Les Québécois veulent des entreprises plus impliquées dans leur communauté
Une majorité de Québécois voudrait que les surplus des entreprises soient réinvestis auprès des employés et de la communauté plutôt que de finir dans les poches des actionnaires, révèle un sondage dévoilé lundi.
On apprend dans le coup de sonde commandé par le Chantier de l’économie sociale que près du tiers (32 %) des répondants souhaitent voir les entreprises réinvestir leurs « excédents financiers » pour améliorer les conditions de travail des employés, tandis que 28 % priorisent le réinvestissement « dans des projets qui répondent à un besoin de la communauté ».
Seuls 20 % des Québécois souhaiteraient voir les surplus utilisés pour stimuler la croissance de l’entreprise. À peine 7 % priorisent un versement des surplus aux propriétaires ou aux actionnaires.
« Je pense qu’il y a quelque chose de vraiment intéressant à redevenir partie prenante de la communauté, à s’intéresser à la cohésion sociale, aux services de proximité et aux conditions de travail et de vie dans la communauté », avance Béatrice Alain, directrice générale du Chantier. Tisser un lien avec la communauté, « c’est quelque chose que les entreprises d’économie sociale font naturellement, mais [Mme Alain] pense qu’il y a un besoin de ça en ce moment avec […] certaines délocalisations territoriales ».
Une des révélations du sondage la préoccupe particulièrement : à peine la moitié des femmes (51 %) et des jeunes de 18 à 34 ans (50 %) pensent que les retombées de l’activité économique au Québec profitent à l’ensemble de la population. Pourtant, « l’économie, ce n’est pas une affaire d’experts ou de quelques entrepreneurs, c’est l’affaire de tous ».
Participer aux décisions
La participation aux décisions des entreprises a aussi la cote chez les répondants. Ils sont 57 % à penser que « les usagers, les membres ou les employés devraient aussi participer à certaines décisions des entreprises selon le principe d’un membre, un vote ». Environ le quart (26 %) préfère s’en remettre aux propriétaires, aux actionnaires et aux investisseurs.
Dans le même ordre d’idée, lorsqu’une entreprise doit être vendue, 46 % des Québécois préféreraient qu’elle soit rachetée collectivement par les employés ou des membres de la communauté, plutôt que par une autre entreprise ou par des investisseurs privés (17 %). Environ le quart des répondants (23 %) n’avait pas de préférence.
Le sondage Web, dont le dévoilement coïncide avec le début du mois de l’économie sociale, a été réalisé par la firme Léger auprès de 1040 adultes québécois, du 9 au 11 octobre. Un échantillon probabiliste de même taille aurait une marge d’erreur de plus ou moins 3 %, 19 fois sur 20.
Ce reportage a été financé grâce au soutien de la Caisse d’économie solidaire de Desjardins, et a été rédigé en toute indépendance éditoriale.
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