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Friday, October 23, 2026

Un jour, une carte : en Cisjordanie, la délicate question des colonies israéliennes

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​​​​​​Le patron des Nations unies, mais aussi des pays comme la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou encore les Pays-Bas parlent de niveaux de violence sans précédents. Même l’ambassadeur américain sur place a qualifié les actes des colons comme "des actes de terreur horrible".

La Cisjordanie est un territoire de près de 6000 km2 : 20% de la Belgique, l’équivalent de deux provinces belges. Pas loin de 3 millions d’habitants palestiniens y vivent. 650 à 750.000 colons israéliens y sont aussi dispersés dans les 230 implantations, dénommés "territoires occupés illégalement" en droit international.

"Cisjordanie" signifie "en deçà du Jourdain". "Au-delà", c’est "la Jordanie".

En arabe : "al dhifa a gharbia", la rive ouest du Jourdain ; ce qui rejoint la dénomination anglaise "West Bank", la rive occidentale.

Pour une partie des Israéliens, c’est la "Judée – Samarie". En hébreu "Yehuda vé Shomron". Seuls quelques états américains reconnaissent aussi cette appellation "Judée – Samarie" depuis 2025.

Des armes qui parlent depuis des décennies

Quand on se dispute déjà sur les noms à donner à un territoire, les armes et la violence ne sont jamais loin. Ici, elles parlent depuis des décennies.

Alors, qui gouverne la Cisjordanie ? Selon le droit international, ce devrait être l’autorité palestinienne. Cela parait évident.

Sauf que ce n’est pas le cas : à la suite des accords d’Oslo de 1993, dans une phase temporaire, il a été prévu trois zones. Facile à retenir : Zone A, B, C.

Les zones A et B sont censées n’inclure que des Palestiniens, des zones situées autour des centres de population palestiniennes. Ces deux zones représentent sur papier 40% du territoire de Cisjordanie, et devaient être prises en charge par l’autorité palestinienne.

La zone C représente 60% du territoire et est sous contrôle israélien.

Absorption

Avec accélération au fil des dernières années, le territoire est – non pas grignoté par les implantations-colonie -, il est en partie mangé et certains estiment absorbé. À suivre les propos du ministre des colonies, certains n’hésitent pas à parler d’"annexion progressive". Pour reprendre les propos de Bezalel Smotrich, leader d’extrême droite : "Nous sommes en train de changer l’infrastructure et l’ADN du système, lentement, professionnellement, en processus continu".

Son discours passe bien à droite de l’échiquier politique local : selon un dernier sondage, il prendrait la tête du clan de droite devant Netanyahu. Le même sondage qui donne au global gauche et droite au coude à coude.

Nombreuses protestations

Malgré les protestations de nombreux pays contre ces exactions de colons, rien n’y fait ou presque.

Il y a bien eu des arrestations des colons le plus violents, une dizaine a eu lieu récemment par l’armée israélienne.

La loi israélienne elle-même stipule qu’une partie de ces colonies sont illégales, jusqu’à ce que le gouvernement les déclare nouvelles "terres d’état". Plusieurs ONG ont calculé que cela signifiait le déplacement forcé de 120 communautés bédouines.

À quelques jours des élections en Israël, le gouvernement conservateur et d’extrême droite de Benjamin Netanyahou ne retient guère ces colons. Il a demandé la légalisation des avant-postes de colonies. Et dans une course aux slogans politiques, l’extrême droite promet la construction de 12.000 logements dans les colonies. Plus de 2 milliards d’euros pour occuper encore un peu plus ce territoire palestinien, reconnu par le droit international depuis 1967.

Contrôlés militairement par l’armée israélienne, avec une autorité palestinienne défaillante, pour ne pas dire vieillissant - le président Abbas approche des 90 ans -, les Palestiniens ne sont plus consultés par leur autorité depuis 20 ans. Et ils regarderont le scrutin de mardi prochain de leur voisin qualifié d’envahissant sans pouvoir faire entendre leur voix ni leur droit.

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