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Friday, October 16, 2026

Crise de l’itinérance | Un bateau servira de refuge pour des jeunes à Québec

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Que faire en hiver d’un bateau qui ne peut naviguer sur les eaux glacées du fleuve Saint-Laurent ? ÉcoMaris a eu l’idée de mettre l’un de ses deux navires au service de la lutte contre l’itinérance. Amarré au port de Québec, le bateau ÉcoMaris 2 accueillera cet hiver de jeunes adultes vulnérables.

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Quatre groupes d’une vingtaine de jeunes pourront être hébergés, pour des séjours de six semaines, sur le bateau qui compte une dizaine de cabines et une cuisine commune.

« On est partis du besoin criant et on s’est dit : qu’est-ce qu’on peut apporter ? », expose le fondateur et directeur général d’ÉcoMaris, Simon Paquin. De voir, en Europe, des bâtiments inhabités utilisés pour loger des personnes en situation d’itinérance a inspiré l’équipe de l’entreprise. « On a mis plusieurs millions dans l’achat et la réparation de ce bateau-là, précise Simon Paquin. Il faut optimiser les actifs. On ne soupçonne pas qu’il y a plus de ressources autour de nous qu’on pense. Des fois, ça coûte moins cher de recycler les choses que de tout reconstruire. »

Baptisé CasaMaris, le projet n’est pas étranger à la mission de cette entreprise d’économie sociale à but non lucratif qui est d’aider les jeunes en quête de sens à trouver leur voie. Depuis plus de 10 ans, ÉcoMaris propose des expéditions en mer à bord de son voilier-école pour les jeunes adultes en quête de sens.

Acheté plus récemment, ÉcoMaris 2 offre des croisières éducatives sur le fleuve. Ce bateau, construit en 1999, a dû être isolé pour pouvoir servir de centre d’hébergement temporaire en hiver. Les jeunes qui y séjourneront ne seront pas nécessairement en situation d’itinérance, mais à tout le moins, à risque de l’être. Le gouvernement du Québec, qui subventionne le projet, a demandé qu’une priorité soit accordée aux jeunes provenant de la Direction de la protection de la jeunesse qui ne sont plus pris en charge lorsqu’ils atteignent la majorité.

Simon Paquin précise que CasaMaris ne sera pas un « walk-in » où les personnes dans le besoin pourront venir cogner pour dormir. « C’est un programme de transition qui permet de s’adapter, de reprendre sa vie en main, d’avoir un ancrage et une communauté qui te soutient », indique-t-il.

Des intervenants seront présents en tout temps. Des ergothérapeutes, des travailleurs sociaux et des psychoéducateurs feront partie de l’équipe d’intervention. Pendant leur séjour, les jeunes apprendront aussi à cuisiner et à naviguer à travers les services offerts.

ÉcoMaris ne prétend pas avoir trouvé LA solution. La crise de l’itinérance est un problème complexe pour lequel il n’y a pas de solution miracle, pense Mariano Lopez, directeur du développement des affaires sociales à ÉcoMaris. Il dit espérer que CasaMaris permettra d’éviter que des jeunes se retrouvent en situation d’itinérance ou y retournent.

« Je ne pense pas qu’on serait les meilleurs actuellement pour aider quelqu’un qui est dans la rue depuis 15 ans et qui a des enjeux en santé mentale très lourds, mais on peut très bien faire une différence avec des jeunes qui sont dans une transition de vie où ils essayent de trouver un sens », fait valoir M. Lopez.

Les jeunes hébergés seront recommandés par des organismes de Québec partenaires du programme. Après le séjour de six semaines, un suivi est prévu. « En six semaines, on est capable de faire un énorme pas, mais le parcours ne sera pas terminé », reconnaît Simon Paquin.

Pourquoi Québec et non Montréal ? « Québec nous a ouvert les bras », répond-il. Plusieurs acteurs de l’industrie maritime, comme le Port de Québec, le Groupe Océan et le Groupe Deschênes, appuient financièrement le projet. La Ville de Québec est aussi un des partenaires. À Montréal, la sécurité en place au port rend la logistique plus compliquée, ajoute M. Paquin.

Même si ÉcoMaris est toujours à la recherche de partenaires pour compléter son montage financier, le démarrage du projet-pilote est confirmé pour cet hiver. Ses instigateurs espèrent qu’il sera reconduit hiver après hiver. « On veut faire partie du paysage pour de bon », dit Simon Paquin.

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