Nouveau gouvernement | Sur les débuts du PQ

J’ai quatre premières impressions sur les premiers pas du gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon.
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Sur la communication : chef du PQ dans l’opposition, Paul St-Pierre Plamondon nous a habitués à de longues répliques aux uns et aux autres.
Premier ministre, PSPP remet ça : 1600 mots dimanche sur le bras de fer Québec-Ottawa de la semaine dernière.
Et il inspire les troupes : son directeur des communications, Alex Boissonneault, s’est fendu d’un petit guide d’autodéfense de 944 mots face au commentariat et aux partis fédéralistes qui sont bien sûr asservis – je paraphrase – au régime d’Ottawa.
La plume de M. Boissonneault s’inscrit dans le genre littéraire assez niché, celui du Péquiste qui remet les pendules à l’heure, genre qui, personnellement, m’ennuie quasiment autant que celui des Célibataires urbaines déçues par l’amour.
Si je veux lire du Péquiste qui remet les pendules à l’heure, je vais lire du Bock-Côté. Au moins, je vais apprendre de nouveaux mots…
Des députés et staffers péquistes s’adonnent aux mêmes genres d’épîtres sur leurs réseaux sociaux, mais j’aimerais juste plaider pour le citoyen lambda non péquiste : il y a un nombre limité de minutes dans une journée pendant lesquelles on peut se consacrer à la chose politique…
Quand je lis ces longs textes de péquistes s’estimant lésés, je roule souvent des yeux comme quand les joueurs de soccer professionnels roulent longuement sur le gazon après un non-contact, comme s’ils venaient de subir une fracture du fémur.
Je me permets de rappeler cet adage de la vie politique britannique1 : Never complain, never explain.
Constat : ce gouvernement aime écrire !
Sur PSPP qui a boudé le Sommet Canada-Union européenne, j’y vais avec ce rappel utile : le Parti québécois est un parti souverainiste qui vise à faire du Québec un pays.
Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un parti souverainiste tente de montrer que la fédération « ne fonctionne pas » et que le Québec serait mieux de gérer ses affaires, y compris la diplomatie. Surtout que le fédéral a historiquement tenté d’étouffer la diplomatie made in Québec.
Chacun peut penser ce qu’il veut de cette décision de bouder le Sommet et les interactions à hauteur d’humain qui viennent avec ce genre d’évènement. J’aurais personnellement aimé voir mon premier ministre être présent et créer des liens avec ces diplomates européens.
Constat : le PQ va pester à chaque occasion contre le fédéral, dans un effort de pédagogie pour démontrer que le Canada-ne-fonctionne-pas.
Reste à voir si le Québécois lambda sera généralement scandalisé par ce qui scandalise les péquistes… Je parle du 72 % qui n’a pas voté PQ.
Sur Jacinthe-Ève Arel : cette nomination-là… Je ne la comprends pas !
Mme Arel, citoyenne privée et personnalité publique, a effectué ces dernières années un virage procomplotisme et prodésinformation dans sa pratique de commentatrice.
Elle a vanté Trump et Kennedy Jr à répétition, se collant au passage sur plusieurs illuminés de la complosphère québécoise, dont un esprit fin qui a comparé un centre de vaccination à un… « abattoir ». Et Mme Arel l’a qualifié de « nuancé ».
Mais ne cherchez pas les messages originaux sur X : Mme Arel a commodément supprimé son compte, tout récemment. Dans une prochaine publication sur Facebook, elle pourrait nous expliquer pourquoi ?
On sait que Mme Arel a aussi tenté de faire congédier un enseignant actif sur les réseaux sociaux qui, tout comme elle, exerçait sa liberté d’expression2.
Cette tentative d’« annuler » le prof rappelle que les trumpistes sont en faveur d’une sorte de liberté d’expression : la leur. En cela, ils n’ont rien à envier aux wokes qu’ils dénoncent à longueur de jour. Mme Arel joue cette partition à la perfection.
Elle est aussi une grande fan d’Elon Musk dont elle a vanté le rôle dans les compressions sauvages au gouvernement américain, compressions qui n’ont rien changé à la situation budgétaire de l’État, mais qui ont écrasé dans le processus nombre de pauvres, aux É.-U. et ailleurs dans le monde.
Est-ce là l’idée que le PQ se fait de « l’efficacité gouvernementale » ?
La question est ouverte.
Remarquez, peut-être que Mme Arel va changer comme elle a déjà changé. Plus haut, j’ai écrit que Mme Arel a effectué « un virage procomplotisme et prodésinformation »…
J’ai utilisé le mot « virage » à dessein : elle n’a pas toujours été béate d’admiration envers les désinformateurs patentés.
Le 23 mars 2021, Mme Arel m’a écrit pour me féliciter chaleureusement d’une chronique que je venais d’écrire en pleine pandémie…
Thème de la chronique ?
Les dégâts de la désinformation antivaccin et du complotisme pandémique !
Je cite son message : « Un jour, je veux qu’on fasse de la politique ensemble. »
Si Jacinthe-Ève Arel a pu faire depuis 2021 un virage qui l’a rapprochée des complotistes que je dénonçais, peut-être qu’elle va m’étonner en se révélant judicieuse et pertinente dans son service public comme cheffe de cabinet. Je ne demande qu’à être surpris !
Constat : je n’ai pas de constat sur la nomination de JEA, je me gratte surtout furieusement la tête.
Sur la nomination de Joël Arseneau à l’Éducation : l’idée de tenir des états généraux sur l’éducation est excellente et urgente.
Mais le nouveau ministre a une tâche difficile, celle de piloter ces états généraux dans un contexte minoritaire… à la tête du deuxième ministère le plus difficile du gouvernement, après la Santé.
J’espère que M. Arseneau va réussir, j’espère qu’on va y faire les diagnostics qui s’imposent, car le « patient » École est malade. L’école à trois vitesses est un cancer pour l’école publique qui « produit » des diplômés trop souvent incapables de maîtriser le socle de notre petite société distincte : le français, même après 12 ans de scolarisation.
Je note que M. Arseneau ne se fend pas, sur Facebook, de longs textes pour « défendre » son gouvernement. Il est déjà sur le terrain. Je lui souhaite du succès.
Constat : le chantier est titanesque et pose la question de l’efficacité de l’État. S’il ne peut pas scolariser correctement ses enfants, que peut-il vraiment faire ?
Près de 12 ans après ma première chronique Si l’école était importante, ça me fait mal de dire que l’École va aussi mal qu’en 2015.
1. Consultez la page Wikipédia de l’adage Never complain, never explain (en anglais) 1. Consultez la publication Facebook de Jonathan le Prof
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