PunchKwara hospitals to abandon paper-based medical recordsESPN'We're not really here': As Man City sanctions loom, it's the fans who sufferThe Jerusalem PostKamala Harris's husband, Democrat donors privately oppose another presidential run - reportInquirerVico Sotto eyes more green spaces as Pasig opens third linear parkInquirer EntertainmentSB19, BINI lead 11th PPOP Music Awards nomineesBBC BusinessMoney BoxESPN DeportesMax Verstappen gana una accidentada carrera sprint en SingapurZDF heuteAktuelle Pressemitteilungen des ZDFSky TG24Salute, cosa succede all'organismo se si mangia a tarda notte? Lo studioCapital FMJune Ndinya, who worked with Farida Karoney on TV47 content, appointed acting CEO at Cape Median-tv"Ermittlungen" abgeschlossen: Russland will deutschen Journalisten in Abwesenheit anklagenDaily MailHurricane Isaias rips roofs off buildings, lifts cars and plunges 300,000 Florida homes into darkness
The Daily Newsstand · Free, Always
Saturday, October 10, 2026

Et si l’on devenait les champions mondiaux… de la ménopause ?

Translate

Voici une suggestion qui sort des sentiers battus : faire du Canada le chef de file international en matière de ménopause.

Publié à

C’est original, mais surtout clairvoyant lorsqu’on connaît les impacts néfastes du statu quo.

Nombre de femmes sont encore mal diagnostiquées, voire carrément laissées à elles-mêmes. Il y a le manque d’écoute, les journées pénibles au travail à cause des symptômes, les effets de tout ça sur la santé mentale et sur l’entourage, les centaines de dollars déboursés au privé pour comprendre ce qui se passe.

Il n’est tout simplement pas normal que ce passage obligé demeure aussi négligé par le système de santé public.

C’est dans ce contexte que la Fondation canadienne de la ménopause (FCM) a demandé le 1er octobre à Ottawa et à toutes les provinces d’agir pour rendre les soins plus équitables et accessibles. Son cri du cœur s’accompagne d’un mode d’emploi en sept stratégies concrètes⁠1.

Pour commencer, il faudrait accroître le financement de la recherche, qui demeure anémique. La périménopause et la ménopause accaparent 2 % des fonds destinés à la santé féminine, même si ces périodes occupent 48 % de la vie des femmes, calculent des scientifiques publiés par The Lancet. Les avancées pourraient transformer le Canada en référence pour les autres pays.

Parmi les témoignages recueillis par la FCM, il y a celui de Patricia qui dit avoir essayé toutes les options de traitement offertes, sans jamais trouver de soulagement. « On m’a dit que je fais partie des 5 % de femmes qui ne répondent pas à ce qui est actuellement disponible. Ma carrière a déraillé et j’ai l’impression d’avoir perdu une décennie de ma vie. Nous avons besoin de plus de recherche. »

Ensuite, il faut améliorer la formation médicale. Pas moins de 72 % des femmes qui ont discuté de ménopause avec leur médecin ont trouvé l’exercice peu ou pas utile, rapporte la Fondation.

L’organisation réclame ici l’évidence : intégrer l’éducation sur la ménopause dans toutes les spécialités, dont la cardiologie, l’endocrinologie, la psychiatrie, la neurologie, la rhumatologie et la gynécologie, « pour refléter le fait que cette transition affecte le corps entier ». Et élaborer un programme de formation normalisé pour tout le pays.

J’ai contacté trois universités québécoises qui enseignent la médecine. Les trois assurent que la ménopause est abondamment abordée pendant la formation. À l’Université de Sherbrooke, les étudiants participent même à « des mises en situation cliniques portant spécifiquement sur la communication avec une personne traversant la période pré-, péri-, per- et post-ménopause ». Les futurs médecins seront-ils mieux outillés ? Seul l’avenir nous le dira.

On devrait aussi revoir la rémunération des médecins. Les honoraires actuels reconnaissent mal les consultations plus longues et plus complexes qu’exige la ménopause, note la FCM. Résultat, dans un rendez-vous éclair, on risque de s’attaquer au symptôme le plus gênant sans se pencher sur le portrait global. L’Alberta a revu ses codes de facturation. D’autres provinces pourraient s’en inspirer.

J’aime surtout l’idée de la Fondation de financer des cliniques spécialisées en ménopause dans chaque province, comme on le fait déjà pour la douleur chronique ou la vasectomie. Cette approche existe en Australie.

Vous pensez peut-être que nos finances publiques sont trop serrées pour tout cela. Mais avons-nous davantage les moyens de ne rien faire ? Les symptômes non pris en charge coûtent 3,5 milliards de dollars par année à l’économie canadienne⁠2. Une femme sur trois affirme que son état de santé a eu des conséquences négatives sur son rendement au boulot.

De leur côté, les femmes subissent des pertes de revenus évaluées à 3,3 milliards parce qu’elles réduisent leurs heures de travail, choisissent un emploi moins exigeant ou décident de quitter le marché du travail. Au moment où le Canada cherche à améliorer sa productivité et son économie, permettre aux 10 millions de femmes de plus de 40 ans d’y contribuer pleinement peut faire partie de la solution.

On parle de ménopause, mais les problèmes de prise en charge de la santé féminine sont bien plus larges. Des femmes qui souffrent d’endométriose doivent se rendre à l’étranger pour se faire opérer, rapportait début octobre Le Journal de Montréal3. Un médecin français qui opère une dizaine de Canadiennes par année observe que « la gynécologie n’est tout simplement pas priorisée ». Quel constat déprimant !

Mince consolation, Santé Québec « reconnaît les défis importants auxquels sont confrontées les femmes atteintes d’endométriose ». Pour l’heure, 183 femmes sont en attente d’opération. Le délai moyen d’attente est d’environ huit mois.

À ces femmes s’ajoutent celles qui, comme Guylaine Guay, souffrent de lipœdème. Cette maladie est caractérisée par des accumulations de graisse douloureuses.

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE GUYLAINE GUAY

Guylaine Guay, qui souffre de lipœdème, s’est fait opérer en Allemagne, cette maladie étant peu ou pas traitée au Canada.

L’animatrice et autrice se trouve en Allemagne, où un chirurgien lui a retiré 14 litres « de gras malade », a-t-elle précisé sur Facebook⁠. Se rendre à l’étranger est pratiquement la seule façon de retrouver une vie normale. Et ce n’est pas donné. Une agricultrice a confié à La Presse en 2023 avoir déboursé 60 000 $ pour des opérations en Espagne, aucun spécialiste québécois ne pouvant l’aider⁠4 puisque la maladie n’est pas reconnue chez nous.

Ces lacunes montrent toute la pertinence du projet de loi S-243 de la sénatrice et femme d’affaires Danièle Henkel⁠5. Présentement à l’étude, son texte prévoit une série de mesures pour améliorer la santé des femmes en misant sur l’investissement dans la recherche, la formation des professionnels et la prévention.

Il est grand temps d’agir. La moitié de la population ne demande pas une faveur, simplement l’équité.

1. Lisez le Programme de la politique sur la ménopause pour le Canada 2. Consultez un document sur le coût de la ménopause pour l’économie canadienne 3. Lisez le texte du Journal de Montréal 4. Lisez l’article « Le lipœdème, un poids lourd à supporter » 5. Lisez l’article « Loi sur la santé des femmes : “On ne peut plus attendre”, dit la sénatrice Danièle Henkel »

View the original on La Presse →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.