Que devient Sandrine Quétier, neuf ans après avoir quitté TF1 ? « Jamais je ne me suis dit que je reviendrai à la télé ! »

Vous venez en Belgique avec la pièce « A qui la faute ? ». De quoi parle-t-elle ?
Ce sont deux couples qui parlent du harcèlement qu’exerce le fils de l’un sur la fille de l’autre. C’est un point de départ. Les personnalités vont se révéler, les tensions familiales, les drames de chacun. C’est une comédie féroce. Didier Caron, son auteur, a un talent incroyable pour aborder des sujets graves avec beaucoup d’humour. A qui le harcèlement ne parle pas, aujourd’hui ? Même sans avoir été concernée, je vois des faits divers révélés chaque jour.
Quelle maman avez-vous été ?
Une maman poule ! Attendez, ma fille, Lola, est à côté de moi, je lui demande ! Quand je dis « maman poule », elle lève les yeux au ciel ! (A Lola) Quelle maman je suis, Lola ?
Lola : Maman poule, oui. Quand on était petits (avec Gaston, son frère), elle retirait les pépins de chaque raisin pour nous. C’est une maman à l’écoute, avec qui on peut parler de tout, mais aussi un caporal ! C’est respecter les horaires, mettre un cadre…
Vous entendez ça ? Mettre un cadre, c’est être un caporal ! (Rires.)
Votre personnage dit à un moment : « Tu considères qu’il y a des programmes intéressants à la télé ? » d’un air ironique…
C’était génial, cette phrase ! On l’a coupée, pour raccourcir, mais j’adorais le pied de nez. Il y a encore des programmes intéressants. Je ne brûle pas la télé en disant que c’est épouvantable. En revanche, il n’y en a pas dont je me dis : « J’aimerais bien l’animer. » Ça a été une parenthèse de ma vie, une grande parenthèse, très agréable.
Que regardez-vous, aujourd’hui ?
Beaucoup de docs, mais mon plaisir coupable, c’est « L’amour est dans le pré ». J’adore cette émission. De temps en temps, on se prend un dimanche avec Lola, quand il fait moche, et on se fait plusieurs épisodes à la suite.
En plus du théâtre et de la musique, vous donnez des conférences sur votre expérience.
Oui. Je ne donne pas de tuyaux, je ne suis pas coach de vie. Je n’apprends à personne qu’on n’est pas la même à 20 ans qu’à 40, et que ce n’est pas dramatique d’avoir envie de changer. Au contraire, c’est super, si on en a les moyens, de se mettre en pause pour suivre son propre cheminement. J’ai conscience que j’ai eu la chance de pouvoir mettre de l’argent de côté. J’ai pu me dire : « Si ça ne marche pas, je ferai autre chose. » Mais je ne me suis jamais dit : « Je reviendrai à la télé ! »
C’est un chapitre vraiment clos ?
Oui. Dans la vie, j’ai besoin d’avancer, de me confronter à d’autres choses. J’étais dans un milieu que je connaissais par cœur. Il n’y avait plus cet attrait de la nouveauté ni de mise en danger. Quand c’est trop sécurisé, je m’ennuie…
Vous dites que vous ne vous sentiez pas légitime, qu’il y avait ce syndrome de l’imposteur…
Comme beaucoup de femmes, hein ? On ne fait pas d’études de télé, c’était un cadeau. Pendant longtemps, je me suis dit : « Quand est-ce qu’ils vont voir que je suis nulle ? »
Pourquoi spécialement les femmes ?
Je ne sais pas. Peut-être que les hommes l’expriment moins. Mais franchement, c’est compliqué. On vous balance : « De toute façon, tout ce que tu as à faire, c’est lire un texte. » « Sois belle et tais-toi ! » Pour la confiance en soi, c’est pas génial.
Vous avez toujours chanté. Mais le théâtre était aussi une vocation ?
J’y avais goûté petite et j’avais trouvé ça extraordinaire. Mais la démarche est différente. Il faut être là tous les soirs. Impossible à concilier avec une émission télé récurrente. Mais j’en avais très envie. Venant d’un milieu où artiste, c’était un peu un gros mot, ça a été compliqué à assumer. Il m’a fallu du temps pour y arriver !
« À qui la faute ? »
Un mot vient à l’esprit quand on interviewe Sandrine Quétier : épanouissement. L’ex-présentatrice vedette de « Danse avec les stars », qui chantait déjà à 17 ans, s’éclate en concert – elle nous révèle préparer un nouvel album de cinq titres pour début 2027 – et au théâtre, où elle donnera la réplique notamment à Christian Vadim dans « A qui la faute », au Centre culturel d’Auderghem, du 6 au 10 octobre, à 20 h 30, et le 11, à 15 h. Infos et réservations : www.ccauderghem.be.

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