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Wednesday, November 4, 2026

Élections de mi-mandat | Merci encore pour l’électrochoc, M. Trump

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Même si Donald Trump sort extrêmement affaibli des élections de mi-mandat, le Canada ne doit jamais oublier l’électrochoc que le président américain lui a fait subir.

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Depuis sa réélection il y a deux ans, Donald Trump a rappelé au Canada, de la façon la plus brutale qui soit, à quel point il se trouvait dans une relation de dépendance face aux États-Unis.

Durant des décennies, le Canada a été complaisant, naïf.

Il a sous-investi dans sa défense, se fiant sur les Américains pour assurer la sécurité de son territoire, y compris dans l’Arctique qui suscite la convoitise de la Russie et de la Chine avec la fonte des glaces.

Il a misé sur la faiblesse de sa devise pour exporter au sud de la frontière, en négligeant d’investir dans sa productivité. Il n’a pas fait assez d’efforts pour diversifier ses partenaires commerciaux, envoyant les trois quarts de ses produits aux États-Unis.

Le réveil a été brutal, mais salutaire.

Aujourd’hui, le Canada ne peut pas se rendormir, même si le résultat des élections de mi-mandat est rassurant.

Donald Trump avait tout fait pour affaiblir les contre-pouvoirs et gruger l’indépendance des grandes institutions américaines, comme le département de la Justice ou la Réserve fédérale. Ce sont les Américains eux-mêmes qui l’ont remis à sa place, prouvant que la démocratie n’est pas morte.

Ni les milliards injectés par les oligarques à la solde de Trump ni les attaques outrancières contre les candidats démocrates – le nouveau sénateur élu du Michigan Abdul El-Sayed qualifié de djihadiste – n’ont empêché les électeurs de sanctionner le président.

La politique de la haine et de l’insulte a montré ses limites. Cela permet d’espérer un assainissement du ton à l’endroit du Canada que Donald Trump a méprisé sans relâche, en le traitant de 51e État.

Mais le Canada n’est pas sorti du bois pour autant.

Le tsunami bleu a redonné aux démocrates les deux chambres du Congrès, celle des représentants et le Sénat. Mais Trump restera normalement président pour deux ans, car les démocrates n’ont pas les deux tiers du Sénat qui permettraient de le destituer.

Même s’il devient un proverbial « canard boiteux », Donald Trump pourra continuer de gouverner par décret. Et il pourra stopper les projets de loi du Congrès, en imposant son veto présidentiel.

Toutefois, sa marge de manœuvre sera réduite, car le Congrès tient les cordons de la bourse. C’est lui qui contrôle le pouvoir de dépenser, ce qui lui permettra de mettre de la pression politique sur le président qui perdra aussi de l’influence au sein même du camp républicain.

Donald Trump a beau vivre dans le déni, en refusant d’admettre que cette défaite est d’abord et avant tout la sienne, il est clair que l’impopularité historique de Trump a marqué le scrutin.

Les électeurs ont recalé les candidats imposés par Trump, y compris dans des fiefs républicains comme le Texas. Et les États qui ont particulièrement souffert de la guerre tarifaire ont largué les républicains, notamment dans le Maine.

S’il fallait une preuve que le boycottage des produits américains, comme l’alcool, et les contre-mesures canadiennes ont bien joué leur rôle, la voilà !

Mais le Canada ne doit pas se réjouir trop vite. Si le mouvement MAGA est amoché, « L’Amérique d’abord » n’est pas morte. Le protectionnisme américain n’est pas l’exclusivité du Parti républicain.

Quand l’ancien président Joe Biden a pris le relais de Donald Trump, après son premier mandat, il a maintenu la plupart des droits de douane et même renforcé certains politiques protectionnistes.

D’ailleurs, le gouverneur de la Californie, Gavin Newsom, pressenti comme candidat démocrate à la présidence, a refusé de garantir qu’il éliminerait les droits à l’encontre du Canada, si les démocrates reprenaient les clés de la Maison-Blanche dans deux ans.

Le hic, c’est que la politique tarifaire apporte des revenus substantiels au gouvernement américain qui accuse un déficit et une dette monstres. Se priver de cette manne ne serait pas si simple.

Personne ne sait comment Trump réagira. Sera-t-il plus conciliant ? Sera-t-il plus dangereux maintenant qu’il n’a rien à perdre ?

Le Canada doit rester sur ses gardes, tout en mettant les efforts pour faire aboutir les négociations qui ont repris avec les États-Unis. Le rapport de force n’est plus le même. Les Américains ont parlé : ils désapprouvent clairement la guerre tarifaire envers le Canada.

Il est dans l’intérêt des deux pays de travailler ensemble. Nous sommes étroitement liés tant sur le plan de la défense et de l’économie que sur celui de l’énergie. Déconstruire nos chaînes d’approvisionnement est illogique et coûteux.

Mais le Canada ne doit pas s’attendre à un retour en arrière. Le monde a changé. Il est plus instable, plus multipolaire, alors que d’autres blocs comme la Chine et les pays émergents contestent l’hégémonie américaine.

Le Canada ne peut pas rêver de retomber dans ses vieilles pantoufles.

On ne veut pas que notre niveau de vie continue de s’étioler par rapport au reste du monde. On ne veut pas que notre sécurité soit à risque parce qu’on ne contrôle pas les leviers militaires, technologiques, économiques essentiels pour assurer notre souveraineté.

Là-dessus, on peut dire merci à Donald Trump de nous avoir ouvert les yeux.

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