Qui sont ces autres plus petits partis ?
Chaque semaine, pendant la campagne électorale, l’équipe du Devoir répond à une question posée par des lecteurs. Ce samedi, Pierre Gauthier se demande qui sont ces partis plus petits.
Au-delà des cinq principaux partis qui parcourent la province en aspirant à former le prochain gouvernement, le Québec compte 15 autres partis politiques officiellement autorisés qui se retrouveront sur certains des bulletins de vote le 5 octobre prochain. Au total, ils comptent pour 273 des 908 candidatures approuvées.
Pour ce qui est du Parti canadien du Québec, dont l’acronyme est « PCaQ » pour éviter les ressemblances avec le Parti conservateur du Québec d’Éric Duhaime, il compte 29 candidats et prône une plateforme surtout fédéraliste. Ils n’ont pas répondu aux questions du Devoir.
Au fil des entrevues avec huit autres chefs de ces petits partis, qui présentent entre 52 et deux candidatures, un constat s’est imposé : l’écrasante majorité ne s’attend pas à voir un député élu sous leur bannière lors de cette élection.
Exception notoire pour Martine Ouellet, cheffe de Climat Québec — Équipe Martine Ouellet, qui reconnaît faire face à une pente, mais croit pouvoir « faire élire un, deux, trois députés ». « Avec le contact qu’on a avec les citoyens, avec les réseaux qu’on a faits, on espère vraiment », soutient celle qui fut ministre dans le gouvernement de Pauline Marois.
Le chef du Parti culinaire du Québec, Jean-Louis Thémis, dit pour sa part avoir « confiance » en les chances d’un candidat, François Pellerin, en raison de sa popularité dans sa circonscription de Chambly.
Alors, qu’est-ce qui les motive à se lancer en politique active, mettre « leur nom sur une pancarte » pour certains, tandis que leur chance de faire leur entrée à l’Assemblée nationale est pratiquement nulle ? La réponse est unanime : ils ont des idées et des convictions qu’ils désirent porter et leur véhicule de choix est un parti politique.
Le parti, un véhicule
« Vu que je veux semer les idées, j’avais besoin d’un acronyme, d’un nom qui parle de l’idée », résume Shawn Lalande McLean, chef du Parti accès propriété et équité — Équipe Québec debout.
« Nous, on a une plus grande pertinence de parler de nos idées quand on dit qu’on est allé faire des élections là-dessus », renchérit Jean-Patrick Berthiaume, chef du Bloc Pot. « Et effectivement, on a eu une loi [sur la légalisation de la consommation du cannabis, passé au fédéral], alors qu’on n’a jamais eu un seul député. »
Plusieurs, comme le chef de l’Équipe autonomiste, Louis Chandonnet, ont fait leurs débuts dans des partis représentés à l’Assemblée nationale, mais se disent aujourd’hui incapables d’y faire valoir leurs idées. « J’ai été militant à la Coalition avenir Québec et dans l’Action démocratique du Québec et disons que le discours dans un grand parti, il est établi et contrôlé », affirme M. Chandonnet.
Sur le terrain, les chefs confirment toutefois que leurs idées — comme la création d’une « gastronocratie » pour le Parti culinaire ou une plus grande priorité à l’environnement pour Climat Québec — trouvent écho chez les citoyens, même si cela ne se transforme pas directement en votes. « Les gens ont tellement à dire sur leurs préoccupations et puis ils disent “bravo” si on a des opinions différentes, “bravo” si on a du changement, “bonne chance” », relate Christine Dandenault, cheffe du Parti marxiste-léniniste du Québec.
Cette dernière prône une refonte du mode de scrutin et de la Loi électorale, une proposition qui se retrouve dans plusieurs plateformes des partis plus petits. La majorité des chefs souhaitent aussi que les médias leur offrent une place plus importante, pas uniquement aux partis à 127 candidats.
Le coût d’exister
Encore faut-il pouvoir se présenter. La première étape consiste à recueillir 100 signatures de personnes résidant dans la circonscription visée, comme la Loi électorale l’exige.
Cela représente un défi pour certains, comme Shawn Lalande McLean qui dit devoir frapper à « entre 8000 et 10 000 portes » pour obtenir ses six candidats. À l’autre extrême, un habitué comme Jean-Patrick Berthiaume peut compléter le processus en « quatre sorties de deux heures ».
Une récente modification à la Loi électorale oblige les partis à présenter au moins deux candidatures, sans quoi ils ne sont plus reconnus. Cela a eu raison du Parti populaire du Québec, qui n’a pas su trouver un deuxième candidat à temps.
Le Parti accès propriété et équité — Équipe Québec debout est aussi passé proche de l’extinction, mais un article de Radio-Canada où M. Lalande McLean expliquait sa situation « a tout débloqué », lui permettant d’aller chercher six candidatures.
Charles Olivier, chef du Parti libertarien du Québec, se désole de cette disposition qui l’a forcé à diviser ses efforts sur deux comtés, plutôt qu’un seul comme en 2022. « [Élections Québec] me force à juste me battre pour la survie du parti, point. Ils nous empêchent donc de se développer, de faire de la vraie politique. »
La nouvelle règle n’a pas empêché un nouveau parti de naître : Osons Québec a été approuvé pas plus tard qu’en début septembre et compte deux candidats. Leur objectif n’est pas de se faire élire, mais bien de se faire connaître pour présenter 127 candidats à la prochaine élection. « On aura des candidats partout, je vous le garantis », lance le porte-parole, Martin Charron, qui ne qualifie pas son parti d’« en retard », mais plutôt d’« en avance » sur le prochain scrutin.
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