"C’est de plus en plus compliqué d’être parent aujourd’hui" : la directrice générale de la Ligue des familles dit "pas touche" aux allocations familiales

460 euros d’allocations familiales, c’est ce que les Wallons reçoivent en plus, en moyenne, par rapport aux parents flamands, soit un montant 16% plus élevé. Pour les patrons du sud du pays (AKT for Wallonia), toutes les économies possibles doivent être envisagées pour trouver les 900 millions d’euros, même sur ce poste-là via un saut d’index.
Non, pour nous c’est vraiment une ligne rouge.
Quand on sait que la part des allocations familiales représente 15% du budget régional et se monte à trois milliards, peut-on vraiment envisager de ne pas y toucher ? La Ligue des familles s’est penchée sur la proposition de non-indexation des allocations familiales qui se trouve sur la table du gouvernement wallon : une famille wallonne avec deux enfants de 7 et 10 ans devrait débourser 112 euros en plus pour payer les mêmes frais qu’aujourd’hui, ressort-il de son analyse. Alors Madeleine Guyot, la directrice générale de la Ligue des familles répond clairement "Non, pour nous c’est vraiment la ligne rouge". Elle précise toutefois que ce n’est pas la première tentative : les allocations familiales ont déjà fait les frais d’un "report de deux mois de l’indexation" en 2025.
Si on regarde en Flandre, on va se retrouver avec des soutiens publics plus favorables.
Selon elle, la comparaison avec la Flandre avancée par le patronat wallon ne tient pas : "Quand on regarde les parents flamands ou les parents francophones, ils ont certainement les mêmes besoins. Par contre, les services d’aide publique qui leur sont destinés ne sont pas les mêmes. Si on regarde en Flandre, on va se retrouver avec des soutiens publics plus favorables par rapport aux matériels numériques à l’école, par rapport à d’autres coûts de scolarité, par rapport aux crèches privées, où il y a des compensations financières, donc toute une série de frais où l’État va en fait venir compenser pour aider les parents flamands, ce qui n’est pas le cas du côté francophone".
Quant à l’universalité des allocations familiales (à savoir leur accès pour tous les parents quels que soient leurs revenus), Madeleine Guyot estime que le débat n’est pas là si l’on veut faire des économies : "Si on regarde les 20% les plus riches de la région wallonne, en fait on est avec un revenu net qui avoisine les 2900 euros nets par mois. Ce qui n’est pas, en fait, des salaires très élevés".
Restreindre, comme en Flandre, la prime de naissance au premier enfant n’est pas non plus entendable, dit la Ligue parce que "c’est vraiment méconnaître la réalité des familles", la réalité des frais alimentaires ou scolaires.
Madeleine Guyot souligne que la réforme fiscale du gouvernement Arizona ne favorise pas complètement la parentalité : "Les ménages avec deux enfants et plus sont moins avantagés que les ménages sans enfants" explique-t-elle après analyse chiffrée.
Je ne ferai aucun compromis.
Elle ne peut que constater la difficulté aujourd’hui d’être parents : "Avec toutes les réformes qui sont passées, c’est de plus en plus compliqué d’être parents aujourd’hui. Ils sont confrontés à des frais permanents. Il y a eu plusieurs réformes au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui mettent les parents vraiment en difficulté financière, les classes moyennes comme les classes défavorisées. Donc c’est sûr que ce n’est pas le bon moment pour être parents. Ce n’est pas évident".
La directrice de la Ligue des familles épingle les familles monoparentales (même si, elle le concède, la région wallonne accorde un supplément mensuel) et les familles nombreuses : "On sait que les familles nombreuses sont en difficulté financière, en difficulté de logement. Majoritairement, elles disent toutes que les allocations familiales sont essentielles pour elles. Et on sait qu’il y a 48% des familles que nous avons interviewées qui indiquent que leurs revenus sont insuffisants".
En conclusion, la directrice de la Ligue des familles déclare sans détour : "Je ne ferai aucun compromis". "Il y a toute une série d’imprévus dans la vie, et les allocations familiales sont là pour stabiliser la trajectoire des parents".
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