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Wednesday, September 23, 2026

Tenues intégrales, ongles XXL : quand la mode s’invite sur la piste d’athlétisme

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Vendredi dernier, à Londres, la championne olympique Keely Hodgkinson a remporté le 800 mètres d’Athlos en 1'56''40. Mais avant même de regarder le chrono, les spectateurs ont surtout découvert sa nouvelle tenue. Une combinaison noire intégrale, longue jusqu’aux pieds, couvrant également sa tête, avec une ouverture dans le dos et une autre spécialement prévue pour laisser passer sa célèbre queue-de-cheval. Une silhouette qui n’avait rien à envier à Catwoman.

La championne olympique avait travaillé pendant un an avec Nike pour mettre au point cette combinaison sur mesure. L’objectif était d’associer vitesse, confort et aérodynamisme, sans abandonner le style. La Britannique voulait se sentir confortable mais aussi "un peu sexy" dans un événement mettant les femmes à l’honneur, expliquait-elle après sa course. Sur ses réseaux sociaux, elle a elle-même résumé l’idée par "vitesse et style".

Et si cette tenue semble futuriste, elle ne sort pas totalement de nulle part.

Cathy Freeman avait déjà ouvert la voie

L’Australienne Cathy Freeman en route vers sa médaille d’or lors de la finale du 400 m féminin aux Jeux Olympiques de Sydney 2000. Freeman s’impose en 49,11. © Belgaimage

Vingt-six ans plus tôt, aux Jeux de Sydney de 2000, Cathy Freeman avait déjà marqué l’histoire de l’athlétisme avec une combinaison intégrale. L’Australienne s’était présentée sur la piste dans une tenue verte et dorée couvrant tout son corps, cheveux compris. Elle remportera quelques minutes plus tard le titre olympique du 400 mètres.

À l’époque déjà, la combinaison ne servait pas uniquement à attirer les regards. Le projet Nike "Swift" avait été pensé pour travailler l’aérodynamisme et la régulation de la température musculaire.

Keely Hodgkinson reprend donc, plus d’un quart de siècle plus tard, une idée qui avait déjà fait sensation. Avec la différence qu’aujourd’hui, la mode est davantage imbriquée.

Quand la piste devient un terrain d’expression

Sha’Carri Richardson exulte après avoir remporté le 200 m féminin lors du Grand Prix de New York, au stade Icahn, le 12 juin 2022 à New York. © Mike Stobe/Getty Images

Sha’Carri Richardson est une des figures emblématiques de cette rencontre entre mode et athlétisme. Tenues flamboyantes, des nail-arts sur mesure, des wigs XXL… l’Américaine a fait de son apparence une véritable signature. "Mon couloir est mon podium", dit-elle. Pour Sha’Carri, sa ligne de course devient aussi son défilé.

Les ongles "fashion", notamment, sont devenus un véritable accessoire de piste. C’est le cas d’Amy Hunt, pour qui ce n’est pas simplement une question d’esthétique. La sprinteuse assume pleinement le mélange entre glamour et performance. Dans une interview à la BBC, la Britannique s’est elle-même décrite comme une "déesse de la piste" et elle explique que le fait de se sentir bien dans son apparence participe à sa confiance avant une course.

Des ongles XXL de Sha’Carri aux looks glamours de nombreuses athlètes, la mode devient ainsi une façon de ne pas dissocier la femme de l’athlète.

La Britannique Amy Hunt, dans le cadre des Championnats d’Europe d’athlétisme, au stade Alexander de Birmingham, le 12 août 2026. © – Belgaimage

Mais jusqu’où peut-on aller pour le style ?

Perruques, bijoux, ongles, vêtements flottants… Ont déjà fait l’objet de discussions sur leur impact aérodynamique. Dans un sport où une course peut se jouer à quelques millièmes, chaque élément supplémentaire peut théoriquement avoir son importance.

Pour autant, l’idée selon laquelle "moins de vêtements = plus de vitesse" est loin d’être aussi simple. Les recherches et les innovations textiles montrent justement que le vêtement peut devenir un véritable outil de performance. Matières, coupes, textures et ajustements sont désormais pensés pour réduire la résistance de l’air, améliorer la thermorégulation ou accompagner au mieux les mouvements de l’athlète. Nike applique aujourd’hui certaines de ces logiques avec la combinaison de Keely Hodgkinson, conçue comme une seconde peau et dotée de petits dispositifs aérodynamiques imprimés en 3D.

Le véritable enjeu n’est donc peut-être plus de choisir entre être belle ou être rapide, mais de trouver le point où les deux se rencontrent.

Flo-Jo, le style avant l’heure

La star américaine du sprint Florence Griffith-Joyner après la demi-finale du 100 m au stade olympique de Séoul, le 24 septembre 1988. La sprinteuse américaine, détentrice des records du monde féminins du 100 et du 200 mètres. © BELGA/AFP – -

Cette volonté de se distinguer n’est d’ailleurs pas nouvelle. Florence Griffith-Joyner, dite Flo-Jo, avait déjà fait de ses tenues, de ses cheveux et de ses ongles une partie intégrante de son image dans les années 1980. Ses ongles particulièrement longs et ses combinaisons asymétriques avaient contribué à construire une silhouette immédiatement reconnaissable.

La différence aujourd’hui est que les athlètes disposent de beaucoup plus de moyens pour transformer cette identité en véritable marque personnelle : réseaux sociaux, campagnes publicitaires, collaborations avec les équipementiers et événements comme Athlos, qui cherchent précisément à associer compétition et spectacle.

Sur la piste, chaque centième compte. Mais l’image, elle aussi, semble désormais faire partie de la course.

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