RDC: la récolte de cacao, victime collatérale de la violence des ADF dans l'est du pays

Alors que deux nouvelles attaques attribuées aux ADF ont touché le Nord-Kivu cette semaine, un nombre croissant de producteurs de cacao de la région n'osent plus se rendre dans leurs plantations, par crainte d'y rencontrer des combattants du groupe armé.
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L’insécurité qui sévit dans l’est de la RDC menace aussi la récolte de cacao qui bat son plein. Alors qu'une nouvelle attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées (ADF) a fait, selon l’armée congolaise, au moins 37 morts à Cantiné-Aloya, dans la région de Beni, jeudi 5 novembre, de nombreux producteurs n’osent plus rejoindre leurs plantations par crainte d'y trouver des combattants du groupe armé.
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« Quand ils vont au champ, beaucoup d'agriculteurs ont peur pour leur vie, ils vivent un calvaire », confie ainsi Gilbert Kambale, président honoraire de la société civile urbaine de Beni et lui-même producteur de cacao.
Résultat : parce qu'ils renoncent désormais à s'y rendre, « de plus en plus de cacaoculteurs rencontrent des problèmes de revenus, ne peuvent plus subvenir aux besoins de leur famille ou payer la scolarisation de leurs enfants. Ils ne peuvent plus compter sur les 1200 dollars que peut par exemple rapporter la vente de 200 ou 300 kilos de cacao », poursuit Gilbert Kambale, qui possède une plantation à Alima où les ADF avaient déjà lancé une attaque il y a sept mois.
« Ils avaient brûlé des maisons et tué les gens. Ils étaient même entré dans les champs pour récolter le cacao des paysans jusqu’à ce que les troupes congolaises et ougandaises les chassent de là », se souvient ce dernier pour qui le retour des ADF en pleine récolte ne doit cependant rien au hasard. « Les champs sont un peu éloignés du village, ils se trouvent à peut-être cinq ou dix […] kilomètres de l'endroit où les gens habitent. Les ADF en profitent pour cueillir le cacao et prendre cet argent-là ».
Si Gilbert Kambale dit s’être rendu dans ses plantations il y a deux semaines, celui-ci explique que d’autres agriculteurs, eux, n’y sont pas retournés depuis des mois, réclamant au préalable la sécurisation des champs pour que les familles puissent à nouveau vivre de leurs récoltes.
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