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Friday, October 23, 2026

Mélanome | Un nouveau vaccin à base d’ARNm contribue à réduire le risque de récidive

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(Washington) Un vaccin anticancéreux unique en son genre réduit considérablement le risque de récidive chez les patients atteints de mélanome, selon les résultats d’une étude majeure publiée jeudi par les laboratoires pharmaceutiques Moderna et Merck.

Publié à

Lauran Neergaard Associated Press

Ce vaccin a été spécialement conçu pour chaque patient afin de correspondre à sa tumeur. Son ajout à un traitement postopératoire standard a permis de réduire de 42 % le risque de récidive du mélanome deux ans après l’opération, selon l’étude la plus avancée à ce jour sur cette nouvelle stratégie de lutte contre le cancer.

« Le domaine attendait une avancée majeure et je pense que celle-ci est considérable », a déclaré le Dr Hussein Tawbi du MD Anderson Cancer Center de Houston, l’un des chercheurs ayant participé à cette étude internationale.

Ce vaccin, appelé intismeran, est fabriqué à l’aide de la même technologie d’ARNm, récompensée par un prix Nobel, que celle utilisée pour les vaccins contre la COVID-19. Des vaccins anticancéreux personnalisés expérimentaux, élaborés à partir d’ARNm et d’autres approches, sont également en cours d’essai contre d’autres types de cancer.

Des experts n’ayant pas participé à cette nouvelle étude affirment que son succès renforce la crédibilité de ce domaine.

« C’est une nouvelle frontière », a expliqué Karen Knudsen, PDG du Parker Institute, qui contribue au financement de la recherche en immunothérapie contre le cancer.

« C’est un grand pas en avant pour la science et pour l’oncologie, car ce vaccin pourra être utilisé contre de nombreux cancers différents », a dit le Dr Michael Atkins, directeur adjoint du Lombardi Comprehensive Cancer Center de l’université de Georgetown.

Moderna et Merck avaient annoncé en août que l’essai de phase avancée sur l’intismeran avait été couronné de succès, mais les résultats détaillés devaient être publiés samedi lors d’un congrès de la Société européenne d’oncologie médicale à Madrid. Certaines données ont fait l’objet d’une fuite publique jeudi soir, ce qui a conduit à leur publication intégrale avant la présentation scientifique prévue cette fin de semaine.

La plupart des gens considèrent que les vaccins servent à prévenir une infection, comme la rougeole ou la coqueluche. Il existe déjà deux vaccins préventifs contre le cancer : ceux contre le HPV et l’hépatite B, qui bloquent l’infection par ces virus cancérigènes. Des recherches sont également en cours pour prévenir certains types de cancers héréditaires, tels que le cancer colorectal lié au syndrome de Lynch.

Mais un vaccin personnalisé conçu pour empêcher la réapparition d’un cancer retiré chirurgicalement est très différent. Dans le cadre de l’étude sur l’Intismeran, les scientifiques ont recherché des mutations génétiques propres à la tumeur de chaque patient, des mutations qui créent des protéines qui ne devraient pas être présentes dans l’organisme à moins que ces cellules cancéreuses ne recommencent à se développer.

Ce vaccin sur mesure — neuf doses administrées à trois semaines d’intervalle — apprend au système immunitaire du patient à repérer et à attaquer ces « néoantigènes ».

L’étude a porté sur plus de 1100 personnes atteintes d’un mélanome à haut risque qui avait été retiré chirurgicalement. Toutes ont reçu le traitement de suivi standard : l’immunothérapie de Merck appelée Keytruda. Les participants ont été répartis au hasard pour recevoir soit des doses du vaccin sur mesure, soit un placebo.

Deux ans plus tard, 82 % des personnes du groupe ayant reçu le vaccin étaient toujours en vie sans récidive de leur cancer, contre 70 % de celles ayant reçu uniquement le Keytruda standard. L’essai se poursuit afin de suivre les résultats à plus long terme des participants.

Les effets secondaires du vaccin se sont principalement traduits par des douleurs au bras, de la fatigue et d’autres réactions typiques de la vaccination à ARNm contre le coronavirus, a précisé M. Tawbi.

L’action Moderna a chuté de 18 % jeudi après la publication des résultats complets de l’étude, mais elle restait tout de même en hausse de plus de 200 % par rapport à son niveau de fin août, avant que les investisseurs ne soient informés des premiers résultats.

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