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Wednesday, October 21, 2026

Sans Huawei, que reste-t-il à la marque automobile Aito pour conquérir l’Europe ?

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La marque Aito pourrait se lancer en Europe, mais sans la technologie Huawei qui a fait son succès en Chine. Les modèles seraient équipés de technologies Bosch.

Présente au Mondial de l’automobile de Paris 2026, la marque chinoise Aito s’est fait remarquer avec son stand XXL, l’un des trois plus grands du salon. La marque ambitionne un lancement en Europe à l’automne 2027. Il y aurait cependant un grand changement entre les modèles proposés en Chine et ceux disponibles dans les pays européens : la technologie Huawei serait absente.

Selon les médias chinois, comme Carnewschina le 20 octobre 2026, la marque n’embarquerait pas les technologies de conduite autonome et de cockpit signées Huawei, mais celles de Bosch. Sans les technologies Huawei qui ont contribué à son succès en Chine, que reste-t-il à Aito pour convaincre les automobilistes européens ?

« Huawei inside » en Chine contre « Bosch inside » en Europe

La notoriété de la marque Aito – dont le nom signifie « Adding Intelligence To Auto » (littéralement, ajouter de l’intelligence à l’automobile) – repose presque intégralement en Chine sur son intégration des technologies Huawei. Le constructeur Seres, derrière la marque Aito, a choisi une autre approche pour son expansion européenne.

Stand AITO au Mondial de Paris 2026 // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Stand AITO au Mondial de Paris 2026. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Les futures Aito 6, 7, 8 et 9 feront l’impasse sur les logiciels et matériels signés Huawei. À la place, Seres se serait associé à l’équipementier allemand Bosch pour développer les aides à la conduite (ADAS), le cockpit intelligent et la gestion du châssis.

Sur le papier, cette décision industrielle apparaît logique. En s’appuyant sur Bosch, la marque s’assure que les ADAS de ses modèles sont correctement calibrées pour nos routes. Cela permet aussi à la marque de montrer patte blanche en impliquant un équipementier local. Mais que reste-t-il à Aito pour se démarquer des autres concurrents chinois ?

Aito a-t-elle encore un avantage concurrentiel ?

En Chine, ce qui a permis à Aito de vendre des véhicules à plus de 300 000 yuans (plus de 40 000 euros) et de rivaliser avec d’autres acteurs premium, ce n’est ni le design, ni la conception technique du modèle par Seres. C’était l’écosystème HarmonyOS développé par Huawei, ainsi que toutes les technologies de conduite autonome avancée et l’image de marque du géant de la tech.

Aito est l’une des réussites de l’alliance Harmony Intelligent Mobility Alliance (HIMA) avec Huawei comme moteur du succès. En retirant la technologie Huawei pour la remplacer par celle de Bosch, Aito perd son unique facteur de différenciation. Sur un marché ultra-concurrentiel pour les nouveaux entrants, la marque se retrouve un peu le bec dans l’eau : sans image de marque, sans réseau et sans l’argument tech qui fait sa force en Chine.

On peut néanmoins imaginer que les solutions développées en Chine par Huawei ne fonctionnent pas correctement en Europe, et que le choix de l’équipementier Bosch, qui équipe de très nombreux constructeurs occidentaux, évite la catastrophe de systèmes inadaptés.

Pour aller plus loin

XPeng G6 au Mondial 2026 // Source : Robin San Vicente pour Numerama

Aito, une marque fragilisée en Chine   

Il n’y a pas que dans le cadre de son expansion européenne que la relation entre Seres et Huawei a du plomb dans l’aile. La relation entre les deux marques s’est déjà considérablement refroidie en Chine. Alors que le rôle de Huawei a toujours été plus que celui de simple équipementier technologique, la situation a changé le 15 septembre 2026. Seres a récupéré le pilotage et la définition produit, le design, le marketing, les canaux de vente et le réseau de service, tandis que Huawei passe à un rôle de soutien technologique, un partenariat (plus limité) renouvelé pour cinq ans.

Le désengagement progressif de Huawei dans la marque Aito a déjà provoqué une vague d’inquiétude chez les propriétaires de véhicules de la marque en Chine. Certains propriétaires, inquiets de voir Huawei prendre ses distances avec Aito, ont même remplacé le logo de leur SUV par celui de DFSK, une marque d’utilitaires et véhicules urbains low cost du groupe Seres. Une manière ironique d’exprimer leurs craintes quant au maintien du positionnement premium et à la valeur de revente de leur véhicule. Ils craignent qu’Aito ne devienne un constructeur de seconde zone.

En abandonnant la seule brique technologique qui faisait sa valeur ajoutée au profit d’une solution plus commune, Seres prend le risque de débarquer en Europe avec une coquille un peu trop vide. Et ce, au moment même où sa crédibilité s’effrite également en Chine. En outre, ce ne serait pas vraiment la première déconvenue de la marque Seres en Europe.

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