Combien coûte une épicerie équilibrée à Montréal?
Une alimentation saine demeure hors de portée pour plusieurs familles à Montréal. Une épicerie équilibrée de base coûte environ 293 $ par semaine pour une famille de deux adultes et deux enfants, soit environ 10,47 $ par personne par jour.
La dernière mise à jour du Panier à provisions nutritif et économique (PPNE), un outil de mesure du coût de l’épicerie développé par l’organisme montréalais Alima, montre une hausse générale de 1 % du coût de l’épicerie entre juillet 2025 et juillet 2026. Le prix par personne a atteint un sommet cette année au mois d’avril, à environ 10,57 $ par personne.
En un an, pour une famille de deux adultes et deux enfants, il s’agit d’une augmentation annuelle d’environ 125 $.
Cette stabilité en coût peut sembler une bonne nouvelle, mais il faut se rappeler que le PPNE a vu son prix bondir après la pandémie, remarque Julie Paquette, directrice générale de l’organisme Alima.
« Pour une famille de quatre personnes, 293 $ par semaine, ou un peu plus de 15 000 $ par année, ça demeure inaccessible pour les budgets disponibles de certaines familles, souligne-t-elle en entrevue au Devoir. Une augmentation de 1 %, ça veut aussi dire qu’il y a eu des baisses de prix pour certains aliments, et il y en a dont le coût a augmenté. »
Des hausses de prix marquées ont notamment été observées pour les viandes (13 %), les fruits frais (12 %), ou encore les produits céréaliers de base, comme le riz, la farine ou les pâtes alimentaires (7 %). « Ce sont trois catégories d’aliments quand même importants dans l’alimentation », explique la nutritionniste.
L’insécurité alimentaire, une priorité
La stabilité perçue du prix moyen du PPNE ne doit pas occulter la réalité sur le terrain, affirme Julie Paquette : près de 70 % de la clientèle du centre Alima est en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave. « Concrètement, ça veut dire qu’il y a une réduction dans un premier temps de la quantité des aliments qui sont consommés par ces gens, mais aussi de la qualité. »
Par ailleurs, le PPNE demeure un indicateur pour le prix d’une alimentation saine de base, sans produits préparés ni prêt-à-manger. « Ça implique donc de cuisiner tous les repas, toutes les collations à la maison. » Encore faut-il avoir le temps et l’équipement nécessaire pour maintenir de telles habitudes — ce qui n’est pas le cas de toutes les familles en situation précaire, fait remarquer Mme Paquette.
Elle ajoute que les dernières données de l’Enquête canadienne sur le revenu, datant de 2023, montraient que près d’un ménage québécois sur cinq (19 %) vivait en situation d’insécurité alimentaire. « Je ne voudrais pas qu’on voie disparaître cette préoccupation-là. On est loin d’avoir résolu le problème. »
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