Dans le débat sur l’indépendance de l’Alberta, Calgary opte pour l’unité nationale

À l’approche du référendum du 19 octobre, le conseil municipal de Calgary a estimé qu’il était temps qu’il fasse savoir de quel bord la Ville se situe : mardi, il a voté à une écrasante majorité en faveur d’une motion réaffirmant la place de la métropole albertaine en tant que partie intégrante de la province et du Canada.
C’est le maire, Jeromy Farkas, qui a présenté la motion, adoptée par 14 voix pour, et 1 voix contre.
M. Farkas a fait valoir que, compte tenu du risque économique auquel Calgary serait confrontée en cas de sécession de l’Alberta, l’administration municipale se devait de prendre position dans le débat sur la séparation de la province.
Nous avons tellement à perdre dans ce débat. Nous devons régler cette question. La place de Calgary est au cœur d’une équipe Canada forte et unie.

C'est le maire, Jeromy Farkas, qui a présenté mardi une motion visant à réaffirmer la place de Calgary au sein d'un Canada uni.
Photo : Radio-Canada / Amir Said/CBC
Le conseil municipal d’Edmonton a adopté une position similaire plus tôt cette année.
Jeromy Farkas a dit qu’il espérait que d’autres municipalités feraient de même.
Crainte de fuite des investisseurs
Ce vote intervient à quelques semaines du référendum, qui comprend une question demandant si l'Alberta doit rester au sein du Canada ou entamer la procédure juridique visant à organiser un nouveau référendum contraignant sur la sécession.
Le maire de Calgary dit qu’il craint qu’une éventuelle indépendance de la province n’entraîne une fuite massive de capitaux et d’investissements hors de Calgary.
Selon lui, l’Alberta n’est pas viable en tant que pays indépendant. Il a ajouté que la voie de la sécession conduirait probablement la province à être rattachée aux États-Unis.
Voter pour la sécession, c’est voter pour que l’Alberta devienne le 51e État américain. Je n’accepterai pas cet avenir pour les habitants de Calgary.
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Une voix discordante
Seul le conseiller municipal Mike Jamieson a voté contre la motion, estimant que la Ville ne devrait pas prendre position sur une question qui divise la population.
Mon rôle est de soutenir tous les Calgariens, quelles que soient leurs opinions. Je ne peux pas soutenir le fait que la Ville adopte une position officielle qui risque de diviser encore davantage nos communautés.

Mike Jamieson, conseiller municipal du quartier 12, à Calgary, est le seul à avoir voté contre la motion présentée par le maire de la Ville (Photo d'archives).
Photo : Radio-Canada / Brendan Coulter
M. Jamieson n’a pas souhaité préciser dans quel sens il voterait lors du référendum de cet automne sur la sécession de l’Alberta.
Le maire, Jeromy Farkas, a présenté la motion à la suite de la publication d’un rapport selon lequel le coût d’une éventuelle indépendance de l’Alberta pourrait se situer entre 50 et 170 milliards de dollars sur une période de cinq ans.
Les groupes indépendantistes, comme Alberta Prosperity Project, ont contesté le rapport, affirmant pour leur part qu’une Alberta indépendante bénéficierait d’une économie florissante, sans ingérence ni réglementation excessive de la part d’Ottawa.
Avec les informations d’Andrew Jeffrey et de Brendan Coulter
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