Vers un trou de 5 milliards dans les finances publiques du Québec d’ici trois ans
La Vérificatrice générale du Québec (VGQ) estime que le prochain gouvernement pourrait se retrouver face à un trou de près de cinq milliards de dollars dans trois ans s’il compte maintenir l’état actuel des services.
Dans son rapport préélectoral sur l’état des finances publiques publié lundi, la VGQ, Christine Roy, conclut que le cadre financier du gouvernement Fréchette est « plausible ».
Sauf qu’elle apporte plusieurs bémols, insiste sur le climat d’incertitude actuel et rappelle que le ministre de Finances, Eric Girard, a aussi identifié 1,85 milliard d’économies à trouver en 2028-2029 pour atteindre l’équilibre budgétaire.
À ce montant, elle ajoute un manque à gagner de 3 milliards de dollars dans trois ans. Les équipes du VGQ arrivent à ce montant en comparant les coûts de maintien des services avec la croissance des dépenses de portefeuilles.
Au total, donc, le trou dans les finances publiques pourrait être de 4,85 milliards de dollars en 2028-2029, un an avant le moment prévu pour atteindre l’équilibre budgétaire.
« Le défi sera donc exigeant », souligne la VGQ dans son analyse.
Des prévisions « plausibles »
Dans le budget qu’il a déposé en mars, le ministre Girard mettait le cap vers l’équilibre budgétaire en 2029-2030. Pour y parvenir, il misait sur un ralentissement de la croissance des dépenses à compter de 2027 et, encore plus particulièrement, dans les deux années suivantes.
Le coup de frein prévu permet donc aux équipes de la VGQ de conclure que les prévisions du ministre Girard sont « plausibles ». Mais le gros du travail devra être fait à compter de 2028 et il impliquera une baisse de dépenses, avec notamment la réduction ou la fin du financement d’activités et de programmes.
Du côté des revenus, la VGQ rappelle que la croissance annuelle moyenne devrait, selon le ministère des Finances, « ralentir et s’établir à 3,7 % pour les trois prochaines années, alors qu’elle était de 4,8 % au cours des 10 dernières ». Cette prévision lui apparaît « cohérent[e] avec la réduction de la croissance économique et la baisse de l’inflation prévues pour la période ».
Au passage, et au vu de l’écart entre ses calculs et les chiffres présentés par le gouvernement, la VGQ suggère à Québec de faire preuve de davantage de transparence.
Elle propose par exemple de présenter les prévisions de dépenses de portefeuilles sur une période de trois ans, de même que leur taux de croissance. Elle souligne aussi que le rapport préélectoral du ministère des Finances « ne présente pas le portrait global » des mesures à prendre pour atteindre les soldes affichés au cadre financier.
L’effet Trump
Au chapitre des « facteurs d’incertitude », la VGQ nomme l’inflation « élevée persistante » et le fait que les prévisions s’appuient sur une croissance du taux d’emploi et de la productivité « relativement élevée ».
Elle souligne aussi « l’instabilité du commerce extérieur », en pointant les « tensions commerciales » et l’incertitude entourant la renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
La VGQ note qu’« une variation d’un point de pourcentage du PIB nominal a un effet de 1,2 milliard de dollars sur les revenus autonomes ». Le 21 juillet, Desjardins évaluait à 0,3 % la baisse annuelle du PIB canadien si une série de droits de douane américains de 50 % entrent en vigueur à compter de mercredi. Transposé au Québec, cela équivaudrait à un manque à gagner de 360 millions de dollars annuellement.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.