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Wednesday, November 4, 2026

Child Focus : la voix des mineurs en danger

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Pour le plus grand nombre, évoquer Child Focus revient à parler de ces "avis de recherche " qui défilent dans nos gares ou s’affichent dans nos commerces. À l’image de celui diffusé cet été pour tenter de retrouver Tyméo, un petit garçon de 5 ans disparu en juin dernier avec son père. Et effectivement, les disparitions d’enfants restent un des deux piliers d’action de Child Focus, à côté de l’exploitation sexuelle et cela depuis presque trois décennies.

Mais ces publications ne sont que la partie la plus visible des actions menées par ces équipes de professionnels car, derrière les mêmes mots, se cachent des réalités diverses.

Pour le comprendre, il faut s’immiscer dans le briefing quotidien de ses équipes. On y découvre l’ampleur et la diversité des appels à l’aide et des actions qui en découlent : la disparition d’un mineur non accompagné, un chantage financier sous la menace de publication non consentie de photos intimes, le soutien au domicile de parents qui sont sans nouvelles de leur enfant, des jeunes en fugue parfois de manière répétitive avec dans certains cas, la suspicion d’une exploitation sexuelle dans des réseaux de prostitution…

Des échanges glaçants, des situations inquiétantes qui ne sont pourtant que la pointe de l’iceberg : combien de mineurs en danger n’arrivent pas jusqu’à l’appel à l’aide ?

 Derrière ces voix d’enfants ou de parents affolés, il y a aujourd’hui une organisation parfaitement rôdée de professionnels qui assurent un suivi des victimes ainsi qu’un encadrement des proches et qui, dans les dossiers les plus inquiétants, travaillent en étroite collaboration avec les services de police, les parquets et toutes les institutions qui gravitent autour de l’aide à la jeunesse. “Nous n’enquêtons pas, précise Nel Broothaerts, la directrice de Child Focus. Nous travaillons dans le cadre d’un protocole d’accord très précis avec les services de police, et nous sommes là, disponibles en permanence, pour aider le jeune et sa famille si la situation le nécessite” 

On l’a compris : si Child Focus veut tenir sa promesse faite au lendemain de la Marche Blanche de ne plus laisser de victime seule, elle doit aujourd’hui s’adapter à un monde où les menaces évoluent.

Discrètement, derrière une porte sécurisée, deux analystes  visionnent, six heures par semaine,  des images signalées comme illégales. Tous les deux sont formés à la détection et au signalement de ces images d’abus sexuels potentiels sur les mineurs.

En Belgique, ce sont les seuls citoyens mandatés pour effectuer ce délicat travail. Un rôle de lanceur d’alerte vers les services de police qui font d’eux un précieux maillon dans la lutte contre ce fléau.

Leur formation leur permet d’avoir un accès prioritaire vers certaines plateformes afin de demander la suppression d’images extorquées à des mineurs mais aussi de détecter l’origine de ces clichés et d’avertir les autorités compétentes afin de les supprimer ou d’identifier l’auteur ou la victime.

" On a parfois l’impression de colmater les brèches sans réussir à rien empêcher", explique l’un d’eux face à l’ampleur du phénomène. Là encore, les chiffres sont affolants : quelques 750 000 images d'abus sexuels sur des mineurs ont été traitées l’année dernière.

Une expertise qui doit sans cesse s’adapter pour répondre à une réalité qui reste alarmante : l'année dernière plus de 20 800 appels ont résonné sur la ligne d'urgence. Derrière chacun d'eux, un enfant, une famille, et quelqu’un au bout du fil pour l'écouter.

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