Les Mondiaux de cyclisme, le pari d’une manne touristique
Les attentes sont grandes à quelques jours de la tenue des Championnats du monde de cyclisme sur route UCI à Montréal. Plus de 1000 athlètes, des centaines de journalistes et 500 000 spectateurs sont attendus, pour des retombées économiques évaluées à quelque 155 millions de dollars. Hôteliers et commerçants se préparent, espérant que cette manne annoncée se concrétisera.
« La promesse de rayonnement pour la métropole est intéressante. Après, il faut que les gens puissent circuler et se rendre dans nos commerces. C’est un beau défi », explique Fannie Pratte, directrice générale adjointe de la Société de développement commercial (SDC) du Vieux-Montréal.
Du 20 au 27 septembre, les yeux du monde seront rivés sur la métropole, qui accueillera son plus grand événement sportif depuis les Jeux olympiques de 1976.
Depuis des semaines, les commerces s’organisent dans un contexte où plusieurs rues seront complètement ou en partie fermées à la circulation. Malgré le casse-tête logistique, l’heure n’est pas aux critiques. « Il y a des membres en faveur de [l’événement], d’autres contre. Personne ne connaît l’ampleur réelle que ça va être, et on va devoir attendre de le vivre pour le savoir », ajoute Mme Pratte. Elle se dit confiante mais prudente, rappelant que les retombées économiques promises en lien avec la récente Coupe du monde de la FIFA avaient été surestimées.
Dans le Village, les perturbations routières sont elles aussi « vécues différemment d’un commerce à l’autre ». La SDC du Village voit néanmoins les championnats du monde comme « une occasion intéressante de soutenir l’activité commerciale et de prolonger la saison touristique ».
Même son de cloche du côté de l’avenue du Mont-Royal. « On est plutôt optimistes, on le voit avant tout comme une belle opportunité. On a hâte de voir les retombées », affirme Claude Rainville, codirecteur général de la SDC locale.
Des hôtels affichent complet
Dans le secteur hôtelier, les effets se font déjà sentir. Au Delta Montréal, l’hôtel accueille à la fois des athlètes et des amateurs de vélo ; il affiche complet jusqu’au 28 septembre. « L’an dernier, à pareille date, on était peut-être autour de 80 % de taux d’occupation, alors que, là, on va afficher complet. C’est très positif d’accueillir un tel événement pour nous et pour Montréal en général », soutient son directeur général, Jacques Lapierre.
L’Association hôtelière du Grand Montréal confirme la tendance. Plusieurs établissements affichent complet depuis des semaines. « Au centre-ville, on prévoit un taux d’occupation moyen de 90 % pendant la semaine des championnats ; ça grimpe même à 95 % pour le dernier week-end de courses », indique sa présidente-directrice générale, Dominique Villeneuve, précisant qu’à cette période de l’année, le taux d’occupation tourne habituellement autour de 80 %.
Et la hausse de fréquentation ne se limite pas au centre-ville : des hôtels ailleurs sur l’île et sur la Rive-Sud, où se dérouleront certaines courses, enregistrent également davantage de réservations.
Montréal, la destination touristique de demain ?
Pour Tourisme Montréal, l’enjeu dépasse les dépenses réalisées pendant les Championnats du monde de cyclisme sur route. Les courses seront suivies par quelque 250 millions de téléspectateurs partout dans le monde, lesquels découvriront au passage le fleuve Saint-Laurent, le mont Royal et les quartiers emblématiques de la métropole.
« En tourisme, on dit souvent que l’image doit précéder le voyage. Les championnats représentent une vitrine internationale exceptionnelle. Ça va piquer la curiosité des téléspectateurs et potentiellement donner envie à certains de visiter Montréal dans les prochaines années », souligne Aurélie de Blois, porte-parole de l’organisme.
Marc-Antoine Vachon, titulaire de la Chaire de tourisme Transat de l’UQAM, croit lui aussi que l’événement pourrait attirer de nouveaux visiteurs, notamment des cyclistes amateurs. « Auparavant, le touriste magasinait en fonction d’une destination. Aujourd’hui, il cherche plus des expériences — sportives, par exemple. […] Et si les meilleurs professionnels du cyclisme au monde sont venus sur nos routes, ça laisse présager qu’on a des routes intéressantes où faire du vélo. »
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