« Un tel impact raserait aujourd’hui de grandes villes » : il cherchait où camper sur Google Maps et découvre un cratère géant !

En 2024, nous vous relations l'étonnante découverte réalisée par Joël Lapointe : alors qu'il prépare ses vacances au Québec et fouille Google Maps à la recherche d'un bon emplacement pour camper, le jeune homme tombe en effet sur une étrange structure circulaire qui entoure le lac Marsal, dans la région de la Côte-Nord.
Il découvre un cratère d'impact inconnu de 8 km de diamètre en cherchant sur Google Maps !
C’est un fait, Google Maps et Google Earth regorgent de curiosités naturelles. En fouillant ces données satellitaires, il n’est d’ailleurs pas exclu que vous tombiez un jour sur un site géologique d’importance. C’est ce qui est arrivé à un internaute, qui est tombé par hasard sur un potentiel cratère d’impact, jusqu’à présent non identifié comme tel.... Lire la suite
Une structure qui lui fait immédiatement penser à un cratère d’impact, mais après quelques recherches, il s'avère qu'il n'en est fait mention nulle part. Joël Lapointe aurait-il découvert la trace jusque-là inconnue d'un ancien impact météoritique ?
C'est en cherchant un endroit où camper qu'un jeune Québécois a découvert un cratère d'impact jusqu'alors inconnu. © Lauren Dauphin, Nasa Earth Observatory
Un site très difficile d’accès
Contactés, des chercheurs du CEREGE d'Aix-en-Provence ne rejettent pas l'hypothèse, tout en prévenant que pour la valider, il va falloir réaliser des investigations sur place.
C'est ainsi que Gordon Osinski, géologue à la Western University (Canada) et directeur de la base de données Impact Earth, organise une expédition sur le site en octobre 2025. L'objectif : vérifier la nature des roches, jusque-là interprétées comme étant d'origine volcano-sédimentaire. Ces brèches, constituées de fragments anguleux cimentés entre eux, avaient auparavant été interprétées comme les vestiges d'un diatrème, une structure volcanique en forme d'entonnoir formée lors d'éruptions explosives.
Mais les brèches peuvent avoir plusieurs autres origines possibles, dont un impact météoritique. Il était donc important d'aller vérifier sur place.
Une preuve irréfutable trouvée sur le terrain
Et cela n'a pas été chose facile. Le site se trouve en effet dans une région très isolée du Québec, sans réseau routier ou accès aménagé.
Pour s'y rendre, l'équipe de Gordon Osinski a donc dû prendre un hydravion et rejoindre la rive du lac en pataugeant dans l'eau, chargée de matériel. Et la suite de l'expédition n'a pas été plus évidente. Malgré de nombreuses campagnes de terrain menées sur six continents, Osinski décrit ces conditions comme « parmi les plus éprouvantes » qu'il ait jamais rencontrées !
Ce n'est qu'en hydravion que les chercheurs ont pu atteindre le lac Marsal. © Gordon Osinski, Western University
Après avoir surmonté les moustiques, la végétation dense et un terrain très accidenté et marécageux, les chercheurs vont toutefois réussir à trouver rapidement la preuve permettant de confirmer l'origine météoritique de la structure découverte par Joël Lapointe.
Sur de nombreux affleurements rocheux, les scientifiques identifient en effet des cônes de percussion (shatter cones), des structures caractéristiques d'un impact météoritique. Ces structures se forment dans les roches lorsque celles-ci sont traversées par une onde de choc extrêmement puissante.
Cônes de percussion découverts sur le site du lac Marsal. © Gattacceca et al. 2026, 88th Annual Meeting of the Meteoritical Society 2026
Un impact majeur il y a 390 millions d’années
Restait donc à caractériser clairement cet impact et à lui donner un nom. L'étude menée sur le site a ainsi permis de déterminer que ce cratère mesure 25 kilomètres de diamètre (et non pas 8 kilomètres comme proposé initialement) et a été produit par la chute d'un imposant astéroïde il y a environ 390 millions d'années.
Si un tel objet venait à frapper le Québec aujourd'hui « cela causerait une dévastation régionale capable de raser de grandes villes et de produire un impact sur le climat global », analyse Gordon Osinski. Ce cratère témoigne donc d'un événement significatif à l'échelle du continent nord-américain. Il s'agit d'ailleurs du plus grand cratère d'impact découvert depuis celui de Hiawatha (31 kilomètres de diamètre) en 2018.
Une bonne intuition
Quand au nom, il a été trouvé en concertation avec la communauté innue d'Ekuanitshit, le cratère se trouvant sur leur territoire ancestral. La structure sera donc désormais identifiée sous le nom de Uhackatik. Si les chercheurs disposent désormais de preuves géologiques convaincantes de son origine météoritique, pour que cette classification soit officiellement reconnue, les résultats devront toutefois être examinés par le comité compétent de la Meteoritical Society.
Tout indique que le plus grand cratère d’impact sur Terre se cache en Australie
Avec 520 kilomètres de diamètre, c’est bien en Australie que se situerait le plus grand cratère d’impact découvert à ce jour. Un géant enfoui sous des dizaines de kilomètres de sédiments qui pourrait être à l’origine de l’une des plus sévères extinctions de masse de l’histoire de la Terre.... Lire la suite
Deux ans après avoir repéré une étrange structure circulaire en préparant ses vacances, Joël Lapointe avait donc vu juste : ce qui ressemblait à un simple motif sur une carte est bien la cicatrice laissée par un gigantesque impact météoritique.
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