la réduction des impôts aux entreprises, il maintient tout de même son examen des dépenses publiques dans ce budget au nom de la « rigueur budgétaire ». Les 40 000 postes dans la fonction publique devant être supprimés d’ici 2028-2029 ont donc déjà été abolis et des mesures au régime fiscal devraient permettre des économies de près de 1,1 milliard de dollars sur 5 ans. Le budget présenté accuse tout de même un déficit de 62,3 milliards de dollars, soit 1,8 % du PIB. Certains commentateurs se sont inquiétés de ce déficit et de son effet sur la dette canadienne, bien que le ratio de la dette nette par rapport au PIB soit passé sous la barre des 10 %, demeurant ainsi de loin le plus bas parmi les pays du G7.

Au lieu de se préoccuper du déficit en soi, il semble donc plus important de se demander qui bénéficie vraiment des dépenses du gouvernement.

En ce sens, le budget inclut plusieurs petites mesures d’aide aux ménages, mais leur effet s’annonce limité face à l’augmentation du coût de la vie. La mesure la plus importante est un supplément unique de 50 % de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels pour 2026-2027. Une mesure coûtant quatre milliards de dollars à l’État, mais qui représente une somme minime de 339 $ pour une personne seule sans enfant et de 679 $ pour un couple avec deux enfants. Ces quatre milliards incluent aussi une bonification pour Nutrition Nord Canada, un programme qui vise à réduire le coût de l’épicerie pour les communautés du Grand Nord, mais qui a été critiqué par celles-ci puisque le financement du gouvernement va directement aux détaillants, qui en auraient possiblement empoché une partie sans réduire les prix des produits sur les tablettes.

Pour le logement, un autre secteur touchant directement les finances des ménages, le budget alloue en 2026-2027 un total de… zéro dollar : les mesures comme la construction de logements de transition pour les personnes en situation d’itinérance ou la construction annuelle de 24 000 logements hors marché ne seront financées qu’à partir de l’an prochain.

Le budget de 2026 nous promet d’être « maîtres chez nous ». Mais entre les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises, le cap maintenu sur l’équilibre budgétaire et les minces aides offertes aux ménages, il est difficile de ne pas lire dans celui-ci une forme de dépossession.

View the original on Le Devoir →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.